DzActiviste.info Publié le sam 1 Juin 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-06-01 18:54:00

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QUE SIGNIFIE «GENTLEMAN AGREEMENT» POUR LES GOUVERNEMENTS AMÉRICAIN ET ISRAÉLIEN?

 
En 2010, à l’invitation du président américain Barak Obama, Dimitri Medvedev, alors président de la Fédération de Russie, a effectué du 22 au 24 Juin, une visite officielle aux États-Unis, que la Maison Blanche considérait comme un point de départ pour de nouvelles relations avec la Russie. A cette occasion, M. Medvedev a visité le siège des géants Twitter, Apple Inc et Cisco Systems, dans le complexe de Silicon Valley, près de San Jose, en Californie, leader mondial de la haute technologie. Les dirigeants américains prétendirent qu’ils étaient intéressés pour investir, avec 14 entreprises multinationales dans le futur centre russe de recherche et développement pour les nouvelles technologies de Skolkovo (le Silicon Valley russe) qui est en cours de construction près de Moscou. Leur intérêt se portait principalement sur les secteurs de l’énergie, les technologies de l’information, la communication, la recherche biomédicale et les technologies nucléaires. Le président Obama transmit cette offre à Medvedev, ainsi que celle de la société d’état israélienne Aerospace Industries (IAI), à savoir, vendre à la Russie les plus récents types d’avions sans pilote (drones) israéliens, célèbres pour la miniaturisation des composants basés sur les solutions high-tech. Les israéliens mirent en avant que l’absence d’avions sans pilote dernière génération avaient créé des obstacles à l’armée russe pendant guerre avec la Géorgie en 2008.

En échange de ces facilités, Obama n’avait demandé à Medvedev qu’une seule chose : annuler les contrats de livraison de matériel militaire à L’Iran et à la Syrie signés en 2005-2007 et confirmés en 2010, et de ne livrer à la Syrie que 6 systèmes de défense aérienne de courte portée Pantsir- S1E et Buk M2. Obama assura à Homologue russe que les Etats-Unis et Israël n’interviendraient pas militairement en Iran ou en Syrie, et que l’existence de la base navale russe à Tartous ne les dérangeait en aucune façon. Vous pouvez noter l’accord entre les deux présidents était ce qu’on appelle un « gentleman agreement » , où la parole donnée valait plus que n’importe quelle signature de traité de non-agression.
Medvedev a immédiatement signé un décret clôturant les livraisons d’armes commandées par Iran (chars, hélicoptères d’attaque, des avions de chasse, navires de guerre, missiles S-300, etc…), puis a renvoyé chez eux les officiers iraniens qui suivaient des cours de spécialisation, et a approuvé toutes les sanctions contre l’Iran, imposées par les Etats-Unis dans la résolution no. 1929 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ensuite il suspendit la livraison des armes à destination de la Syrie pour une durée indéterminée.
Deux jours après le retour de M. Medvedev de Washington, le 26 Juin 2010, toute la presse internationale ne parlait que de l’arrestation par le FBI, à Washington, d’un réseau composé de 10 espions russes, dirigé par Anna Chapman, qui voulait infiltrer les milieux politiques américains. Les beaux projets promis à Medvedev disparurent brusquement, comme par enchantement. Exit l’intérêt des investisseurs américains pour le centre de recherche et développement high-tech de Skolkovo. Quatre mois plus tard, Medvedev découvre que le contrat pour les drones, d’une valeur de 400 millions USD signé avec Israël n’était pas celui qui était établi initialement. N’y figurait plus les appareils modernes de haute altitude Heron, les Israéliens se limitant à livrer de petits avions de basse altitude: birdeye-400 Searcher-2 et I-View MK150.
Pendant ce temps, contrairement aux assurances données par Obama, la Syrie était devenue le
théâtre d’une guerre civile sanglante, alimentée par les Etats-Unis en armes, munitions et 100.000 mercenaires musulmans étrangers par le biais de ses vassaux : l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, la Jordanie, la Turquie, la Croatie et la France. L’armée de l’air israélienne est intervenue pour soutenir les rebelles en exécutant des raids en Syrie. Et l’Union européenne a recommandé une résolution par laquelle ses États membres s’engagent à faire tout leur possible pour armer les rebelles syriens. L’UE a créé des règles pour les pays membres, selon lesquelles la Russie (qui fournit 80% des besoins en gaz de l’UE) n’est pas un fournisseur fiable et utilise le gaz comme arme de chantage politique.

Toutes ces circonstances ont poussé la Russie à décider de redémarrer le contrat d’armement signé en 2007 avec la Syrie. Dans ce contrat, La Syrie a déjà reçu 36 systèmes de missiles terre-mer P-800 Yakhont et une batterie de missiles de défense aérienne S-300. Vont suivre 3 autres batteries de S-300, une brigade de missiles Iskander, 10 avions de chasse MiG-29 M/M2 et 12 avions MiG-31E Foxhound armés chacun de quatre missiles Air-Air Vympel R-33 (portée 160 km). Le patron de la société d’état Rosteh Sergei Chemezov dit qu’il est possible que la Russie soit bientôt lié par le contrat de livraison de missiles S-300 à Iran, parce que la société Rosoboronexport, poursuivie en justice par les autorités iraniennes aurait à payer 4 milliards de dollars pour sa résiliation en 2010.

Par Valentin Vasilescu, pilote d’aviation, ancien commandant adjoint des forces militaires à l’Aéroport Otopeni, diplômé en sciences militaires à l’Académie des études militaires à Bucarest 1992.


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