DzActiviste.info Publié le ven 14 Juin 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-06-14 19:17:00

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Crise de confiance

 

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Les rumeurs qui circulent autour de l’absence inhabituelle du président Abdelaziz Bouteflika du pays  ont plongé le peuple algérien dans un état perplexe et ont engendré une multitude de positions et de spéculations politiques divergentes.

Les déclarations du Premier ministre, M. Sellal, qui est en contact permanent avec le Président, affirmant que son état de santé s’améliore et que ce dernier suit quotidiennement les dossiers et questions d’intérêt national depuis sa résidence de repos à Paris, n’ont fait accentuer la gravité de la situation. Malgré la bonne foi des affirmations de M. Sellal qui visent à rassurer l’opinion publique nationale sur l’amélioration de l’état de santé du Président, les résultats de cette démarche sont à l’opposé des objectifs requis voir même sont d’une très grande gravité. Dans l’opposé parce qu’elles n’ont pas su gagner la confiance du peuple devant les déclarations et affirmations des autorités françaises qui, soi-disant, ont pris en charge de guérir notre Président.
Graves parce qu’elles ont engendré une grande peur dans les milieux populaires que la France est au courant des affaires et secrets d’Etat algériens et de la manière dont ils sont gérés ainsi que des instructions et ordonnances présidentielles, étant donné qu’il va de soi que les appels téléphoniques d’un chef d’Etat sont sur écoute.
Du slogan «Algérie de la grandeur et de la dignité» (izza wa el karama) nous nous sommes retrouvés dans une Algérie d’avant 1962 quand elle était sous les ordres d’un gouverneur général installé à Alger, exécutant les ordres et directives de la métropole parisienne.
Désormais, le peuple se voit trahi une deuxième fois par de faux slogans. La première a été avec le slogan de la bonne gouvernance islamique qui a fait tomber la nation algérienne dans les affres du terrorisme aveugle où la victime ne savait pas pourquoi elle était tuée et où le meurtrier ne savait pas non plus pourquoi il s’acharnait à tuer.

La deuxième avec le slogan de la grandeur et la dignité, le peuple est réduit et abaissé au point de ramasser avec anxiété de la main du colonisateur d’hier les quelques miettes et débris d’informations concernant l’état de santé du premier magistrat du pays et du destin de sa gouvernance. Y a-t-il une différence entre l’élimination physique et l’extrême humiliation ? Il est grand temps que le peuple algérien prenne conscience où mènent les faux slogans…
 


Dr Bachir Mecheri : avocat, professeur à l’université d’Alger II


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