DzActiviste.info Publié le lun 24 Juin 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-06-24 17:06:00

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LES AMIS DE LA GUERRE 
 
 
 

par M. Saadoune

Faut-il parler des « Amis de la Syrie » qui ne savent l’aimer qu’en mettant plus d’armes entre les mains de Syriens en guerre et mis en guerre ? La réunion de Doha n’a pas manqué de discours « moraux » et très humaniste, elle ne peut masquer qu’elle a été un appel renouvelé à la guerre, un rejet de la solution politique. D’autres armes vont être envoyées à l’opposition pour, dit-on, « rétablir l’équilibre des forces avant de négocier ». Or, jusqu’à présent, cette opposition sous les directives de l’extérieur ne veut pas de négociations, elle veut la reddition du régime à travers le départ de Bachar Al-Assad. Les armes qui arriveront ne serviront donc pas à négocier mais à entretenir la guerre. La Russie et l’Iran enverront, eux aussi, probablement plus d’armes pour soutenir le régime de Damas. Les données de la crise syrienne n’ont pas changé depuis de très longs mois même si sur le terrain militaire, le régime a marqué des points. Mais sur le fond, cela reste un pays plongé dans une guerre d’usure, sans fin. Sans issue. Les Syriens meurent chaque jour dans une guerre dont le timing, l’évolution et les objectifs leur échappent totalement. C’est une guerre géopolitique totale et à étages dont ils sont les chairs à canon volontaires ou non. Une intervention directe des armées occidentales étant exclue pour l’instant en raison de la fermeté russe, la guerre va se jouer sur le ressort de l’armement. Les Syriens vont ainsi avoir plus de moyens pour se tuer et tout détruire dans une guerre sans victoire possible et qui n’aboutira qu’à la destruction totale du pays et sa dislocation. Les « Amis de la Syrie » ont fait le choix de la guerre, ils ont fermé, avant l’heure, la conférence de Genève même s’ils continuent, pour la forme, d’exprimer leur attachement à la solution politique. On est dans un jeu sans fin où au nom de l’impératif de rétablir un « équilibre sur le terrain militaire », la solution politique est entravée. Et comme la solution militaire paraît impossible, on a un pays enfermé dans la guerre. Il faut relever, par ailleurs, qu’au lendemain immédiat de la réunion de guerre des « Amis de la Syrie », le Liban a été « allumé » à Saïda par un salafiste au discours virulent. Celui-ci a lancé, c’est une première, un appel à la désertion des sunnites de l’armée libanaise. La seule institution libanaise dans laquelle se retrouvent toutes les composantes du Liban est qualifiée de confessionnelle. Le cheikh salafiste, dont la mission depuis des mois consiste à créer une tension permanente au Liban pour embarrasser le Hezbollah qui est intervenu au côté du régime syrien, semble être passé à un nouveau stade. Certains au Liban y voient un effet immédiat de la réunion de guerre des « Amis de la Syrie ». En tout cas, on sait que les armements qui venaient du Liban pour être acheminés en Syrie peuvent rester au pays du Cèdre, et servir, eux aussi, à un « rééquilibrage des forces ». Les Libanais de toutes les confessions ont des raisons d’être inquiets. La mise en guerre du Liban n’est pas difficile à faire, des fanatiques instrumentalisés peuvent faire l’affaire. Mais comme pour la Syrie, les choses, une fois enclenchées, risquent de leur échapper durablement. La Syrie n’a pas « d’amis ». Le Liban non plus. Seuls la Syrie et le Liban en guerre ont ou auront des amis.


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