DzActiviste.info Publié le lun 29 Juil 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-07-29 08:17:00

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Le péché d’Oslo 
 
 
 
par M.Saadoune

Le Hamas palestinien est aujourd’hui piégé par les évolutions politiques dans la région. Alors qu’il aurait pu faire valoir son statut de mouvement de résistance à un occupant colonial pour se garder de prendre parti dans le conflit syrien, il s’est engagé contre Damas. Et par ricochet, l’Iran et les Hezbollah. Ce sont ainsi ces seuls vrais soutiens jamais eu dans la région qu’il s’est aliéné et qui n’ont pas été compensé par un alignement « sunnite ». L’Egypte, sous Morsi, n’a pas vraiment ouvert la « prison de Ghaza », la gestion du dossier ayant été une affaire de l’armée. Avec la destitution de Morsi, la prison se referme à double tour et l’armée égyptienne a redoublé d’activité pour détruire les tunnels, sources vitales pour la bande de Ghaza. Les médias égyptiens, en digne disciples de radio milles collines, déversent une propagande éhontée qui a cessé de viser le Hamas et s’étend à tous les palestiniens. Et aux syriens accessoirement. Les évolutions de la situation en Syrie comme en Egypte se traduisent par un affaiblissement politique du Hamas Mahmoud Abbas, incapable de refuser quelque chose aux américains, a profité de cet affaiblissement des liens régionaux du Hamas, pour accepter de reprendre la scabreuse comédie de la négociation. Les palestiniens ne se font guère d’illusions, ils savent que l’insistance de John Kerry à la reprise des négociations n’est qu’un simulacre qui sert les seuls intérêts de l’occupant israélien. Même dans l’hypothèse peu sérieuse qu’un accord puisse être réalisé, Israël a d’emblée fermer le jeu en indiquant que tout accord sera soumis à référendum. Il n’y a rien de changer dans l’état d’esprit expansionniste d’Israël, pas plus que dans le soutien permanent des Etats-Unis à ce que décide l’Etat hébreu. Les seuls changements sont l’affaiblissement de la Syrie et le coup d’Etat en Egypte qui isolent totalement le Hamas dans la région. Même les promesses d’investissements du Qatar ont peu de chance d’être tenus, le nouvel émir n’étant pas forcément engagé par les promesses de son paternel. Mahmoud Abbas qui tenait compte du Hamas avait fait des conditions minimales d’un arrêt de la colonisation des territoires occupés, vient de les oublier. Il accepte de négocier sans obtenir aucune garantie en ce sens. C’est donc la seule neutralisation de Ghaza et l’affaiblissement de la faction palestinienne qui la dirige qui motive la reprise des négociations. Si tant est que ce mot veuille dire quelque chose pour des palestiniens qui n’oublient pas – apparemment ce n’est pas le cas pour Abbas – qu’on les a mené en bateau pendant deux décennies au nom de négociations fictives. Mais quelle capacité de négociation aura « l’Autorité palestinienne » si son action s’appuie sur la neutralisation d’une partie du camp palestinien ? L’obéissance des « négociateurs » palestinienne est telle qu’ils n’oseront pas songer à mettre dans la balance la « nuisance » que représenterait Hamas et qui parle de « cadeau important fait au gouvernement d’occupation extrémiste. Mustafa Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne le constate : on ne négocie pas sans changement du rapport de force, l’engagement sur des critères précis, et une cessation complète des activités de colonisation ». Des constats de bon sens et il est clair que ces conditions ne sont pas réunies. Et que l’on est dans la reproduction du processus d’Oslo qui a vu le nombre de colons israéliens passer de 150.000 à 650.000. Ce « péché d’Oslo », c’est une évidence, va se répéter. Mais Mahmoud Abbas ne peut rien refuser aux américains ! Hélas !


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