DzActiviste.info Publié le mar 6 Août 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-08-06 09:25:00

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Comment atténuer l’effet Snowden ? 
 
 
Par kharroubi Habib

Disposant semble-t-il d’informations faisant état de menaces sur ses missions diplomatiques à l’étranger et celles de pays occidentaux amis, le département d’Etat américain a décidé la fermeture dimanche 4 août d’une vingtaine d’entre elles à titre préventif, dont l’ambassade en Algérie. Alertées certainement par Washington, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont procédé de leur côté à la fermeture de leurs représentations diplomatiques à Sanaa au Yémen

En réagissant de la sorte, Washington a donné l’impression d’avoir pris au sérieux la menace que lui ont révélée les informations dont elle dispose. Mais l’ampleur de la mesure préventive décidée par le département d’Etat montre que les services de renseignement américains sont dans l’ignorance où cette menace pourrait se matérialiser. Pour parer donc à toute éventualité, elle a concerné les ambassades dans les pays où le risque sécuritaire venant de la nébuleuse terroriste El-Qaïda a semblé le plus plausible. C’est la première fois que les Etats-Unis, pourtant en permanence confrontés à la menace terroriste visant leurs représentations diplomatiques et intérêts nationaux à l’étranger, ont réagi à une telle échelle dans la mesure préventive.

A priori, l’on peu expliquer cette spectaculaire réaction de prévention par le fait que les informations recueillies par les renseignements américains l’ont été à des sources qu’ils jugent extrêmement fiables, mais aussi par celui qu’ils ne veulent pas revivre les épisodes des attaques dont furent les cibles l’ambassade américaine à Tunis et surtout le consulat de Benghazi en Libye. Des opérations terroristes dont Obama et son administration ont été accusés de ne pas avoir su en anticiper la survenance et donc négligé les dispositions sécuritaires qui s’imposaient pour les prévenir.

Sans vouloir minimiser la réalité de la menace dont les Etats-Unis disent en avoir été alertés, il nous paraît pourtant que Washington l’a quelque peu exagéré et cela pour redorer le blason de ses services de renseignement sérieusement entaché par l’affaire Snowden. Le branle-bas sécuritaire déclenché par Washington intervient en effet en plein scandale international provoqué par les révélations faites par l’informaticien américain Snowden sur l’espionnage du Web pratiqué par la National Security Agency (NSA). En faisan savoir à la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne où le tollé suscité par ces révélations est le plus acerbe, qu’elles sont elles aussi ciblées par la menace, Washington a certainement voulu leur faire accepter que l’espionnage pratiqué par la NSA va dans le sens de la protection de leurs sécurités nationales. Argument que leurs gouvernements respectifs peu désireux de faire durer la crise provoquée avec l’Amérique par les révélations pourront prétexter pour atténuer le scandale et l’indignation suscités au sein de leurs opinions publiques. Pour l’Algérie en tous cas, la mesure américaine qui a englobé l’ambassade US chez elle est rien moins qu’ «inamicale», car elle confirme qu’au plan sécuritaire elle est perçue comme tout aussi à risque que le Yémen, la Libye et autres pays arabes. Il semblait pourtant que les satisfécits réitérés accordés à Alger sur ce plan par les autorités américaines découlaient du constat par elles que le pays maîtrise cette donne et a éloigné les menaces du genre de celles qu’elles disent redouter. La réalité s’impose donc que l’Amérique persiste à considérer l’Algérie comme pays «à haut risque».


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