DzActiviste.info Publié le dim 25 Août 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-08-25 09:34:00

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LE DERNIER ILOT
 
 
 

par M. Saadoune

La restauration est en marche en Egypte et ceux parmi les libéraux, les démocrates et les gauchos qui ont soutenu la destitution de Morsi avalent sans broncher la libération de Hosni Moubarak et la jubilation de ses partisans. En Egypte, les «urnes» ont cessé d’être la voie la moins irrationnelle de trancher les disputes politiques, c’est le rapport de forces, au sens strict du terme, qui l’emporte. Les monarchies du Golfe ont mis leurs pétrodollars pour soutenir cette entrave violente au développement politique du pays. On n’en finira pas de mesurer, avec le temps, l’ampleur de la régression politique dans laquelle est plongé le pays.

La Tunisie reste, encore, le dernier îlot résistant à une régression politique consacrant le retour du vieil autoritarisme arabe quitte à ce qu’il s’habille, une fois de plus, du vieux manteau de la «démocratie spécifique». Mais c’est un îlot qui est soumis à de fortes tempêtes. Les opposants, «libéraux, démocrates et gauchos» se sont engagés, depuis hier, dans ce qu’ils appellent la «semaine du départ». Le mimétisme égyptien est évident. Ils ont leur «tamarod» et le Front de salut national (FSN). La seule chose qui leur manque, observait un militant politique chevronné, est d’appeler à l’intervention de «l’armée égyptienne». Au-delà de la boutade, l’observation part du constat que l’armée tunisienne n’ayant pas de «traditions» en la matière, la contestation politique ne doit pas trop y compter. Par contre, comme en Egypte, cette opposition n’hésite plus à s’allier de facto avec les «anciens» du RCD.

La «semaine du départ» est engagée alors que l’UGTT a déjà pu arracher du mouvement Ennahda l’acceptation du plan de sortie de crise de la centrale une base de discussion. Ce plan prévoit la mise en place d’un gouvernement de «compétences nationales», en d’autres termes de «technocrates», ce qui reste discutable dans un contexte aussi politisé. Mais cette ouverture d’Ennahda a été rejetée par l’opposition qui veut, avant toute discussion, une démission du gouvernement et son remplacement par un gouvernement technocratique. L’opposition, hétéroclite, cherche à engranger un «gain politique» sur Ennahda quitte à entraver la sortie de crise. On est dans un étrange jeu politicien où certains acteurs de l’opposition, à l’évidence peu convaincus de leur fortune électorale, cherchent à brouiller l’ensemble des cartes. Mais sur le fond, Ennahda a les moyens de ne pas laisser détourner la transition de son cours.

L’Union générale des travailleurs tunisiens, une force autrement plus lourde, a déjà tracé une ligne rouge commune avec la «troïka» au pouvoir, à savoir le rejet de toute remise en cause de l’Assemblée nationale constituante. C’est l’essentiel. Ennahda et ses deux autres partenaires de la troïka ont la responsabilité de mener à son terme le processus et de s’opposer aux appels à la régression autoritaire même s’ils se drapent d’une forme de «romantisme» révolutionnaire. Ennahda aurait tort de se laisser prendre au jeu politicien de certaines parties de l’opposition. Et surtout de ne pas voir dans la centrale syndicale un partenaire de stabilité pour une transition démocratique menacée


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