DzActiviste.info Publié le mer 11 Sep 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-09-11 19:02:00

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La rentrée théâtrale de l’automne 2013 en Algérie

 

 

 


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Le théâtre de la rentrée automnale a plusieurs décors sublimes. Citons seulement trois.
À cause de sa saleté, Alger fait partie du top 10 des pires capitales du monde où il ne fait pas bon de vivre.
L’Algérie achète du gaz et du gaz israélien de surcroît…
Enfin, le Directeur de la banque d’Algérie informe que le taux d’inflation a doublé en 2012 et lance un signal d’alarme contre l’augmentation non maîtrisée de ce taux. Les prix vont bientôt exploser.
Au programme de ce soir quatre actes et 3 intermèdes. Bon spectacle !


Acte I
Deux titans se rencontrent devant la caméra de l’ENTV

Scène irréelle. Il lui manquait un fond de musique liturgique pour mettre en relief l’ambiance angoissante. Dialogue. Deux personnages importants : Le président Bouteflika ou ce qui reste de lui avec Gaïd Salah, le soi-disant chef d’état-major de l’ANP (la question de son autorité sur rab edzayer et le DRS se pose toujours…).Bouteflika, en arabe et en français, les yeux enfoncés, regard fixe et sévère, visage glacial : « Si des personnes franchissent les frontières illégalement, tirez sur eux !»
Gaïd, en bon français, voix gutturale, l’air sérieux : «Oui, monsieur le président. Vos instructions seront appliquées à la lettre»

Intermède 1

Quand est-ce les Algériens francophones se décideront à «algérianiser» le français? Ce n’est pas que je n’aime pas l’histoire française qui se retrouve de bout en bout dans la langue de Molière, mais on voudrait que le français qu’utilisent les Algériens contienne de l’histoire algérienne et arabe. Ainsi chaque fois que j’utilise des adjectifs ayant rapport avec une personnalité française, je sens le colonialisme qui gonfle comme des boules dans la gorge. Y a-t-il des stratèges à bord du bateau? Le déracinent et l’éloignement de la culture nationale se profile chez l’Algérien et conduit in fine à l’instabilité politique.

Acte II
La culture ne sauve pas un pays

Scène banale. Tribune, orateur de marque, public béat et inconditionnel. Applaudissements et succès assuré, à tout propos. Discours. Sujet, la relation entre la culture et le progrès technologique. Personnage, Abdelamalek Sellal dit «marmita» ou «tay tay», car il fait rire certains et rougir d’autres. Il est le premier ministre d’un gouvernement qui vogue dans le vague.
Sellal , dans un sabir que seuls les «marmita» connaissent : «Yal khawa, yezina me la poésie et le Coran. C’est pas avec ça que l’Algérie va progresser, il faut prioriser les mathématiques.»

Intermède 2

Un choix cornélien par exemple peut exprimer le difficile dilemme de l’Algérien qui l’oblige à  choisir entre créer et vivre dans un cadre de vie sale pour l’imputer aux incuries des autorités et démontrer leur échec ou bien vivre dans la propreté et laisser les autorités qu’il honnit s’approprier son civisme et s’enorgueillir de la justesse de leur politique environnementale.

Acte IIICours dans les Cours si tu n’est pas content

Scène au parlement, en marge de la cérémonie de l’ouverture du théâtre des «nouabes». Personnage important. Mohamed Charfi, ministre de la Justice (que les Algériens n’ont jamais senti l’odeur) et «garde des Sceaux» (un titre de noblesse introduit par Bouteflika et montre à quel point l’Algérie aime la France). Entretien informel avec des journalistes. Sujet, les plaintes de Belayat contre le coup tordu du ministre de l’Intérieur et contre la justice de nuit qui l’a éjecté de la tête du FLN
Charfi, dans un arabe correct, s’adressant à Belayat et ses amis : «en Algérie, la justice existe, moi je ne commente pas ses verdicts. Alors, rouhou techkou (faites un recours..)»

Intermède 3

Toujours dans le registre de la langue. L’autre jour, dans un billet récent, j’ai utilisé le mot derbouka. Avant de l’incruster, j’ai me suis creusé les méninges pour trouver un synonyme français «de souche». En vain. En désespoir de cause, j’ai consulté le Larousse pour savoir s’il lui a mis une petite place dans sa collection… Miracle, derbouka y était.  Il n’avait pas de synonyme propre. Un instrument bien de chez nous figurait dans le Larousse ! Vous voyez nous pouvons inventer des choses…
Alors quand est-ce qu’un Algérien fera une œuvre de Larousse où on trouvera aussi «ghaïta» et «bendir», des instruments qui n’ont pas de pareil en France et font les beaux jour du pouvoir algérien.  Il fera bonne œuvre et laissera son propre nom dans «notre français écrit» ? Le DRS l’empêcherait-il de voir le jour ? Ce n’est pas impossible. La création a besoin d’un terrain fertilisé par la Liberté… car il n’y a pas que les Algériens francophiles, généralement de mèche avec les éradicateurs et suppôt du DRS qui peuvent apporter du nouveau, participer avec du beau dans la culture française… Malek Benabi, Mohamed Dib, Mouloud Feraoun étaient francophones, mais de culture traditionnelle algérienne. Y a-t-il des stratèges à bord du bateau?

Acte IVL’Algérie dirigée par un homosexuel

Scène peu banale, mais pas inconnue. L’endroit inconnu. Personnage lunatique, une grande gueule médiatique. Hicham Aboud, un ancien de la sécurité avant d’être un «journaliste», fait des révélations tonitruantes. Cerné de tout part depuis l’éviction du colonel Fawzi. Il entre en conflit ouvert avec le frère du président qui, dit-on, est le véritable meneur des affaires de l’État algérien à cause de la maladie de son frère.
Aboud : «Saïd Bouteflika est un gay!»
Il faut rappeler que Saïd est marié et a des enfants. Il faut rappeler aussi que les gars de la sécurité aiment bien traiter leurs victimes d’homosexuels (pour rester correcte) ou font courir le bruit qu’un tel a été sodomisé. Il n’y a rien de tel pour détruire l’honneur et la réputation d’un homme en Algérie. Lui-même monsieur Aboud susurra un jour, non sans malice, que le journaliste Mohamed Sifaoui avait été victime de tortures avec usage de sodomie. Le meurtre d’Ahmed Kerroum, un professeur assassiné dans des circonstances douteuses, a été lié à une histoire d’homosexualité. L’enseignant de l’université d’Oran était comme par hasard un activiste contre le pouvoir et s’est plaint de l’impunité du DRS devant un représentant officiel de l’ONU.

Fin

Aimez votre dictature, acceptez votre condition et Dieu vous préservera du sort des Syriens et des Libyens !


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