DzActiviste.info Publié le mar 8 Oct 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-10-08 14:32:00

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ÉGYPTE:SANS OPTION AUTRE QUE LE PIRE 
 
 
 
 
 

par M. Saadoune

Personne ne s’étonne de l’état de la Libye, pays qui a cessé d’être gouverné et où des forces étrangères se baladent comme elles veulent dans la rue de la capitale. Le chaos a été bien programmé et il fonctionne en étendant ses dommages sur toute la région. Il n’est pas question de regretter la dictature de Kadhafi. Mais cela n’empêche pas de souligner que le changement via les armées étrangères n’a jamais eu pour vocation de servir les intérêts des autochtones.

Le système Kadhafi, qu’il est difficile de qualifier d’Etat, aura largement permis aux Occidentaux qui ne «nous veulent que du bien» de faire ce que bon leur semble. Ils se sont même offert une résolution de l’Onu qu’ils ont lue à leur manière. La «gouvernance» familiale compulsive en place ne pouvait rien voir venir… Et ce sont les «amis» de Kadhafi qui sont devenus ses fossoyeurs et sans doute de la Libye «gouvernée» désormais par un gouvernement fantomatique et une inflation de milices. Mais que dire du très mauvais chemin que persiste à prendre l’Egypte. L’Etat dans ce pays n’est pas crédité d’être juste ou respectueux des droits de l’homme, mais ceux qui le dirigent sont présumés disposer de suffisamment d’informations et de discernement pour éviter les mauvais scénarios. Or, depuis que les militaires ont démis le président Morsi et engagé la répression contre les Frères musulmans et ceux qui s’opposent au coup d’Etat, tout semble être fait pour aller vers le pire.

Après la répression sanglante, il y a eu les arrestations massives qui n’ont pas arrêté la contestation. Les militaires ont bien l’appui d’une partie de la population, mais une autre partie substantielle est dans la défiance. Et il ne s’agit pas d’un petit groupe, mais d’une masse suffisamment importante pour que l’idée de la bannir ou de l’éradiquer soit absurde et non opératoire. La vie politique comprend, bien entendu, une part de bras de fer… A condition de rester dans la politique et de ne pas fermer les options. Or, en laissant une justice aux ordres décider de la dissolution de l’organisation des Frères musulmans et de ses organisations – y compris le Parti de la justice et de la liberté -, les militaires font le choix du pire pour l’Egypte. C’est un choix qui ne semble mû que par la volonté de déblayer le chemin de la présidence au général Sissi.

LE BANNISSEMENT ET LA TRAQUE DE LA PLUS IMPORTANTE ORGANISATION «CIVILE» D’EGYPTE, CLASSEE OUTRAGEUSEMENT SOUS LA RUBRIQUE «TERRORISTE», PERMETTENT DANS L’IMMEDIAT DE REALISER DE PAVER CE CHEMIN. MAIS CETTE DEMARCHE EST FONDAMENTALEMENT FUNESTE CAR ELLE FONCTIONNE SUR UNE REPRESSION A OUTRANCE. LES MILITAIRES SAVENT QUE L’ENRACINEMENT DES FRERES MUSULMANS, AUREOLES DESORMAIS DU STATUT DE VICTIMES, EST PROFOND ET QUE VOULOIR L’ELIMINER IMPLIQUE UNE SORTE D’ETAT DE GUERRE PERMANENT DANS LE PAYS. ET IL RISQUE DE FAIRE LE LIT DES DJIHADISTES QUI COMMENCENT A REPRENDRE LES DEVANTS DE LA SCENE. LE MINISTRE EGYPTIEN DE L’INTERIEUR A DECLARE APRES LE CARNAGE DE RABAA AL-ADAWIYA S’ATTENDRE A UNE «VAGUE TERRORISTE». C’ETAIT UNE PROPHETIE AUTO-REALISATRICE PUISQUE AUCUNE MESURE ALLANT DANS LE SENS DU RETOUR A LA POLITIQUE N’A ETE PRISE. BIEN AU CONTRAIRE, LES ACTIONS DU POUVOIR ET DES MEDIAS NE FONT QU’ENFONCER LE PAYS DANS UNE DIVISION MORTELLE. LE PIRE N’EST JAMAIS SUR, SAUF QUAND ON S’AVEUGLE.


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