DzActiviste.info Publié le dim 20 Oct 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-10-20 09:21:00

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FAUX FANION 
 
 
 
 
 
par M. Saadoune

L’Arabie Saoudite a décidé de refuser d’intégrer le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent. Le geste est censé être grandiose. Il ne traduit au fond que la petitesse politique d’un régime sous orbite américaine. La riche monarchie pétrolière a invoqué la politique des «deux poids et deux mesures» de l’organisation internationale pour expliquer sa décision. Elle annonce qu’elle refusera dorénavant de faire partie du Conseil de sécurité jusqu’à ce qu’il soit «réformé et qu’on lui donne les moyens d’accomplir son devoir et d’assumer ses responsabilités pour préserver la paix et la sécurité dans le monde». Pas de quoi perturber le fonctionnement de l’Onu même si le geste a surpris. Et surtout les arguments avancés mêlent le vrai et la fausseté.

L’Arabie Saoudite a ainsi invoqué de manière totalement insincère le fait que le Conseil de sécurité a laissé la question palestinienne sans solution depuis soixante-cinq ans. C’est vrai ! Le Conseil de sécurité a été constamment bloqué par le veto américain pour toute décision qui déplaît à Israël. Mais c’est vrai également que l’Arabie Saoudite n’a jamais manifesté une quelconque irritation pendant ces «65 ans» du blocage du dossier palestinien par Washington. La Palestine n’est invoquée, ici, que comme l’éternel faux fanion dont usent et abusent les gouvernants arabes. Les Palestiniens peuvent souffrir et mourir, cela n’a jamais été une cause d’irritation ou de colère chez les dirigeants saoudiens. Au contraire, le rôle des monarchies a consisté de manière permanente à éviter toute action sérieuse en faveur des Palestiniens. Ils ont imposé aux autres pays arabes de s’en remettre aux Américains sur ce dossier.

Il est donc très mal venu d’invoquer les souffrances des Palestiniens pour justifier la décision de ne pas siéger au Conseil de sécurité. Les Palestiniens ont l’habitude de servir d’alibi et de payer les factures des jeux des dirigeants arabes. Par contre, les Saoudiens sont vraiment sincères quand ils invoquent également l’incapacité du Conseil de sécurité à en finir avec le régime syrien. La question syrienne ne date pas de 65 ans, elle est toute récente. L’Arabie Saoudite et les autres monarchies du Golfe qui financent et arment des opposants syriens n’ont pas supporté que les frappes annoncées contre la Syrie n’aient pas eu lieu. Voilà la vraie bonne raison du «coup d’éclat» saoudien qui a été accueilli au demeurant avec dédain par Washington. L’Arabie Saoudite qui a tenté de dealer avec Moscou un renoncement à son soutien au régime syrien n’a pas avalé que Washington accepte la porte de sortie ouverte par la Russie au sujet du démantèlement de l’arsenal chimique.

 A l’évidence, Ryad attendait une intervention américaine en Syrie pour faire tomber le régime en place. Or, non seulement les Américains ont renoncé à bombarder la Syrie, mais ont commencé à prendre langue avec les Iraniens. Pour un pays dont les dirigeants, les cheikhs et les médias ont œuvré avec une constance remarquable à réarmer le clivage sunnite-chiite, le comportement américain a été mal perçu. En définitive, les Saoudiens ont fait le «coup» du Conseil de sécurité pour se plaindre des Etats-Unis qui discutent avec les Iraniens et n’entrent pas en guerre en Syrie. Le «fanion» palestinien sert uniquement d’habillage. Il est vrai que cela fait soixante-cinq ans qu’on l’agite comme alibi.


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