DzActiviste.info Publié le dim 10 Nov 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-11-10 09:39:00

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Les bellicistes ne désarment pas
 
 
 
 

par M. Saadoune

Un accord sur le nucléaire iranien est possible mais rien n’est sûr. Les négociations qui semblaient sur le point d’aboutir à une percée se sont prolongées. Les négociateurs iraniens ont fait preuve de suffisamment d’ouverture pour intéresser des pays occidentaux jusque-là engagés dans une stratégie de bras de fer et de menaces guerrières. Mais les pays occidentaux sont des grandes puissances plus sensibles aux désirs d’Israël qu’à la possibilité d’aboutir à un accord raisonnable avec des Iraniens qui n’arrêtent pas de dire – jusqu’au niveau du «guide» – qu’ils ne cherchent pas à se doter de la bombe. Mais qu’en contrepartie, personne n’a le droit d’exiger d’eux de faire vœu d’ignorance et d’empêcher leurs scientifiques de maîtriser le savoir nucléaire y compris l’enrichissement de l’uranium.

On l’a déjà écrit, Ahmad Ahmadinejad était un personnage béni pour la propagande israélienne visant à diaboliser l’Iran et à le «vitrifier». L’arrivée d’un nouveau président au style totalement différent et à l’approche pragmatique perturbe considérablement la démarche des bellicistes. Mais elle ne les a pas désarmés. La furie avec laquelle les dirigeants israéliens accueillent la possibilité d’un accord et les trépidations guerrières de Benjamin Netanyahu ne sont pas sans écho chez les «négociateurs» occidentaux. Certains d’entre eux se veulent plus maximalistes qu’Israël et il y a des risques réels qu’ils puissent faire capoter la possibilité d’un accord. Déjà, les dirigeants américains multiplient les discours rassurants après la colère de Netanyahu. Israël ayant une considérable force de frappe politique dans l’establishment américain, il faudra à Barack Obama et John Kerry une certaine force de caractère – qui n’est en général pas au rendez-vous quand il s’agit de l’Etat hébreu – pour explorer sérieusement la possibilité d’une solution. Qui existe plus que jamais auparavant. C’est pour cela qu’il faut s’attendre à un tir de barrage pour l’entraver.

On n’est pas vraiment surpris d’apprendre dans l’entourage de Catherine Ashton que la France est celle qui freine le plus un accord à Genève. Les Iraniens l’ont très clairement expliqué : la France est sur la ligne d’Israël et non sur la volonté d’une recherche raisonnable d’un accord. Hier, alors que les discussions faisaient une prolongation, les Iraniens semblaient peu optimistes sur la possibilité en raison du blocage français. A l’évidence, la frayeur de Netanyahu sur la possibilité d’un accord a trouvé un relais français. Même si elle ne le formule pas clairement, Paris semble sur la ligne israélienne qui consiste à exiger des Iraniens de faire vœu d’ignorance et de laisser le monopole du savoir nucléaire à Israël. Les Iraniens qui cherchent une solution pour réduire et lever les sanctions économiques qui leur sont imposées ont fait savoir que l’idée d’une suspension de l’enrichissement est une «ligne rouge» sur laquelle ils ne cèderont pas. Ils ont mille fois raison de ne pas céder.


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