DzActiviste.info Publié le lun 11 Nov 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-11-11 22:23:00

Partager

Les Etats-Unis  convergent-ils vers l’Iran pour isoler Arabes et Israéliens ? 

 

 

 

IRIB-  « Les négociations de Genève ne sont pas désavantageuses pour l’Iran , d’autant plus que l’Europe

s’est montrée très enthousiaste pour parvenir à un accord avec l’Iran », souligné,  Abdul Bari Atwan, dans son nouveau article, publié, par le quotidien Al Ray al-Youm. Dans cet article, nous lisons : «  Trois jours d’intenses négociations entre l’Iran et les six puissances industrielles se sont achevées, dimanche matin, sans parvenir à un accord. L’Iran et l’Occident se sont engagés dans des négociations. Cependant, cette fois-ci, les ministres des Affaires étrangères de ces pays se sont mis, précipitamment, en route pour Genève, ce qui montre que ces pays sont désireux de parvenir à un accord reconnaissant l’Iran comme une grande puissance régionale. Ils veulent mettre un terme à leurs différends avec ce pays, d’en faire d’un pays ennemi  un pays ami, tout en isolant, complètement, les Arabes et les Israéliens. les différends portant sur l’enrichissement de l’uranium à 20%, qui ont empêché de parvenir à un accord d’une durée de six mois, demeurent, toujours. Mais il est évident que les Iraniens ont fait preuve, au cours de ces négociations, d’endurance, de patience, d’exactitude et de précision dans les détails et ont refusé de se soumettre aux pressions occidentales. Ils ont gagné du temps, sont resté attachés aux valeurs et se sont abstenus de faire des concessions gratuites aux autres. Et ce sont les éléments concrets du bilan de la partie iranienne au cours de ces négociations. Imaginons que le Ministre des Affaires étrangères était à la place de Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne et qui se trouvait face à des Ministres des Affaires étrangères des six grandes puissances industrielles, qui s’étaient précipité de venir à Genève, car ils en étaient arrivés à la conclusion que l’accord était certain. Est-ce que ce Ministre d’un pays arabe serait capable de résister à toutes ces pressions ? Nous, qui connaissons bien nos gouvernements, nous exprimons des doutes là-dessus. l’expérience nous a démontré que nos gouvernements sont faibles face aux grandes puissances, surtout, les Etats-Unis et leur ont donné d’énormes concessions. A titre d’exemple, nous pouvons en mentionner, ne serait-ce que pour quelques exemples, les premières négociations de Camp David, et la démission de Hossein Fahmi et Mohammad Ibrahim Kamel, Ministres égyptiens des Affaires étrangères.  L’un des rares cas où les pays arabes ont fait preuve de courage et ont refusé de reculer, c’était celui de Yasser Arafat, chef de l’Autorité autonome palestinienne qui avait été enfermé,  en 2000, pendant deux semaines,  par le Président américain d’alors, Bill Clinton, dans le Camp David, pour l’obliger à signer,  et l’a obligé de signer l’accord et renoncer aux deux principales causes des Palestiniens, à savoir Qods occupé et le droit au retour des réfugiés. Mais, Arafat a rejeté, avec bravoure et fermeté, ces pressions.  Comme il l’avait prévu, lui-même, il a sacrifié sa vie dans ce sentier. Il s’était préparé pour le martyre. J’ai écrit plusieurs articles sur ce sujet. le retrait(la suspension) des Iraniens d’enrichir de l’uranium à un taux élevé, pour une durée de six mois, n’est pas considéré comme un retrait(une suspension), ce sont les Américains qui ont avancé cela pour trouver un prétexte ou une porte de sortie afin de se libérer de la situation actuelle, car l’Iran dispose de 20, 000 centrifugeuses et il est capable de reprendre les opérations d’enrichissement, à tout moment. L’Iran dispose des scientifiques, capables de générer les programmes. Ils iront, provisoirement, en congés, jusqu’à ce que les sanctions soient allégées, et  60 milliards de dollars des avoirs iraniens gelés dans les banques, aux Etats-Unis et en Europe, seront débloqués.  Un autre point de désaccord porte sur le stock de l’uranium enrichi à un taux élevé, mais cette quantité d’uranium peut rester à l’intérieur de l’Iran, ou conformément à la proposition, avancée dans le passé, cette quantité d’uranium pourrait être transférée dans un pays tiers. Un autre point de désaccord, est la centrale nucléaire d’Arak, qui pourrait, selon les prévisions,  démarrer ses activités à partir de l’année prochaine. Si nous voulons savoir si l’accord initial qui a été mis en échec aux dernières minutes par la Franc du fait des pressions israéliennes, était bon ou pas pour l’Iran,  nous devons suivre les réactions des Israéliens, car cela peut être un critère essentiel pour se prononcer là-dessus. Israël, beaucoup plus que les pays arabes du Golfe persique se trouve dans un état de crainte et d’inquiétude, c’est une chose à laquelle fait allusion, le Premier ministre israélien qui a parlé de l’affaire du siècle. C’est un mauvais accord, a-t-il dit, et Israël le rejette complètement et ne s’y sent pas lié et s’arrogé le droit de défendre sa sécurité et sa population. Il a menacé de s’en remettre au Congrès pour contraindre Obama d’abandonner ces accords. Dans le même droit fil, les médias israéliens ont qualifié d’idiot, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Depuis trois ans, Benyamin Netanyahu ne cesse de menacer d’attaquer les installations nucléaires iraniennes. Il a annoncé l’organisation des manœuvres militaires dans ce sens et distribué des masques anti-gaz parmi les colons et les Israéliens. Mais, il n’a pas le courage de matérialiser ces menaces, car il sait très bien que les conséquences d’une action seront plus destructives pour Israël que pour l’Iran. Si l’administration américaine avait la certitude sur l’utilité de l’option militaire contre l’Iran, elle n’hésitait même pas un seul instant d’y aller. Ce, alors que les Etats-Unis disposent de 5 porte-avions,  des centaines de navires et sous-marins, des milliers de chasseurs-bombardiers et de nombreuses bases militaires dans la région. En tout état de cause, le Premier ministre israélien peut tenter sa chance et matérialiser ses menaces, mais ne nous pensons que sa chance soit plus grande que son prédécesseur, Ehud Olmert qui a fait partir en fumée sa crédibilité et celle de l’armée israélienne, lors de la guerre de 33 jours contre le Liban.
Il y a eu trois évolutions fondamentales qui ont poussé les Etats-Unis à changer d’approches dans leurs stratégies régionales et à se converser vers l’Iran et les alliés de ce pays.
Premièrement : Les Etats-Unis n’ont plus tendance à jouer le rôle du chien de chasse pour qu’ils entrent, contrairement, à leurs intérêts, dans diverses guerres afin de protéger Israël et les pays du Golfe persique, paniqués par la montée en puissance croissante de l’Iran.
Deuxièmement : Les intérêts des Etats-Unis, au Moyen-Orient, ne sont plus, comme c’était le cas au cours de ces 60 dernières années, liés aux intérêts sécuritaires d’Israël. Néanmoins, cela ne signifie pas que les Etats-Unis vont abandonner, totalement, Israël. A cela s’ajoute le fait que les Etats-Unis n’auront plus,  d’ici 5 ans, besoin du pétrole du Moyen-Orient.
Troisièmement : L’Iran dispose d’une grande capacité militaire, capable de nuire, en cas d’attaque contre ce pays, aux intérêts américains dans le monde. L’Iran est capable de viser, surtout, les bases américaines dans la région du Golfe persique ainsi que les infrastructures des alliés arabes des USA dans cette région. Il suffit à l’Iran d’attaquer les centrales électriques et les usines de traitement d’eau, de fermer le détroit d’Hormuz et d’incendier les puits du pétrole.
Alors que dans la partie adverse, les pays arabes du Golfe persique, accompagnés de la Jordanie, du Maroc et de la Turquie se sont trouvés incapables, durant des deux années et demie,  de renverser le gouvernement d’Assad, comment sauront-ils vaincre l’Iran ?  Certes, l’embargo économique a fait souffrir l’Iran et mis à mal son économie, dévalué, considérablement sa monnaie et provoqué une hausse sans précédent des prix des marchandises. C’est peut-être, pour cette raison que l’Iran a fait preuve, à ce stade, de souplesse dans ses positions. Mais cela n’a aucun inconvénient, car la politique de négociations et de souplesse est, le besoin échéant,  justifiée. Les Arabes n’ont pas négocié avec Israël ? L’Arabie Saoudite n’a-t-elle pas mis à son ordre du jour l’initiative de paix pour diminuer la colère des Etats-Unis après les évènements du 11 septembre ? L’Arabie Saoudite n’ a-t-elle pas ouvert les portes de ses banques aux inspecteurs du FBI pour s’assurer de l’arrêt des canaux de financement d’Al-Qaïda ?

Abdel Bari Attwan


Nombre de lectures: 312 Views
Embed This