DzActiviste.info Publié le mer 13 Nov 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-11-13 09:49:00

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Nucléaire iranien: le grain de sable français
 
 
 
 

par Kharroubi Habib

Malgré l’échec des négociations de Genève sur le nu-cléaire iranien, le secrétaire d’Etat américain John Kerry n’a pas versé dans le pessimisme au constat de cette issue dont il a imputé la responsabilité à la partie iranienne. Il a en effet annoncé que l’échec de Genève n’induit pas la rupture entre les cinq + 1 et le régime iranien et qu’une nouvelle phase de négociations s’ouvrira dans quelques jours.

La retenue dans la critique à l’égard de Téhéran observée par le chef de la diplomatie américaine n’a pas échappé aux observateurs qui l’expliquent en faisant valoir que John Kerry a ainsi voulu faire comprendre que l’échec enregistré n’est pas le fait de la partie iranienne exclusivement. La France représentée aux négociations par Laurent Fabius n’aurait pas été étrangère au blocage qu’elles ont connu, en multipliant et durcissant les préalables à la signature d’un accord dont les négociateurs iraniens ne pouvaient en accepter les termes comminatoires.

De fait, alors que le climat était à l’optimisme (mesuré mais réel) dans les deux camps aux dernières heures de la date butoir fixée à la possible conclusion de cet accord, seul le ministre français des Affaires étrangères a fait dans la discordance en qualifiant cette ambiance comme ne reflétant pas la réalité telle qu’elle se présentait autour de la table des négociations. Ce qui pour des sources occidentales a été l’indice avant-coureur que Paris ne partageait pas la volonté des autres protagonistes de la réunion de Genève d’aboutir à un accord a minima rendu possible pourtant par les signaux de bonne volonté émis en direction de l’Occident par le régime iranien depuis l’arrivée de Hassan Rohani à la présidence de la République islamique.

Contrairement à Washington, Londres ou Berlin qui ont opté pour une « confiance mesurée et vigilante » à l’égard de l’ouverture iranienne sur le dossier du nucléaire, Paris s’en est tenue à une attitude de méfiance sur la sincérité de ses auteurs en la justifiant par le fait qu’elle est partagée par les Etats régionaux concernés en premier chef par la menace de l’accession de l’Iran au salut de puissance nucléaire. « Solidarité » occidentale exige, Obama et Kerry n’ont soufflé mot sur la responsabilité de Paris dans le capotage des négociations de Genève. Ils n’en ont pas moins été irrités que le France ait donné ainsi l’impression d’avoir volé au secours d’alliés régionaux des Etats-Unis dont ceux-ci se seraient montrés disposés à brader les intérêts.

En fait, tout comme sur le conflit syrien, Hollande et Fabius ont opté pour l’offensive maximaliste contre les régimes syrien et iranien à seule fin qu’il soit tenu compte que la France dispose encore d’un poids et d’une influence dans l’arène internationale et donc de son mot à dire dans la résolution des deux dossiers. Mais c’est là de leur part une posture qui peut valoir à la France d’amères désillusions si malgré les obstacles qu’ils ont érigés sur la voie d’une solution négociée aux deux crises, celle-ci viendrait tout de même à se concrétiser parce que manifestement l’Amérique y est disposée. Les Iraniens qui savent la France saliver sur les opportunités d’affaires qu’offre à l’Occident leur marché intérieur et ses besoins multiformes, la sanctionneront impitoyablement en raison de sa persistante hostilité à leur égard. Cyniquement pragmatiques, les Américains, les Anglais et les Allemands laissent Paris s’enferrer dans l’opposition intransigeante au régime de Téhéran et en sont à tisser avec celui-ci les prémices d’une normalisation avec l’Iran de leurs relations bilatérales respectives.


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