DzActiviste.info Publié le ven 15 Nov 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-11-15 21:43:00

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Iran/Syrie: AIPAC-Arabie, même combat? 

 

 

 

 

IRIBOn peut conduire un constat et des commentaires similaires pour deux cas,

deux crises à la fois différentes et interconnectées, qui tiennent en haleine les commentateurs et les acteurs politiques depuis plusieurs années, ou de nombreuses années c’est selon : la Syrie et l’Iran. On observera que, dans les deux cas, le même processus est à l’œuvre. Certains chercheront aussitôt des explications cachées et des manigances extraordinaires dont tout le monde connaît par ailleurs les manifestations, et dont l’argument définitif est celui de la “stratégie du désordre” (alias “désordre créateur”) qui permet au moins d’expliquer une dynamique entropique par une intervention humaine pleine de plans extraordinaire pour l’après-entropisation, c’est-à-dire expliquer le rien par l’après-rien avec l’essentiel préservé qui est l’explication de l’intervention humaine (si possible, des entités les plus épouvantables du catalogue de la subversion complotiste). Nous préférons une interprétation hypothétique qui a à voir avec des courants métahistoriques dont les sapiens-Système ne sont en rien les organisateurs ni les comptables, mais dont ils sont simplement les outils avec leur sens tactique au profit d’une stratégie supérieure dont le dessein ne peut être réduit aux machinations terrestres. • Concernant la Syrie, on a appris l’intention de l’Arabie de financer la création d’un “gouvernement syrien en exil” dans le chef de son organisation favorite (le SNC), le seul gouvernement légitime évidemment tant les pétrodollars ont le pouvoir magique du principe de la légitimation qui, en l’occurrence, précède même la représentation de cette légitimité. (Le budget pour ce “gouvernement” légitime est de $300 millions pour six mois, ce qui confirme l’Arabie dans sa capacité de dégainer les $millions et $milliards plus vite que son ombre.) Ce “gouvernement syrien en exil” s’installerait en Turquie, puisqu’il est en exil et que, de toutes les façons, il est hors de question de le risquer en Syrie même où les troupes d’Assad sont partout sur l’offensive, au point que la reprise d’Alep, bastion des rebelles, n’est plus désormais impossible dans les prochains mois. PressTV.ir a interrogé Webster Griffin Tarpley sur le projet saoudien, ce 14 novembre 20913. Tarpley a l’heureuse idée de classer le projet dans la rubrique “champagne-caviar”, c’est-à-dire que les ci-devant ministres révolutionnaires sont assurés d’une vie luxueuse sinon fastueuse, comme ils ont déjà montré qu’ils ont la capacité d’initier quand “les Amis de la Syrie” veulent bien passer à la caisse. On dira que, d’une certaine façon, le procédé vaut, en légitimation, une installation aléatoire sur une partie “libérée” du territoire syrien, constamment menacée par la déloyale supériorité des troupes de l’armée syrienne.
• L’Iran maintenant, où l’on annonce (voir plus loin) une “alliance” entre l’Arabie et l’AIPAC pour ce que Press TV.ir baptise aimablement de «new plans for Iran nuclear talks». Cela vient après l’épisode abracadabrantesque, qu’à nouveau certains rangeront dans la catégorie des plans mystérieux et concertés, de la journée du 9 novembre à Genève. Durant cette journée et en prenant en compte ce qui précédait et ce qui a suivi, on a vu l’accord avec l’Iran annoncé comme quasiment fait et signé ; l’intervention des Français le 9 novembre interrompant cette perception en paraissant refuser cet accord “seuls contre tous” et en fait étant perçus comme parlant “au nom d’Israël” (et de l’Arabie, pour vendre quelques canons) ; les USA effectuant une première tentative de rangement en annonçant qu’en fait les Français n’avaient fait qu’exprimer une position générale du bloc BAO et dénonçant les Iraniens pour leur intransigeance (mais que dire des Russes qui font partie du P5+1 et qui ont observé ce désordre avec une certaine position de retrait mais non sans ironie ? On n’en dit rien et on passe à autre chose) ; la narrativeévoluant encore et disant que, finalement, les Iraniens n’étaient pas coupables non plus, que personne n’était coupable, simplement qu’on avait été trop vite dans l’interprétation des choses et que tout se présente fort bien pour un accord qui sera mis en forme définitive, on vous l’assure, à partir du 20 novembre. C’est ce dernier point (“tout se présente fort bien”) qui chagrine l’équipe Arabie-AIPAC et conduit à ce “nouveau plan” dont parle Press.TV.ir. La TV iranienne interviewe le Chief Correspondent pour le Moyen Orient de la chaîne britannique Independent Television News, Alan Hart, ce 14 novembre 2013. Hart prévoit la possibilité d’un affrontement dramatique entre BHO et l’AIPAC (c’est-à-dire le Congrès-AIPAC) dans les semaines qui viennent.
Quel est le résultat de ces agitations diverses où les complots se mélangent à l’influence et aux subsides champagne-caviar, sur fond de situations intérieures catastrophiques des divers dirigeants impliqués (que ce soit BHO au plus bas dans les sondages, les princes saoudiens terrorisés par les mouvements de foule, Netanyahou tenant son poste sur la seule radicalisation anti-Iran garantie par son obsession pathologique, le régime Hollande enfermé dans la catastrophique situation française et perçu comme au bord de l’effondrement, et cherchant toutes les diversions “sociétales” et extérieures possibles) ? D’une façon générale, une surenchère extraordinaire de l’embourbement de toutes les situations de crise, dont les deux dont nous parlons ici. On peut toujours avancer l’annonce de tel ou tel événement brutal (attaque contre l’Iran, rupture de la situation syrienne), et nous remarquerons que ces événements brutaux nous sont annoncés depuis huit ans (attaque sur l’Iran) et près de trois ans (intervention décisive du bloc BAO & partnersen Syrie), pour le résultat d’une surenchère de communication permanente (du type “retenez-moi ou vous allez faire un malheur”) avec approfondissement de l’embourbement. C’est cela que nous nommons, pour ces cas détaillés, “ruptures dissolvantes” : un effet brutal qui, au lieu de rompre les situations sur lesquelles il prétend s’exercer, dissout encore plus les positions de tous ceux qui prétendent avoir une “politique” de rupture pour ces situations. Dans les deux cas, on a des réactions, avec les habituels moyens (subversion, influence, pression, subvention, corruption, “criminalisation” de certains acteurs, etc.), qui sont des interventions temporaires et elles-mêmes créatrices de nouvelles ruptures dissolvantes par le biais des situations de tension et de contradiction qu’elles créent. La création d’un “gouvernement syrien en exil” couvert de $millions ajoutera l’option “délices de Capoue”, ou champagne-caviar, à une situation de dissolution remarquable de la rébellion syrienne. Dans ce cas syrien, on a comme effet concret des diverses manœuvres décrites une division grandissante à l’intérieur du bloc BAO où, comme le remarque Tarpley, le couple temporaire franco-anglais se rapproche de l’Arabie sur la création du nouveau gouvernement, tandis que les USA se rapprochent de la Russie pour dénoncer ce projet de “gouvernement” qui, évidemment, a pour seul programme “national syrien” de torpiller le projet de conférence Genève-2 monté pour résoudre pacifiquement la crise syrienne. Dans le cas iranien, on a une alliance Arabie-AIPAC, avec quelques supplétifs de fortune (la France ripolinée-socialiste), alors que, par contraste et avec un zeste de réflexion on peut se demander ce que va très vite penser Israël de l’armement hors-BAO de l’Égypte par la conjonction de la Russie avec cette même Arabie si chérie par ailleurs. Tout cela n’assure la victoire de personne dans des occurrences où plus personne ne sait ce que signifie “victoire”, et par contre alimente l’embourbement consécutif à ces “ruptures dissolvantes” dont nous parlons……..
Dedefensa:org


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