DzActiviste.info Publié le lun 6 Jan 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-01-06 22:45:00

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Syrie: l’opposition «modérée» piégée
 
 
 

par Kharroubi Habib

A moins de deux semaines de  l’ouverture de la  conférence de Genève II sur la Syrie, l’on assiste en Syrie à un développement dans le conflit qui fait apparaître clairement que ses protagonistes locaux font le forcing en vue d’arriver en position de force à la table des négociations. Pour le régime, cela a consisté à lancer une vaste offensive contre les positions tenues en différents endroits du pays par la rébellion armée et en les lui enlevant de lui ôter l’argument dont elle se prévaut de contrôler une partie du territoire.

Pour cette rébellion, l’enjeu est de faire échec à l’offensive du régime contre elle mais aussi et surtout de dissiper les doutes qui se sont fait jour sur ses capacités à prétendre constituer la force susceptible de combler le vide que provoquerait l’éventuel effondrement du régime. Ce qu’elle a apparemment entrepris de faire en engageant l’épreuve de force avec les groupes djihadistes ayant afflué en Syrie et qu’elle a accueillis avec empressement dans un premier temps, et qu’elle tente désormais de combattre après avoir constaté qu’ils ne reconnaissent pas sa tutelle politique et cherchent à supplanter partout ses propres forces combattantes.

Il ne fait aucun doute que la coalition de l’opposition syrienne dont les Occidentaux sont les parrains a été sommée de faire la preuve de la consistance de sa force sur le terrain. Il se trouve seulement que cette opposition syrienne dite « modérée » est en bien mauvaise posture prise entre l’étau de l’offensive des troupes du régime et de la guerre ouverte qu’elle a déclarée aux groupes djihadistes.

Tant le régime que les groupes djihadistes, leur intérêt est de rendre anecdotique le rôle de cette opposition « modérée » dans le conflit syrien. La réduire à cela équivaudrait pour le premier à convaincre les Occidentaux qu’ils font fausse route en misant sur cette opposition dans la perspective d’une solution au conflit syrien. Pour les seconds ce serait la démonstration faite qu’ils sont les seuls à pouvoir faire chuter le régime de Bachar El-Assad

D’ici l’ouverture de la conférence de Genève II, les combats qui opposent l’armée syrienne libre, le bras armé de cette opposition syrienne dite « modérée », aux groupes salafo-djihadistes vont se multiplier et tourner à l’affrontement généralisé. Sans pour autant que leur issue tourne à l’avantage de cette opposition car il est manifeste que celle-ci a trop tardé à comprendre que les djihadistes qu’elle a accueillis en « alliés » sont venus en Syrie avec un agenda politique en totale opposition avec le sien et de ses protecteurs occidentaux. Lesquels ne lui font depuis guère confiance en tant qu’acteur déterminant pour la résolution du conflit et en sont cyniquement à la recherche d’un compromis avec le régime syrien et ses alliés régionaux et internationaux. C’est en fait la réalisation de ce compromis qui va être l’enjeu de la conférence de Genève II et non pas comme l’opposition « modérée » la rêvé de se voir remettre par elle les clefs du pouvoir en Syrie.


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