DzActiviste.info Publié le dim 19 Jan 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-01-19 21:45:00

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Le massacre de la prison d’Abou Salim (Tripoli,Libye) a livré ses derniers mystères

 

 

Massacre d'Abou Salim LybieIn page facebook de François BURGATLes derniers mystères ont été levés sur le destin des 1270 prisonniers politiques assassinés à l’arme automatique et à la grenade, en un peu plus de deux heures, au cours de la matinée du samedi 29 juin 1996 dans la prison d’Abou Salim, en présence de Moussa Koussa et d’Abdallah Senoussi, deux des responsables des services secrets. La commission d’enquête mise en place par l’Association Libyenne des Prisonniers d’Opinion (Al-Jam’ia al-Libya li-sujana al-raï) l’une des trois associations libyennes de prisonniers, a recueilli, hors de toute contrainte, les aveux détaillés de ceux qui avaient été chargés de faire disparaître les traces du massacre.
Enfouis sommairement pendant 4 ans dans l’enceinte de la prison, les corps ont été déterrés lorsque, au début des années 2000, la nouvelle du massacre, révélée par l’un des gardiens, a filtré dans les chaines satelitaires arabes et que Moamar Qadhafi, prenant peur, a donné l’ordre d’en effacer toute trace. Deux gardiens les ont alors transferrés dans le Jebel Nafoussa au lieu dit Al-Shawf où ils ont entrepris de les passer dans une concasseuse broyeuse spécialement acquise à cette occasion. Les premiers résultats autorisant encore une identification, ils ont opté pour une autre méthode et les corps ont été alors longuement calcinés dans une fosse couverte de pneus d’engins de travaux publics. Les cendres ont été ensuite recueillies dans de grands sacs en plastique dont le contenu a été déversé en mer, au large, à une trentaine de kilomètres de Tripoli. Les familles des victimes n’avaient jamais été informées du massacre. Pendant plus de 4 années elles avaient continué à déposer des provisions à destination de leurs proches dont certains étaient emprisonnés depuis plus de vingt ans. Effets et provisions étaient partagés entre les gardiens et le surplus brûlé régulièrement dans une des cours de la prison.
Ce sont ces familles des victimes qui, le 15 février 2011, à Benghazi, ont été les premiers acteurs du soulèvement qui a conduit à la chute du régime. Jeudi 16 janvier 2014, d’autres restes osseux et dentaires ont été mis à jour dans l’enceinte de la prison en présence du procureur chargé de l’enquête.
(Entretien avec A. Ghwela, président de la commission d’enquête, emprisonné 6 ans à Abou Salim et A. Akermi, emprisonné 30 ans dont 12 à Abou Salim. FB à Abou Salim, Tripoli le jeudi 16 janvier)
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