DzActiviste.info Publié le mer 22 Jan 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-01-22 19:52:00

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Complètement loufoque, le nouveau jouet de l’Occident s’appelle Genève 2

 

 

 

On se doutait bien que les derniers jours avant la conférence de Genève 2 seraient riches en rebondissements, coups tordus, et surprises de dernière minute. Eh bien on a eu tout ça, et même un peu plus.
Le jeu consistait, pour les ennemis de la Syrie, à faire venir les équipes sur le terrain, mais que le match n’ait surtout pas lieu. Et si, malgré tout il y avait match, il faudrait s’arranger pour qu’il n’y ait que très peu de joueurs adverses, et même, si possible, n’avoir que le goal en face, goal que l’on aura pris soin d’affaiblir par diverses petites manœuvres préalables. Il n’est pas question que l’adversaire puisse se défendre de quelque manière que ce soit, ni même qu’il puisse jouer. L’essentiel c’est que tout le monde constate qu’il a bien été présent ou représenté.
Dans ce type de jeux, l’Occident n’obéit qu’à deux règles :

  • Aucune règle de jeu ne s’applique à lui. Et puis quoi encore ! Le but de tout jeu dans lequel il est impliqué étant qu’à la fin il gagne, le jeu en lui-même n’est qu’une formalité qu’il convient d’arranger en vue d’une victoire rapide. Tricher, mentir, tromper, trahir, bref, toutes choses que nous nous échinons à interdire formellement à nos enfants et que nous leur présentons comme le mal absolu, sont ici des outils et sont même hissés au niveau des vertus suprêmes.
  • L’adversaire est tenu lui, de respecter toutes les règles, y compris celles, de plus en plus contraignantes et paralysantes, inventées en cours de jeu. Ne pas les respecter c’est  faire preuve de bassesse, d’ignominie et c’est, une fois la victoire obtenue, la Cour Pénale assurée.

En deux jours, ils ont assemblé toutes les briques, qui étaient déjà prêtes, pour mettre en place les obstacles à une vraie conférence de recherche de la paix en Syrie. Comme on connait ses saints on les honore, dit-on. On les attendait donc. On savait qu’ils ne pouvaient pas ne pas faire quelque coup tordu, car c’est leur nature, mais on ne savait pas d’où le coup pouvait venir. En fait, de coup, il y en eut trois, presque simultanément. Le premier nous vient de Londres avec la sempiternelle accusation de crimes contre l’Humanité lancée contre Assad. On aurait pu penser que cette accusation proviendrait du Liban où siège actuellement le TSL, conçu juste comme un outil que l’on peut manipuler selon les besoins du moment. Ils ont préféré utiliser un autre dossier préparé de longue date qui n’attendait que le moment propice pour sortir. Ce dossier nous donne droit à notre crime contre l’humanité habituel, relayé par deux ténors de ‘’l’information’’, The Guardian et (qui d’autre) CNN. Il s’agit rien de moins que de 11 000 cadavres photographiés par un déserteur syrien.  Un Timisoara en plus gigantesque, un vrai génocide, le nec plus ultra des crimes contre l’humanité made in média mainstream, c’est-à-dire un crime virtuel contre une humanité virtuelle.
Pendant ce temps, Ban Ki-Moon se préparait à empêcher au N° 10  adverse d’entrer sur le terrain. Même s’il a manqué d’imagination pour trouver les bons prétextes, le résultat est là. L’Iran ne participera pas aux négociations, à leur démarrage du moins.  Pour annuler, au dernier moment, son invitation à l’Iran, Ban Ki-Moon s’est basé sur le fait que l’Iran n’acceptait pas totalement les interprétations occidentales de de la conférence de Genève I – à laquelle il n’avait pas été convié – qui impliquent le départ de Bachar Al Assad. Qu’en est-il de la Russie qui  a exactement la même attitude par rapport à ces interprétations ? Chut ! Ce n’est pas la même chose, voyons !
Après nous avoir joué pendant des semaines divers scénarios de qui vient et qui ne vient pas parmi les groupes terroristes, ils ont fini par former un groupe  d’individus acceptables qui pourraient arriver à Genève sans être masqués et qui joueront parfaitement leur rôle de figurants. Une fois l’équipe formée (les figurants devant, les vrais joueurs derrière), le match peut commencer. Il ne reste plus qu’à attendre ce qui reste de l’équipe adverse, le goal, c’est à dire la délégation syrienne. Mais… la délégation est bloquée à Athènes. Pour arriver quelque part en avion, habituellement on atterrit à l’aéroport de la ville où l’on se rend. Cela s’est toujours fait, à moins de vouloir chercher à se compliquer la vie. Malheureusement, une partie de l’aéroport de Genève se trouve en territoire français. Et la France, voyant là l’occasion de rééditer son exploit avec Evo Morales dans l’affaire Snowden, s’empressa de leur interdire son espace aérien. Par ce refus, la France leur disait en clair : venez à Genève mais vous ne pourrez pas atterrir à Genève. Eh oui. C’est ça la ville internationale qu’est Genève. On ne peut y accéder  ni par avion, ni par bateau, ni même à dos d’âne, sans l’accord des pays voisins. La délégation syrienne a donc dû passer par Athènes où ils ont fait escale pour ravitailler l’avion. Et là, histoire de leur faire perdre 5 heures de plus, l’aéroport refusa de leur fournir le carburant, invoquant  l’embargo dont fait l’objet la Syrie. Ils ont pu repartir, mais ils savent désormais, s’ils avaient encore quelques doutes, que leurs déboires ne font que commencer.

Aéroport d'Athènes

Aéroport d’Athènes

A la lumière de tous ces coups bas, il est évident que les ennemis de la Syrie sont plus que jamais décidés à continuer leur guerre mais sur un autre terrain qui, apparemment leur est plus favorable. Ce que les armes n’ont pas réussi à leur donner, ils feront tout pour l’obtenir dans les palais suisses.
Après 3 ans de lutte, après avoir défait l’ennemi et reconquis une bonne partie de son territoire, l’Armée Syrienne peut dire qu’elle a gagné la guerre. Mais si Bachar Al Assad et ses alliés n’y prennent pas garde, cette victoire risque bien d’être une victoire à la Pyrrhus.
Avic


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