DzActiviste.info Publié le mar 8 Avr 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-04-08 14:50:00

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Un premier tour suffira à Abdelaziz Bouteflika pour être « élu » !

 

 

Carnaval présidentielRoger Saïd
La réponse ne fait plus de doute. Le président sortant Abdelaziz Bouteflika sera élu pour un quatrième mandat dès le premier tour. La confirmation de ce qui n’était qu’une hypothèse il y a quelques semaines a été obtenue de sources proches du palais d’El Mouradia. C’est le frère cadet du président, le nouvel homme fort du pays qui aurait négocié le résultat avec les hauts gradés. « L’Algérie ne peut supporter un deuxième tour. Sur le plan sécuritaire, cela serait désastreux », affirme un ministre en exercice. Il faut dire que cela fait plus de six mois que plusieurs régions du pays sont traversées par un vent de fronde. La population- bien qu’habituellement indifférente à la politique – se montre ouvertement hostile à la campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika.

A ce titre, les diplomates étrangers accrédités à Alger ont été étonnés de voir des erreurs à répétition commises par le staff présidentiel. Certaines chancelleries n’en revenaient pas, envoyant des notes alarmantes sur la situation politique du pays. « A voir l’acharnement de Bouteflika et de son clan à se représenter, on pensait qu’ils avaient bien ficelés leur stratégie, mais à voir la cacophonie qui règne, je crois que tout le monde joue le pourrissement », explique un diplomate français. Du côté des services de renseignement-DRS- on croit savoir que l’appareil du général Mediène veulent laisser le clan de Bouteflika aller jusqu’au bout de sa logique. Avec un président affaibli et à moitié conscient, certes l’Algérie perdra de son aura, mais le DRS sera toujours incontournable en interne et le seul interlocuteur crédible à l’international. Le général Mohamed Mediène « Toufik » a décidé de jouer à « qui perd gagne », afin de rester au cœur du jeu. Une manière très algérienne de faire la politique. Et Bouteflika, bien que malade, demeure encore rusé dans le domaine, et fait encore parti de l’un des derniers membres fondateurs du système algérien bâti par le clan d’Oujda.

D’ailleurs, pour faire observer à « Toufik » qu’il avait bien compris ses intentions, Bouteflika et son clan ont démontré qu’ils entendent bien reprendre les renseignements en main. On le constate dans une vidéo qui a fait le tour d’internet, on y voit un Abdelaziz Bouteflika debout pendant un bref instant, puis soutenant une conversation à peine audible avec le secrétaire d’état US John Kerry. Curieusement, le propos du Président algérien n’est pas centré sur la diplomatie, mais sur le renseignement et la coopération sécuritaire. Bouteflika se plaint ainsi du manque de « concrétisation » au niveau du partage de renseignement. Kerry lui demande alors comment les deux pays peuvent avancer vers une meilleure coordination. Tout de go, Bouteflika lui demande d’obtenir les informations sur« le Sahara et sahel » de manière très rapide, « en moins d’une heure », afin que l’Algérie soit en mesure de les exploiter de manière rapide.

De nombreux experts en sécurité et en intelligence se sont demandé quelle était la raison de l’insistante du Président à obtenir ces moyens techniques, car le Département renseignement et sécurité (DRS) ; dirigé par le général Mohamed Médiène «Toufik », est réputé disposer de capacité d’imagerie satellitaire et d’interception électromagnétique de toute dernière génération. Il ne serait donc pas dépendant des américains. Selon ces mêmes sources, Bouteflika chercherait à créer une seconde entité de renseignement, dépendant directement du général Gaïd Salah, fidèle d’entre les fidèles, qui serait chargée de coordonner avec les américains. Le très puissant général « Toufik » est en effet réputé « peu fiable » au sein du palais d’El-Mouradia et est suspecté d’avoir organisé les cabales contre les proches du Président, dont notamment son frère Saïd. L’après 17 Avril s’annoncerait pire que les trois mandats présidentiels passés. L’Algérie demeurera dans l’impasse jusqu’à 2019. Même si Bouteflika décède entre temps. Le prochain vice président finira le mandat.
Roger Saïd


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