DzActiviste.info Publié le ven 25 Avr 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-04-25 08:18:00

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Une semaine chargée, trop chargée 
 
 
 
 

par Moncef Wafi

17 avril-24 avril. Une semaine est morte après l’élection présidentielle et le pays s’installe dans une sorte d’euphorie ankylosante. Une semaine caractérisée par les réactions post-résultats donnant Bouteflika large vainqueur d’un scrutin que d’aucuns jugent faussé. Benflis a crié à la fraude généralisée alors que les autres candidats-alibi ont continué à lire la partition qu’on leur a distribuée. Chacun dans son rôle. La réaction des chancelleries étrangères est à la hauteur de leur cynisme intéressé et les capitales occidentales ont préféré tourner les yeux des urnes pour se consacrer aux nouveaux contrats qui les attendent. Paris, Washington, Moscou, Londres, l’Europe, chacun dans son rôle. Chacun pour ses intérêts. Puis l’attentat meurtrier contre des soldats à Tizi-Ouzou et onze cercueils sur la route du toujours terrorisme résiduel, cher à Ouyahia. Les répressions et la brutalité policière à l’occasion de la marche du 20 Avril ont également émaillé la semaine faisant craindre un dérapage et un musellement de plus de la liberté d’expression.

Puis l’opposition. Pas celle de Hanoune, discréditée à tout jamais, ou de Benflis qui appelle à la création d’un parti, un de plus, pour encadrer son refus des résultats. L’autre opposition, celle consacrée par les boycotteurs qui ont décidé de se baptiser pompeusement «Coordination pour les libertés et la transition démocratique». Tout un programme. Ses animateurs ont rencontré Ghozali et Hamrouche. Toujours les mêmes noms, les mêmes figures d’un passé qui ne veut pas se conjuguer à l’imparfait qui revient telle une antienne donnant l’impression d’un pays qui n’avance pas. Qui insiste à tourner le dos à l’avenir, préférant mourir avec ses reliques du passé. La classe politique parle encore et toujours de transition politique comme si cela pouvait suffire en face d’un système qui vient de signer un nouveau bail de cinq ans pour le pouvoir. Une autre manière pour ne pas mourir, s’accrocher en photocopiant des illusions perdues.

Une semaine vient de perdre ses feuilles sans pour autant les renouveler sinon les ramasser pour les recoller sur ses branches et donner l’illusion d’un pays en marche. Mais vers où ? Un pays qui fait du surplace politique, qui n’avance que pour reculer d’un millier d’années se faisant surfacturer ses alliés. Un pays dont la jeunesse n’aspire qu’à vivre une autre ère loin des intérêts des clans et des hommes du pouvoir qui l’ont rendue assistée. Une génération Ansej perdue entre attendre un crédit bancaire et un éventuel procès. Faut-il alors être grand analyste pour prétendre à une réalité qui se décline chaque jour sous les traits de la misère et de l’impunité. Non, je ne le pense pas.


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