DzActiviste.info Publié le ven 25 Avr 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-04-25 08:19:00

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QUAND LES CAMPS SOURIENT… 
 
 
 
 

par M. Saadoune

Un accord a été conclu, hier à Ghaza, entre le Fatah et le Hamas qui met fin à une cassure inter-palestinienne qui remonte à 2007. Un gouvernement d’union nationale sera mis en place dans les prochaines semaines. Et, c’est Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement établi à Ghaza, qui a annoncé que le prochain exécutif sera «dirigé par le président Mahmoud Abbas». L’expérience a appris aux Palestiniens à ne pas donner le label «d’historique» à des événements qui peuvent être balayés par des manœuvres de tout genre. Et «l’unité palestinienne», précieuse car constituant dans la diversité des courants l’atout majeur de ce peuple opprimé, a été et sera, on n’en doutera pas, une cible centrale et permanente d’Israël et de ses soutiens occidentaux.

 Certains diront que cette unité retrouvée se fait en raison d’une situation de faiblesse des deux grands mouvements palestiniens. Le Fatah, de Mahmoud Abbas, est englué dans des négociations sans perspectives où, à défaut de tirer définitivement le constat d’échec, il est condamné à une fuite en avant permanente. La confrontation avec le Hamas a été très largement voulue par les dirigeants palestiniens, à l’image du très controversé Mohamed Dahlane, plus homme de main des Américains que militant palestinien. Elle a été le cul-de-sac dans lequel les responsables palestiniens se sont enfermés. Le Hamas, de son côté, subit, depuis le rétablissement de la dictature en Egypte, le plus grand des encerclements. Ghaza, qu’il contrôle, étouffe littéralement, les militaires égyptiens s’étant attaqués aux tunnels qui étaient le véritable poumon économique.

Les deux parties semblent aller dans le sens de la réconciliation en raison de leurs propres faiblesses. Mais si le Hamas concède à Mahmoud Abbas une légitimité à diriger le gouvernement, il n’est pas certain que les dirigeants de Ramallah, qui savent que l’unité palestinienne est indésirable à Tel-Aviv comme à Washington, ne cèderont pas à des pressions pour empêcher sa traduction réelle. C’est bien cette extrême dépendance des dirigeants de l’Autorité palestinienne à l’égard de Washington, leur souci obsessionnel de ne pas déplaire aux dirigeants américains, qui empêche de dire que l’événement est «historique». Cela n’est qu’un petit pas dans la bonne direction. Et les Palestiniens qui sont sortis, spontanément, pour exprimer leur joie à Ghaza et ailleurs le montrent clairement.

Cette ébauche de réconciliation nationale a été attendue trop longtemps. Les dirigeants politiques ont trop tardé à aller vers ce qui était une évidence pour la majorité des Palestiniens : rétablir l’unité autour de la défense des droits nationaux. S’il est évident qu’une négociation sera nécessaire, à un moment ou un autre, il est non moins clair que la division entre les Palestiniens affaiblit considérablement leur capacité de traiter. Rétablir l’unité nationale est de ce fait un acte de résistance primordial. Ce n’est pas encore acquis. Ce n’est qu’un petit pas qui a été fait à Ghaza. Il faudra de la volonté et de la fermeté des deux grands mouvements pour tenir et le transformer en acquis politique. «Les grandes métropoles s’affligent quand un camp de réfugiés esquisse un sourire», disait Darwich. Hier, les camps de réfugiés souriaient. Les grandes métropoles doivent préparer la punition !


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