DzActiviste.info Publié le lun 12 Mai 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-05-12 14:00:00

Partager

Le boycott, l’Iran et ses alternatives stratégiques 

 

 


IRIB – Selon le journal britannique Guardian, l’escalade des tensions russo-occidentales profiterait

à l’Iran, en rapport avec les négociations nucléaires et dans le sens d’écarter les impacts des sanctions. Les dires des responsables iraniens transmettent un message, en ce sens que le pays aura beaucoup de solutions de remplacement stratégiques, au cas où les sanctions ne sont pas levées. Plus de détails, dans une note de l’agence Tasnim dont voici, dans les lignes qui suivent, la version française.

 » « La crise ukrainienne a renforcé le poids de l’Iran dans les négociations nucléaires et en général, dans les interactions avec l’Occident. Ce pays pourra rappeler aux Occidentaux sa capacité à devenir une source de remplacement aux ressources énergétiques de la Russie, au cas où les Occidentaux perdent toute leur confiance en Moscou des suites de la crise en Ukraine. » C’est l’essence d’une analyse établie par le Guardian, sur fond des estimations des responsables d’Etat et des experts basés à Téhéran. Tout en se réservant l’initiative de jouer avec la carte russe, le gouvernement iranien insiste pourtant sur ses relations étroites avec le Kremlin, comme un instrument pour réduire les impacts des sanctions occidentales.
« Les pays occidentaux sanctionnent la Russie ; c’est donc la Russie qui est devenue maintenant le mauvais pays !…Cette question a pourtant amélioré la situation pour les négociateurs nucléaires iraniens. Le temps agit en notre faveur. Si nous restons suffisamment dans cette situation, tout s’avérera en notre faveur », a affirmé Amir Mohebbian, un conseiller du Président iranien. L’expert des questions internationales à l’Université de Téhéran, Mohammad Marandi estime que si l’Iran n’est plus sanctionné, les Européens auront naturellement plus d’options pour s’approvisionner en énergie ; « en même temps, Hassan Rohani pourra plus s’approcher de la Chine et de la Russie, si les sanctions se poursuivent. » Selon le vice-ministre des Affaires étrangères et membre de la délégation négociatrice iranienne dans les pourparlers avec les 5+1, Madjid Takht-Ravantchi, l’Iran et l’Europe sont capables naturellement de mener une beaucoup meilleure coopération  dans le domaine de l’économie, du commerce et de l’énergie ; « Nous avons la conviction que les moyens d’étendre ces liens existent », précise le vice-ministre des Affaires étrangères iranien.
Les chiffres sur la quantité des ressources d’énergie iraniennes et la possibilité d’en faire profiter les Occidentaux illustrent de la meilleure manière les potentialités de l’Iran pour devenir une source énergétique de remplacement pour l’Europe. L’Iran est le 3ème grand producteur du pétrole à l’OPEP après le Venezuela et l’Arabie saoudite. Ce pays dispose d’environ 13% des ressources de brut du monde et occupe la deuxième place sur la liste des grands détenteurs des ressources gazières. Malgré les restrictions liées aux sanctions, Téhéran accueillait la semaine dernière l’exposition internationale du pétrole, du gaz, du raffinage et de la pétrochimie, à laquelle avaient participé 1800 compagnies dont 600 compagnies étrangères de 32 pays y compris les Etats-Unis et la Grande Bretagne.
A noter, aussi, que la Chine est l’une des meilleures clientes du pétrole iranien. Ce pays doit actuellement 22 milliards de dollars aux Iraniens, pour l’achat du pétrole et du gaz, une somme qu’il ne peut pas liquider en raison des sanctions financières. Les reportages publiés la semaine dernière à Pékin montrent que la Chine envisage d’investir l’équivalent de cette somme dans les projets hydroélectriques de l’Iran.
Un troc semblable est en passe d’être signé avec la Russie, et qui exige que ce pays, en échange de l’énergie qu’il achètera aux Iraniens, exporte de l’électricité, des réseaux de transfert et même des centrales électriques, à l’Iran.
Simultanément avec l’escalade de la crise en Ukraine, le Président iranien Hassan Rohani a plaidé, le mois dernier, pour les relations avec la Russie, pour dire que les fortes relations politiques bilatérales et en ce qui concerne les questions régionales et internationales, conjuguées aux vastes liens économiques existant entre les deux pays, avaient préparé le terrain à avancer dans le sens de la paix et de la stabilité. Le message de Rohani aux Occidentaux était clair : si un accord ne s’obtient pas pour mettre fin aux sanctions, l’Iran aura beaucoup d’autres alternatives qui pourraient ne guère être au goût des Américains, Britanniques et autres… »


Nombre de lectures: 122 Views
Embed This