DzActiviste.info Publié le lun 12 Mai 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-05-12 18:55:00

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Les services de renseignement en voie de restructuration


Quel avenir pour le DRS ?

 

 

 

 

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le 12.05.14 

   Siège du ministère de la Défense nationale.

zoom | © Souhil. B.

Siège du ministère de la Défense nationale.


Pour vendre l’idée, confuse, de passage vers un Etat «civil», les partisans de Abdelaziz Bouteflika ne lésinent pas sur les moyens.

A commencer par l’organisation de fuites sur certains sites médiatiques pour vendre l’option d’introduire, dans la future Constitution, un article portant sur la redéfinition des missions des Services secrets. La rumeur, qui supplante une information rarement fournie par les autorités à cause notamment de la sensibilité du sujet, prête au président de la République les velléités de restructurer «profondément» les puissants services de renseignement. D’autres sources, relayées par des médias électroniques, évoquent la «dissolution» pure et simple de la «police politique», dont l’existence légale n’a jamais été admise bien que décriée par l’opinion publique et la classe politique.
Depuis que le chef de l’Etat a décidé, en septembre 2013, de déposséder le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) de certains de ses services, notamment ceux de la presse et de la police judiciaire, on susurre, dans des salons feutrés de la capitale, que la prochaine «victime» de cette réorganisation d’un corps qui suscite autant de fantasmes que d’appréhensions est le général Mohamed Mediène, dit Toufik, en personne. «Une option très possible», explique l’ancien général Hocine Benhadid, contacté hier par téléphone. «Maintenant qu’il (le général Toufik) a été passif, il peut même être mis à la retraite ou renvoyé chez lui !», dit le retraité de l’ANP qui avait fait une vigoureuse incursion médiatique très commentée lors de la précampagne pour la présidentielle.
Ce dernier confirme, à demi-mot, l’existence d’une restructuration de ce département qui relève du ministère de la Défense : «Je sais que Gaïd Salah (chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, ndlr) s’apprête à envoyer beaucoup d’officiers à la retraite. Mais ce ne sera pas facile pour lui.»
La police politique dépend de la Présidence
Selon certaines indiscrétions, le chef de l’Etat s’apprêterait donc à introduire, dans la prochaine révision de la Constitution, un article qui portera sur le rôle des services secrets. Il s’agirait de la restructuration qui vise à «éloigner» de la vie politique ce service dont la mission devrait être confinée à «protéger» le pays contre toute agression. Pour opérer cette mue, un service serait particulièrement visé. Il s’agirait de la Direction centrale de la sécurité intérieure (DCSI). Ce sont les agents qui travaillent pour le compte de cette aile qui sont envoyés dans différentes entreprises et autres institutions pour s’acquitter de la mission de surveiller tout ce qui s’y passe.
Or, cette direction dépend, depuis 1989, de la présidence de la République. Après les événements d’Octobre 1988, le président Chadli Bendjedid, qui avait nommé Mohamed Betchine chef des Services secrets, avait fait rattacher la DCSI à la Présidence. «Les prérogatives de sécurité de l’Etat relèvent aussi des politiques et ces derniers doivent assumer pleinement leurs responsabilités», rappelait, dans ce sens, le général Khaled Nezzar, lors d’une récente intervention télévisée. Cela confirme que le chef de l’Etat peut revoir la restructuration des Services sans passer par un référendum populaire.
Evoquant les récents changements opérés dans ce corps de sécurité, un officier militaire à la retraite, qui a requis l’anonymat, affirme que «l’important fut de l’avoir éloignée de l’armée, qu’importe de qui la DCSI dépendra à l’avenir, l’essentiel est de rappeler tous les militaires se trouvant au niveau des entreprises et c’est à ce titre que nous pourrons dire que l’armée a été éloignée de la politique».Si la restructuration du DRS peut être opérée par simple décret, lier une telle opération à une révision de la Constitution relève du mystère. «Nous allons vers un Etat de droit», aime à rappeler Amar Saadani, secrétaire général du FLN, premier à lancer cette croisade contre le patron du DRS.
Ne s’agit-il pas d’une simple opération de diversion qui vise à détourner l’attention sur une éventuelle difficulté de trouver un consensus politique pour faire passer la nouvelle Constitution ? Une option plausible. Surtout que le plan de restructuration de l’armée, et en particulier du DRS, serait fin prêt depuis plusieurs années déjà !

Ali Boukhlef


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