DzActiviste.info Publié le jeu 15 Mai 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-05-15 07:29:00

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Syrie – Ukraine: La grande Russie de retour 
 
 
 
 

par Kharroubi Habib

L’Union européenne et les Etats-Unis mènent une grande et hypocrite compagne contre les référendums organisés dans l’est et le sud de l’Ukraine par les activistes prorusses et déclarent ne pas en reconnaître les résultats dénoncés par eux comme «illégaux» en vertu du droit ukrainien». Or ce droit, ce sont précisément l’Union européenne et les Etats-unis qui ont été les premiers à le fouler aux pieds. Par la reconnaissance et le soutien qu’ils ont accordés à un mouvement insurrectionnel qui a jeté bas un pouvoir ukrainien à la légitimité pourtant consacrée par lui, ils se prétendent les défenseurs de l’unité de l’Ukraine alors qu’ils ont pris position de manière flagrante en faveur d’une partie de la population contre l’autre et s’indignent que la Russie en ait fait de même. Cette unité de l’Ukraine dont ils défendent le maintien a bel et bien volé en éclats pour tenter d’exorciser cette issue inéluctable, l’Union européenne et les Etats-Unis en appellent à une élection présidentielle en Ukraine dont la tenue est censée conférer la légitimité à l’autorité qui en sortira pour éviter au pays la partition qui est déjà à l’œuvre. Mais, si les activistes pro-russes ayant organisé des référendums dans l’est et le sud du pays sont «illégaux» en vertu du droit ukrainien, les autorités de Kiev qu’ils encouragent à organiser l’élection présidentielle ne le sont pas moins. Elles sont non seulement illégales mais sous influence de formations et groupuscules nationalo-fascistes, ce qui apparemment ne pose pas problème aux vertueuses démocraties que seraient les puissances européennes et les Etats-Unis. Que l’Union européenne et l’Amérique le veuillent ou non, l’unité de l’Ukraine telle qu’elle a été depuis la séparation du pays d’avec la Fédération de Russie est bel et bien morte et enterrée. Ils auraient pu l’empêcher en retenant leurs protégés et en leur faisant accepter d’entrer dans une négociation pacifique ukraino-ukranienne sur de nouvelles modalités de son maintien. Ce que la Russie n’a eu de cesse de préconiser dès les débuts de la crise ukranienne. Au lieu de cela, l’Europe et l’Amérique n’ont eu cesse d’attiser les antagonismes entre leurs protégés pro-européens et les pro-russes. Ils n’ont même pas dissuadé les autorités usurpatrices de Kiev d’envoyer l’armée contre leurs adversaires. Il en résulte un bain de sang qui rend maintenant presque impossible l’option de construction d’un état ukrainien fédéral pouvant préserver l’unité géographique du pays.

La crise ukrainienne n’était pas inéluctable. Elle aurait été circonscrite puis réglée si les Occidentaux n’avaient pas cyniquement joué aux pyromanes puis crié au feu en mettant la Russie en accusation. Cette crise et avant elle celle de la Syrie ont permis à la Russie de démontrer son retour dans le club des acteurs-clefs de la scène internationale. Une Russie qui, un temps affaiblie, a dû faire le dos rond face à l’arrogance conquérante des Etats-Unis et de ses alliés européens. Dans les deux cas elle a signifié à ces puissances que ce temps est révolu. Poutine est déterminé à mettre un terme à l’expansionnisme de l’Otan à l’est de l’Europe qui n’équivaut à rien d’autre qu’à l’encerclement de la Russie et au rôle qu’elle a joué dans les «révolutions» coloriées ou «printanière» qui ont eu pour cibles des états et régimes auxquels Moscou était lié par ses intérêts stratégiques d’ordre géopolitique et économique. Il y a que les médias occidentaux qui «s’effraient» sur ce retour de puissance de la Russie et persistent à la présenter comme une menace pour la paix mondiale alors qu’au contraire il en est une garantie puisqu’il oblige l’Occident à comprendre que l’époque de faire cavalier seul dans la gouvernance des affaires du monde est révolue.


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