DzActiviste.info Publié le sam 17 Mai 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-05-17 20:19:00

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Qui soutiennent les dictatures arabes, les islamistes ou les démocrates?

 

 

 

2dr58wedfo52
aetert687ertLa question oiseuse en titre prête à sourire dans un pays où l’islamisme a été depuis longtemps le principal, voire l’unique adversaire du pouvoir. Dernièrement, à la faveur du printemps arabe, un tsunami islamiste a déferlé sur la région avec les conséquences désastreuses que l’on sait. On ne s’imaginait pas un jour que quelqu’un puisse soulever une telle question tant les faits sont évidents et criards. Qu’il s’agit de l’Égypte, de la Libye (révolution appelée parfois «Allahou akbar»), de la Tunisie, de la Libye, du Maroc, etc., la vague verte à submerger tout. L’évidence est telle que son rappel relève du poncif éculé. Alors, dire que « l’actualité […] nous enseigne que les forces intégristes sont plus enclines à sauver les dictatures qu’à accompagner les ouvertures démocratiques » devient une hérésie et n’a d’autre sens, aux yeux des observateurs et autres politologues sérieux, qu’un déni de l’histoire et un déni d’existence. Des dénis muent par un sectarisme rétrograde et une haine pathologique de l’autre. L’endémie arabe qui divise un seul peuple en entités rivales si violentes que la stabilité de l’État en devient une chimère entretenue cahin-caha par la violence du pouvoir. Le pays n’est alors plus un espace de vie commune, mais une ensemble de champs de batailles sanglantes.
Djaffar Tamani, l’auteur du déni, ne s’en formalise pas outre mesure. Le mot terrorisme et sa genèse peuvent à eux seuls détruire sa thèse. Il n’y a pas un historien qui ignore que les islamistes sont le mouvement qui a le plus souffert des dictatures arabes et que si le printemps arabe a fait long feu, c’est justement parce qu’il a permis aux islamistes de le confisquer… par la loi du plus grand nombre. Il n’y a pas un historien crédible qui nie le lien fatal entre les laïcs et la junte militaire algérienne et tunisienne par exemple. En Egypte, le lien ets encore plus flagrant. Tous les «démocrates» sans exceptions se sont mis au garde-à-vous. Mais comment un laïc peut-il salir autrement un adversaire redoutable quand tous les artifices ont été usés jusqu’à la corde et ne font plus recette ? Comment convaincre les nouveaux démocrates, qu’il est dangereux de s’allier avec des islamistes remodelés, aguerris ou acquis aux lois de la démocratie ? On invente ce qu’on peut. Des sornettes et des salades, sans rougir. C’est une affaire de style et de prestidigitation.
Dire des non-sens, des mensonges, des grossièretés ou des inepties dans les médias algériens n’a jamais soulevé les indignations. Ou bien rarement. Entre fous, on se comprend, on se dit tout, on se crache dessus et dans un mouvement d’ensemble en tourne en rond. Dans le sens contraire du temps. Monsieur Tamani n’est pas dans un asile psychiatrique, mais à El Watan, il publie ses opinions comme bon nombre de ses collègues. Dès qu’un journaliste commence à s’illustrer, il s’écarte de sa mission et devient chapelle d’une idéologie ou une tribune d’un parti, du pouvoir ou d’un parti-pris quelconque. Rarement de la stricte vérité ou du bon sens. Vu l’anarchie régnante et les mélanges du genre, les théoriciens du journalisme doivent revoir leur copie. Ils sont appelés à codifier de nouveaux standards à ce sujet. Il est peut-être temps de distinguer le statut d’un journaliste pur qui se contente d’informer et rapporter les faits comme ils se présentent, et le statut d’un chroniqueur aux orientations politiques et religieuses bien établies qui servira les faits après les avoir assaisonnés avec sa propre sauce qui n’est pas du goût de tout le monde…
 http://www.elwatan.com/edito/le-dernier-ete-12-05-2014-256855_171.php


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