DzActiviste.info Publié le sam 31 Mai 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-05-31 19:47:00

Partager

 

Le roi Mohammed VI en visite hier en Tunisie

Les Marocains cherchent-ils à «marquer» Alger ?

 

 

 

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 31.05.14 

   Le roi Mohammed VI cherche à placer de nouvelles entreprises marocaines en Tunisie       

Le roi Mohammed VI cherche à placer de nouvelles entreprises…

Rabat craint que le nouveau rapprochement tuniso-algérien ne se fasse à ses dépens et le monarque vole, lui aussi, au secours de l’économie tunisienne.

Le monarque marocain,  Mohammed VI, est arrivé hier à Tunis pour la 1re fois depuis l’avènement des rvoltes arabes. Au-delà de la signature d’accords bilatéraux dans les secteurs public et privé, que vient chercher Mohammed VI derrière sa visite en Tunisie ? Le roi du Maroc est accompagné lors de sa visite en Tunisie d’une délégation comprenant une centaine d’hommes d’affaires qui ont déjà participé, jeudi, au Forum économique tuniso-marocain, tenu sur le thème «Des synergies à bâtir au service de la croissance et l’emploi». Le volet du renforcement de la coopération bilatérale est par ailleurs le principal point apparent à l’ordre du jour de la visite du monarque marocain.
En effet, Hichem Loumi, le vice-président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) parle de trois thèmes, à savoir «l’évaluation des économies des deux pays, les opportunités d’investissement et surtout la complémentarité en matière de croissance et d’emploi». «On vise à faire de la Tunisie un hub régional, une plate-forme de correspondance, dans le but d’optimiser les marchés voisins», a-t-il précisé, en affirmant que l’objectif est de faire de «Tunisie-Maroc une plateforme compétitive pour l’internationalisation des entreprises du Maghreb».
«Se partager le gâteau»
Tout ceci est beau, mais ce n’est sûrement pas l’unique objectif du Maroc derrière ce premier déplacement de Mohammed VI dans un pays sur lequel a soufflé le «printemps arabe ».  De l’avis de tous les observateurs, Rabat suit avec prudence le réchauffement de l’axe Tunis-Alger, suite à la venue de Mehdi Jomaâ au pouvoir en Tunisie, surtout après le récent soutien financier apporté par le gouvernement algérien à son voisin de l’Est. Les relations tuniso-algériennes étaient plutôt au frigo pendant la gouvernance de la «troïka», dirigée par les islamistes d’Ennahdha. Plus encore, le président tunisien, Moncef Marzouki, se reconnaît une descendance marocaine dans la mesure où il a de la famille installée au Maroc et que son père y soit décédé et enterré. Donc, Rabat craint que ce nouveau rapprochement tuniso-algérien ne se fasse à ses dépens et le monarque vole, lui aussi, au secours de l’économie tunisienne.
Faute de financements, comme l’avait fait Alger, Rabat offre d’aider à faire de Tunis un hub régional et une plate-forme de correspondance vers les pays voisins, notamment l’Afrique occidentale, soit le même objectif préconisé par les Marocains. «Le Maroc propose de nous allier pour se partager le gâteau et damer le pion aux Européens, au lieu de se casser la figure l’un de l’autre», ironise un homme d’affaires tunisien, qui veut garder l’anonymat.
En contrepartie, Rabat souhaiterait des facilités pour ses financements en Tunisie, notamment via Attijariwafa Bank et sa filiale tunisienne Attijari Bank. On parle des désirs marocains de s’octroyer certaines entreprises saisies aux barons du régime de Ben Ali. Il est à souligner qu’actuellement, 100 sociétés tunisiennes sont implantées au Maroc, contre 30 sociétés marocaines installées en Tunisie. Les échanges commerciaux sont encore très faibles. Le total ne dépasse pas les 250 millions d’euros dans les deux sens, malgré l’affiliation des deux pays à l’accord d’Agadir d’échanges commerciaux.
 

Mourad Sellami
 
Commentaire:
   A.Dehbi   le 31.05.14
Un glacis criminel de 40 ans !

Si au lieu du régime militaro financier mafieux et corrompu en place, notre pays avait à sa tête un vrai pouvoir politique légitime, celui-ci mis à profit l’aisance financière de l’Algérie, pour venir en aide massivement à la fois à nos frères tunisiens et à nos frères marocains. Non pas sous forme de dons, mais sous forme de prêts à long terme et sans intérêts, ou sous forme d’importants dépôts de caution – de l’ordre de 5 à 10 Milliards de Dollars – dans leurs Banques Centrales respectives à Tunis et à Rabat, pour soulager leurs situations financières.

Un geste qui aurait largement démontré le sens de la solidarité maghrébine de l’Algérie et certainement contribué à débloquer cette maudite situation de glacis politique et psychologique qui empoisonne les relations entre l’Algérie et le Maroc, dont les deux gouvernements – et en particulier le nôtre – sont moralement responsables des indicibles souffrances humaines que subissent depuis bientôt 40 ans, nos deux peuples pris en otage par leurs deux gouvernements respectifs, toujours aussi prompts à faire preuve de surenchère « nationaliste – za3’ma – vis-à-vis du frère et voisin, qu’à plier l’échine devant les manipulations de la haine et de la division, susurées par l’ex puissance coloniale.


Nombre de lectures: 231 Views
Embed This