DzActiviste.info Publié le mer 4 Juin 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-06-04 11:57:00

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Des acteurs politiques aux réflexes identiques
 
 
 
 

par Kharroubi Habib

Le pouvoir pense que les partis et personnalités qu’il a conviés à participer aux consultations autour de la révision de la Constitution constituent un éventail représentatif des courants d’opinions entre lesquels se partage la société algérienne et qu’ainsi donc la somme de leurs avis et propositions reflèteront au plus près possible ses demandes et attentes liées à cette révision. Ce qui n’est pas du tout le point de vue des citoyens en voyant qui défilent chez Ahmed Ouyahia. Certes, ce sont toutes des personnalités partisanes ou nationales respectables. De là pourtant à considérer que ce qu’elles ont dit ou diront au directeur de cabinet de la présidence est ce que ces citoyens veulent, il n’y a que le pouvoir qui feint de le croire.

La réalité est que le grand absent du prétendu dialogue que le pouvoir a engagé sur son projet de révision de la Constitution est le peuple algérien lui-même. L’on ne peut en effet soutenir qu’il y est associé au travers des partis et personnalités conviés. Si l’intention du pouvoir avait été de prendre l’avis du peuple, la solution aurait été qu’il soumette à consultation populaire son projet qui ne soit pas confinée à la seule participation d’invités qui répétons-le ont vocation à y prendre part mais ne sont nullement habilités à parler au nom du peuple dans son entier.

Cette mise à l’écart du peuple sur des problèmes qui concernent son avenir au premier chef n’est pas le fait du seul pouvoir. L’opposition qui rejette la démarche du pouvoir dans sa tentative de traitement de la crise politique en fait de même. Celle qui a rédigé une plateforme politique censée cadrer un projet de transition démocratique, a opté pour la soumettre à un aréopage de personnalités dont là aussi la respectabilité n’est pas en cause, mais le doute permis sur leur prétention à parler au nom du peuple.

Tant du côté du pouvoir que de celui de l’opposition, l’on prétend agir dans le sens voulu par les citoyens, que l’initiative dont ils sont le promoteur respectif répond à l’attente de ces citoyens. Mais les deux sont enfermés dans des tractations dont les protagonistes sont pour le premier des chefs de partis et des personnalités appartenant ou proches du sérail, pour la seconde des hommes d’appareils partisans et des personnalités dont l’influence auprès de l’opinion reste à démontrer.

Quand on sait que les citoyens ont à tort ou à raison opté pour n’avoir confiance ni dans le pouvoir ni dans l’opposition, l’on se s’étonne pas qu’ils accueillent avec méfiance ce que sont en train de « mijoter » chacun dans son coin ces deux pôles de la scène politique. Le pouvoir le sait et ne va certainement pas soumettre à référendum son projet de révision de la Constitution auquel les consultations limitées auxquelles il donne lieu ne donneront aucune crédibilité consistante aux yeux des citoyens. Le problème qui se posera à l’opposition sera celui de mobiliser ces mêmes citoyens autour de sa plateforme politique dont elle a, elle aussi, tenu le peuple à l’écart de la réflexion et de la proposition sur son contenu. Les Algériens n’ont finalement pas tort en revendiquant en même temps et le changement de pouvoir et un renouvellement radical du personnel politique y compris dans les rangs de l’opposition.


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