DzActiviste.info Publié le dim 8 Juin 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-06-08 08:21:00

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Washington, grand perdant du jeu ukrainien 

 

 

 

IRIB– L’objectif principal des Etats-Unis était de repousser la Russie et de garantir sa présence militaire à long terme en Ukraine. 

Le principal objectif de l’intervention politique des Etats-Unis en Ukraine était de repousser la Russie de ce pays et de pouvoir instaurer sa présence militaire à long terme dans ce pays. Cependant, les évolutions qui se sont produites sur le terrain, et le jeu politique et militaire du président russe Vladimir Poutine à l’égard de la crise ukrainienne ont fait de Washington le grand perdant du jeu du pouvoir en Ukraine. Les Etats-Unis sont l’un des acteurs principaux de la crise en Ukraine. En 2004, la Maison Blanche avait déjà joué un rôle déterminant dans la révolution orange en soutenant les courants pro-occidentaux et antirusses. Finalement, les Etats-Unis ont réussi à installer un gouvernement pro-occidental à Kiev. Dans la crise actuelle de l’Ukraine, les Etats-Unis ont de nouveau soutenu ouvertement les agitations et le mouvement pro-occidental qui a fini par renverser le gouvernement du président Viktor Ianoulovitch. Le principal objectif de l’intervention politique des Etats-Unis en Ukraine était de repousser la Russie de ce pays et de pouvoir instaurer sa présence militaire à long terme dans ce pays. Cependant, les évolutions qui se sont produites sur le terrain, et le jeu politique et militaire du président russe Vladimir Poutine à l’égard de la crise ukrainienne ont fait de Washington le grand perdant du jeu du pouvoir en Ukraine. Nous pouvons avancer plusieurs arguments pour prouver cette constatation :
1- Le gouvernement américain se présente toujours comme le grand défenseur de la démocratie et de l’Etat du droit dans le monde. Pourtant, il paraît que les dirigeants américains auraient oublié que le gouvernement du président Victor Ianoukovitch était élu démocratiquement suite à une élection dont la conformité à la loi avait d’ailleurs été reconnue par la maison Blanche. Cette approche contreproductive adoptée par les Etats-Unis montre que si un gouvernement démocratiquement élu dans un pays prenait position contre ce que la maison Blanche considère comme contraire aux intérêts des Etats-Unis, Washington n’hésiterait pas à essayer de le renverser. Par conséquent, la politique américaine à l’égard de l’Ukraine a mis de nouveau sérieusement en doute les prétentions des dirigeants américains concernant leur soutien à la démocratie et à l’Etat du droit.
2-Dès la prise du pouvoir en Ukraine par les opposants pro-occidentaux au gouvernement de Victor Ianoukovitch, le président des Etats-Unis, Barack Obama, annonçait que l’Ukraine ne deviendrait pas le théâtre des rivalités comparables à celles de l’époque de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. Il prétendait d’ailleurs que le président russe Vladimir Poutine n’avait pas à considéré le renversement du gouvernement d’Ianoukovitch à Kiev comme une défaite politique et stratégique pour Moscou. Mais après l’installation des forces militaires russes en Crimée, Obama a averti que l’intervention militaire de la Russie en Ukraine pour avoir des coûts incalculable pour Moscou. Mais en réalité, la Maison Blanche s’est avérée incapable d’imposer de coûts vraiment colossaux au Kremlin, et n’a pas réussi à persuader les Russes à se retirer de la Crimée. Selon des experts, c’est un signe de la dégradation de la puissance hégémonique des Etats-Unis à l’échelle de la planète.
3- L’option choisie par les dirigeants américains au sujet de la crise ukrainienne consistait à établir l’équilibre stratégique des forces. Selon ce plan, Washington a utilisé la situation générale de la région pour développer sa domination hégémonique, tout en essayant d’empêcher les activités des courants et des forces qui pourraient y menacer les intérêts des Etats-Unis. Néanmoins, les évolutions sur le terrain, surtout le rattachement de la Crimée à la Russie ont prouvé que la Maison Blanche s’était trompée dans ses calculs initiaux, et qu’elle n’avait pas envisagé une réaction ferme de la part du Kremlin. L’échec des Américains était d’autant plus grand que non seulement ils ont échoué à établir l’équilibre stratégique qu’ils souhaitaient, mais que la balance à penché, par contre, en faveur de la Russie.
4- Les Etats-Unis insistent désespérément sur la nécessité de la coopération des puissances européennes pour résoudre la crise en Ukraine. Mais, parmi les pays européens, il y a l’Allemagne qui essaie encore à préserver ses relations amicales avec Moscou. Les dirigeants allemands savent très bien que l’Occident aurai encore besoin des aides et du soutien de la Russie pour résoudre plusieurs dossiers internationaux dont le dossier du programme nucléaire civil de la république islamique d’Iran, le dossier de la sécurité en Afghanistan et le dossier de la crise syrienne. Sur cette base, il paraît clairement que Berlin n’est plus sur la même longueur d’onde avec les Etats-Unis et les autres capitales européennes au sujet de la crise ukrainienne, voulant préserver son statut de partenaire fiable de la Russie. En outre, la France semble ne plus suivre les Etats-Unis avec conviction. N’oublions pas que les Etats-Unis n’ont même pas réussi à persuader les dirigeants français de ne pas livrer deux navires de guerre Mistral à la marine russe : en réalité, Paris ne veut pas perdre sa crédibilité commerciale d’une part, et de l’autre la France compte les revenus des contrats d’armements et d’équipements militaires pour améliorer sa situation économique.
5- L’un des buts de la Maison Blanche était d’absorber l’Ukraine dans la stratégie générale de l’OTNA. Les Américains songeaient à l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique à long terme. Mais ce qui s’est passé en Ukraine a rendu quasiment impossible la réalisation d’un tel dessein. D’autant plus que si les deux régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk se rattachaient, comme la Crimée, à la Russie, l’Ukraine perdrait son intérêt géopolitique pour l’OTAN. Il est à noter que la Russie a ait comprendre aux dirigeants de Kiev que le non rattachement de Donetsk et de Lougansk à la Russie dépendrait des garanties données par Kiev de ne pas adhérer à l’OTAN, chose dont la réalisation serait un autre échec stratégique pour les Etats-Unis de Barack Obama.


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