DzActiviste.info Publié le jeu 12 Juin 2014

ELWATAN-ALHABIB 2014-06-12 07:23:00

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LA TRANSITION, SELLAL ET L’ARMEE 
 
 
 
 

par Moncef Wafi

« Historique», c’est l’épithète qui revient le plus souvent pour qualifier la conférence nationale sur la transition de ce mardi qui a réuni, et pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, une opposition en ordre de marche, toutes tendances politiques comprises. Démocrates, républicains, islamistes ou sans chapelle politique, l’opposition algérienne a réussi le pari de transcender toutes les divergences idéologiques et personnelles qui ont depuis toujours fait le lit du pouvoir en place.

Le message de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) et des autres personnalités et partis présents au rendez-vous est clair et sans ambages : le changement par la transition. Plus qu’une exigence, une épitaphe pour un système qui a réussi la gageure d’unifier une classe politique nationale, dite d’opposition, que tout divisait. L’opposition, en décidant de mettre ses divergences et les ego de ses chefs de côté, en appelle à l’ANP pour jouer un rôle, sinon LE rôle, dans cette transition «démocratique» et «pacifique» exigée. En mettant ainsi l’institution militaire au-devant de la scène, les partisans de la transition tentent de s’inscrire dans la logique des équilibres de force en Algérie et même s’ils ont l’intime conviction que la «grande muette» ne répondra pas à leur appel, ils espèrent qu’elle ne les contrariera pas, adoptant la neutralité dans ce qui s’apparente, d’ores et déjà, comme un bras de fer entre l’opposition et le gouvernement.

L’autre béquille sur laquelle prétend se reposer l’opposition est la mobilisation et l’adhésion citoyenne pour mener à bien le projet de la transition. A propos de la position du peuple, le représentant de Djil Djadid dira que «c’est lui qui va faire changer les rapports de force». Le Premier ministre Sellal a été très clair à ce sujet puisqu’il a qualifié la transition de «faux problème», excluant également le retour de l’ex-FIS, dont des dirigeants étaient présents à la conférence de la CNLTD. Et comme pour mieux souligner son refus à une quelconque transition, il a affirmé que la dissolution de l’APN n’était pas non plus dans l’agenda gouvernemental. Des réponses indirectes à la plateforme portant organisation de la transition, véritable feuille de route de l’opposition pour prétendre à un changement du système actuellement en place. Sellal, à travers ses «constantes», répond également à une interrogation de l’opposition sur la réaction du pouvoir face à cette démarche. Un point d’interrogation qui a déjà trouvé réponse dans l’esprit de tous les acteurs de la transition qui estiment que «le jeu est piégé» pour ne reprendre que les propos de Karim Tabbou.

De cette rencontre, les participants convergeront vers l’approfondissement du dialogue, l’enrichissement du projet de plateforme déjà mis en place ainsi que l’élaboration d’un document consensuel de référence à soumettre au pouvoir et à la société. L’opposition a aussi réaffirmé sa détermination à «poursuivre la lutte», manière d’inscrire dans la durée leur action politique. La réunion a débouché entre autres sur les traditionnelles mises en garde contre la corruption, le favoritisme et l’absence d’une vision économique. Dans les recommandations de la CNLTD, «la nécessité d’associer les femmes et les jeunes» dans cette transition et l’importan


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