DzActiviste.info Publié le mar 17 Sep 2013

En Algérie, la culture fossile continue d’éclipser les énergies renouvelables

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Ferhat Yazid, Maghreb Emergent, 15 septembre 2013

energies-renouvelables_940x705Les pouvoirs publics algériens sont dans des logiques d’urgence en matière de production d’électricité qui éclipsent le programme des énergies renouvelables au second plan. Au grand dam des experts algériens qui s’alarment d’une surexploitation des énergies fossiles.

Dans le plan de développement 2013-2017 de Sonelgaz en matière de production d’électricité dévoilé lors de la conférence de presse consacrée avant-hier à la présentation des projets en cours de réalisation, les énergies renouvelables ne semblent pas constituer une priorité. Le plan de développement qui s’étale sur 5 ans prévoit la réalisation d’une capacité totale de l’ordre de 18 344 MW. Les énergies renouvelables ne représentent que 600 MW, soit 3 % de l’ensemble des capacités de production d’électricité. Sonelgaz est en charge de la réalisation du programme national de développement des énergies renouvelables qui prévoit à l’horizon 2030 la production de 22 000 MW issus de l’exploitation des énergies renouvelables dont 10 000 MW destinés à l’exportation.

Ce plan du renouvelable lancé en 2011 devrait se réaliser en trois phases. La première (2011-2013), consacrée aux études et au lancement de projets pilotes ; la seconde (2014-2015), à la réalisation des premières installations, et la troisième (2016-2020), au lancement de l’industrie à grande échelle. «J’ai applaudi l’adoption du programme des ENR, mais le plan est resté au stade des déclarations. Il n’a pas connu de suite à mon avis », estime le directeur général de l’Agence nationale des changements climatiques (ANCC), Kamel Mostefa Kara.

Un objectif qui s’éloigne
Ainsi, au vu des projections de Sonelgaz, le plan du renouvelable ne dépassera pas la phase du lancement des projets pilotes d’ici 2017. Il est en effet attendu la réalisation d’une capacité de l’ordre de 500 MW d’électricité issue du photovoltaïques et 100 MW de l’éolien. L’objectif des 40 % d’électricité d’origine renouvelables destinée à la consommation nationale s’éloigne à mesure que la demande se fait pressante sur l’électricité. Celle-ci devrait encore augmenter d’environ 18 % sur la période 2013-2017, poussant le gouvernement à adopter un plan d’urgence de production d’électricité à partir des hydrocarbures au détriment des énergies renouvelables. En effet, sur les 18 344 MW prévus à fin 2017, 11 350 MW seront en cycle combiné (CC), 4 608 MW en Turbines à gaz (TG) fixes, 936 MW en TG mobiles et 1 050 MW de puissance récupérée (réhabilitation et puissance déclassée). Le plan des énergies renouvelables prévoit toutefois une économie de 600 milliards de mètres cubes de gaz. Ce qui représente près de 20 années de consommation nationale, estimée par le ministre de l’Energie et des mines, Youcef Yousfi à 31 milliards de m3 par an.

Encore du gaz pour produire de l’électricité
La demande en gaz est aussi en augmentation constante de 2 milliards de m3 annuellement, selon le même responsable, qui mise encore sur le « potentiel » gazier de l’Algérie pour compenser l’amenuisement des réserves « prouvées », en déclin. L’Algérie dispose d’environ 4 000 milliards de m3 de réserves de gaz naturel actuellement et produit annuellement environ 80 milliards de m3. Ce qui représente 50 années de production. Le recours au gaz pour la production de l’électricité est en partie responsable de l’augmentation de la demande. De nombreux experts ont alerté les autorités sur le danger que peut constituer l’exploitation massive des énergies fossiles sur l’avenir énergétique de l’Algérie. Des alertes sans grand écho chez les pouvoirs publics qui continuent à accorder peu d’intérêts pour les énergies renouvelables. Manifestement, la « culture fossile l’emporte toujours sur le renouvelable » constate un observateur.


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