DzActiviste.info Publié le sam 13 Juil 2013

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cartes-postales-photos-Une-Rue-du-Village-Kabyle-Taourirt-Amokram-ALGERIE-TAOURIRT-AMOKRAM-99352-99-99352212-maxi« Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu’elle s’interdit. » (Oscar Wilde)

En réalité, depuis mon retour, il n’y a pas, par ici, les échanges que j’affectionnais tant ailleurs. Et depuis, de nouveau, mon acceptation dans le paysage local, je vis tranquille et assez réservé. N’ayant pas vraiment d’autres choix. Des gens comme moi, en nos contrées, il en existe certainement beaucoup. On ne fait que croiser, dans les rues, tous ces autres, qui ne peuvent rien pour nous. Comme l’on ne peut rien pour eux.
Pourtant, avant c’était assez différent ; l’état de manque ne nous gênait pas vraiment. On avait la force de notre jeune âge et la disponibilité, même dans nos pauvretés, aux doux liens de l’amitié qui faisaient toutes nos vies. On ne se souciait guère de ce qu’il avait par delà l’horizon ; on n’en faisait pas une obsession. Même si à force de lectures nous évoquions les pays de « libertés »
Je crois que l’exil m’avait assez changé. En pays européens il y avait possibilités de travail, de loisirs, et de liens amoureux. Bref ce qui fait la vie. Bien loin des refoulements et résignations du village qui m’avait vu naître.
Si dans notre village natal de Kabylie, on rêvait dans les quiétudes ; dans les villes européennes on essayait tant bien que mal de vivre. Je crois que je m’étais laissé aller, émerveillé devant tant de libertés occidentales.
De ceci, j’avais vécu très mal mon retour au bercail. Apres une décennie loin des miens. Pour être là sans vivre. Très effacé.
Je demeure encore dans les tourments de l’attente de vaines libérations, comme, le font, il me semble, beaucoup d’entres nous. Au lieu de me débattre, me débrouiller comme certains citoyens, insouciants du devenir du pays…
L’essentiel n’est il pas de vivre aujourd’hui, dans l’acceptation mutuelle avec les miens ? L’Algérie sera un havre de paix lorsque nous ferons l’effort à la courtoisie, à vouloir à son voisin ce qu’on se désire, à respecter la liberté de l’autre, comprendre que la notre s’arrête là où commence celle de l’autre. Ce que beaucoup de jeunes commencent à comprendre. Mobilisés contre certaines forces qui essayent de faire de nous des exilés en leur propre pays. La révolution utile et nécessaire, à défaut d’un retour à nos valeurs ancestrales, c’est la quête de libérations de tous les interdits et aussi de toutes les contraintes.

De Boghni le 13 juillet2013-07-13
Amokrane Nourdine


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