DzActiviste.info Publié le mer 28 Nov 2012

Encore un mandat pour les Boutef !

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Ca y est ! C’est parti ! Encore un mandat pour les frères Bouteflika.

       

Dans leur infinie mansuétude, les Algériens pensaient que Bouteflika ne finirait même pas son actuel mandat. Ils en étaient même arrivés à compatir à son état de santé. Ils spéculaient, tout naïvement, sur la suite des évènements, sur les candidats à la succession.

C’était compter sans l’épouvantable main-mise du régime sur ce genre de question. Les Algériens ont semblé oublier, le temps d’un flottement, que la désignation du Président de la République est du ressort exclusif du premier cercle mafieux, celui des vrais maîtres du pays.
Or, ceux-ci, depuis que les Boutef sont aux affaires, n’ont jamais été aussi gavés, ni pu se livrer à une telle prédation, sur les ressources du pays. Dans ces milieux là, on ne parle plus de millions de dollars, mais de milliards de dollars. Abdelaziz Bouteflika, la façade visible du régime, est le pater familias de toutes les faunes qui constituent les différents cercles du pouvoir. Et son frère, communément surnommé P’tit Saïd par les Algériens, est le chef d’orchestre, le véritable maestro, le maître du jeu, pour tout ce qui concerne le partage du butin, les grandes nomminations, la politique générale du pays.
Les deux frères se complètent si bien, et avec un tel brio, qu’ils ont réussi à capter l’essentiel du pouvoir réel. Ils ont réussi ce qu’aucun chef d’Etat, ni aucun autre baron du régime, avant eux,  n’a réussi jusque là.
Ils ont nommé plus de 150 généraux, des dizaines d’ambassadeurs iimportants, et surtout pris le contrôle sur les grands mécanismes financiers qui gèrent les entrées des ventes d’hydrocarbures. Ils sont les parrains les plus puissants du régime. Ils sont à tous les autres, ce qu’un général de Corps d’armée est à un caporal. Ce sont eux qui décident des parts de butin, qui désignent les terrains de chasse, les commissions dans les acquisitions des armements et des équipements militaires pour les uns, les monopoles non dits pour les autres, les attributions de grandes lignes de crédits, et autres grands privilèges du genre. Un signe de leur part, et c’est la mort politique pour n’importe qui, serait-il un général du DRS. Ce sont eux qui ont mis fin à l’influence sans partage du DRS, pour se l’approprier, et la mettre à leur seule dévotion. Le terrifiant Général Toufik leur mange dans la main.
Ils ont été servis par une conjoncture très particulière. Par un trésor qui leur est tombé dans le giron, et dont ils ont su contrôler tous les mécanismes importants.
Il était prévu que P’tit Saïd prenne le relais de son frère. Le scénario avait été concocté dans ses moindres détails. Mais le printemps des peuples l’a très sérieusement compromis, voire définitivement écarté.
Il a donc été décidé, en dernier ressort, malgré l’état de santé chancelant de l’aîné des Boutef, de le faire rempiler pour un autre mandat, mais de prolonger celui-ci à sept ans. Cela peut sembler complètement absurde, voire irréalisable. C’est pourtant que qui a été décidé. En attendant d’improviser, en marchant.
Pour l’heure, c’est le cap du premier cercle.
Les scandales qui éclatent ici et là sont dans la logique de ce qui se concocte.
Le Ministre de l’intérieur vient d’annoncer qu’une autre refonte de la Constitution est prévue, avant la fin de l’année. Elle aura pour principal objectif de prolonger le mandat présidentiel. C’est un signal destiné aux clientèles, pour qu’elles se mobilisent, qu’elles se constituent en comités de soutien, pour qu’elles battent le rappel des troupeaux.
Les clans et les côteries sont en effervescence. C’est le moment pour tous les opportunistes de se mettre en avant, de faire assaut d’amabilité en faveur des maîtres. C’est à qui fera le meilleur cirque, à qui précèdera les autres dans les opérations brosse à reluire qui vont être déclenchées. Hier, un député de Annaba, grand trabendiste devant l’éternel, s’est acheté toute une page sur El Khabar, pour la modique somme de 60 millions de centimes, une pécadille, juste pour supplier Boutef de rempiler à un troisième mandat. La kwada est en marche. C’est à qui en fera plus que tous les autres.
Et dans toutes ces frénétiques préparations, le peuple regarde passer les trains.

DB


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