DzActiviste.info Publié le ven 8 Fév 2013

Enquête en Italie : Chakib Khelil, le neveu de Bedjaoui et le pot-de-vin de 200 millions de dollars

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Où l’on reparle de l’ex-ministre Chakib Khelil et du neveu d’un autre ancien ministre. Paolo Scaroni, l’administrateur délégué d’Eni, fait l’objet d’une enquête liée à des investigations portant sur des contrats remportés en Algérie par le groupe parapétrolier Saipem avec la compagnie pétrolière Sonatrach. Selon les investigations du parquet de Milan, Paolo Scaroni a rencontré cinq fois dans un hôtel à Paris Farid Bedjaoui Noureddine pour évoquer un contrat dont l’appel d’offre avait été lancé en 2006.


« L’administrateur délégué fait l’objet d’une enquête dans l’affaire Saipem », a dit une des deux sources judiciaires qui se sont confiées à l’agence Reuters. Les sources ont précisé ce jeudi 7 février que des perquisitions avaient eu lieu au domicile et au bureau de Paolo Scaroni.
Pour obtenir en février 2007 auprès de Sonatrach le contrat Medgaz, à savoir la pose du gozoduc sous-marin, Saipem et ENI auraient payé à Pearl Partners Limited, une société intermédiaire basée à Hong Kong et dirigée par Farid Bedjaoui Noureddine près de 200 millions de pots-de-vin.
Cette coquette somme aurait été repartie entre responsables du gouvernement algérien et dirigeants de Sonatrach, selon divers journaux italiens.
Neveu de l’ex-chef de la diplomatie algérienne
Farid Bedjaoui Noureddine n’est autre que le neveu de l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui, déjà cité dans le scandale de corruption présumée liée au projet de l’autoroute Est-Ouest.
Selon les investigations des procureurs Fabio de Pasquale Giordano Baggio et Sergio Spadaro du parquet de Milan, Paolo Scaroni a rencontré cinq fois dans un hôtel à Paris Farid Bedjaoui Noureddine pour évoquer ce contrat dont l’appel d’offre avait été lancé en 2006.
Rencontre dans un hôtel parisien avec Khelil
A l’une de ces réunions assistait l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil. Une source qui s’est confiée au parquet de Milan indiquait que Paolo Scaroni avait pour habitude d’appeler ses intermédiaires algériens « les jeunes » et « les vieux ».
Le parquet de Milan avait ouvert en avril 2011 une enquête pour corruption présumée autour des activités de Saipem en Algérie après examen des comptes de cette entreprise.
Ces investigations entraient dans le cadre d’une enquête sur les activités internationale de Saipem qui a obtenu de nombreux contrats dans ce pays.
Le jackpot de Saipem en Algérie
En 2008, par exemple, cette filiale du groupe ENI avait décroché des contrats d’un montant de plus de 6,5 milliards de dollars avec Sonatrach alors qu’entre 2006 et 2009, le chiffre d’affaires de Saipem en Algérie se situait entre 15 et 20 milliards de dollars.
Le groupe a ainsi obtenu certains contrats dans des conditions douteuses, comme celui de la construction du gazoduc GK lequel fait actuellement l’objet d’une instruction judiciaire au tribunal de Sidi M’Hamed.
La relation privilégiée de Saipem avec Sonatrach aurait été rendue possible grâce à l’entregent des deux enfants de l’ex-PDG, Mohamed Méziane, les trois inculpés dans cette affaire.
Mais l’émergence aujourd’hui des noms de Farid Bedjaoui et de Chakib Khelil donne une autre tournure au scandale de corruption qui a touché dés janvier 2010 le groupe pétrolier algérien.
Farid Bejdaoui et le milliard de dollar placé à Dubaï par Khelil
Le nom de Farid Bedjaoui Noureddine est également paru dans le cadre d’un investissement d’un milliard de dollars placé en 2003 par Sonatrach par l’intermédiaire de Russell Investments, une société d’investissement spécialisée dans la gestion d’actifs, implantée au Moyen-Orient.
Or cet investissement est passé entre les mains de Rayan Asset Management, basée à Dubaï et gérée par Ziad Dalloul et Farid Bedjaoui Noureddine.
Selon Chakib Khelil qui a été interrogé sur les placements de Sonatrach à l’étranger en mai 2010 à l’Assemblée nationale, le capital « a été restitué et on a fait un gain de 600 millions de dollars sur cet investissement ».
Ces 600 millions de dollars ont-ils été réellement rapatriés en Algérie comme le prétendait l’ex-ministre ou ont-ils été placés dans des comptes à l’étranger?


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