DzActiviste.info Publié le ven 7 Déc 2012

ENTRE HANDICAP PHYSIQUE ET HANDICAP MORAL.

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A l’occasion de la Journée mondiale des personnes handicapées.

 

 

« Il nous appartient – sans jamais oublier que nul n’est à l’abri d’un handicap – d’aider les personnes handicapées à surmonter leur vulnérabilité et d’œuvrer à ce que leurs droits ne soient pas bafoués, en appuyant leurs organisations dans leurs combats quotidiens »

 

Par : Nourredine BELMOUHOUB*

 

Être handicapé dans un pays comme le nôtre n’est pas chose facile, en plus que chez nous, les personnes handicapées sont regrettablement mises au banc de la société, leur destination première, c’est la mendicité. Pour s’en rendre compte, il suffit d’arpenter les rues de la capitale en s’arrêtant de temps en temps au niveau de certains carrefours ou de faire un tour vers les marchés et certains lieux de culte… Ce n’est sans doute pas là leur place. Mais, que voulez-vous ? L’éducation des handicapés n’étant pas une priorité pour les autorités j’avoue que souvent,j’ai eu l’impression que ces autorités utilisent la vulnérabilité de ces personnes à d’autres fins à travers des actions d’éclat beaucoup plus pour tromper, que par un sens du devoir purement humain. Ce bref aperçu ne doit pas nous faire perdre de vue le combat quotidien que mènent certaines associations qui militent en faveur des droits des handicapés, (à l’image de l’Association Amal de Bâb el Oued). C’est également dans ce cadre-là que devrait s’inscrire le combat.

 

POUR QUE NAISSE UNE CONSCIENCE COLLECTIVE.

 

Vue la situation dans laquelle sont plongées les personnes handicapées, il est nécessaire de rappeler que les lois à elles seules ne suffisent pas, particulièrement quand elles-mêmes sont insuffisantes, elles ne sauraient garantir à elles seules un mode de vie, à la limite, humainement correct aux personnes handicapées, c’est pourquoi et plus jamais les autorités ayant à charge le problème des personnes handicapées, sont interpellées et appelées à trouver de nouveaux mécanismes, en concertation avec les personnes handicapées, puisqu’ils sont les premiers concernés. De nouveaux mécanismes basés sur les standards internationaux relatifs à ce domaine dont le cachet et bien plus humain que tout autre chose, relevant du droit constitutionnel reconnu à toutes et tous les citoyens sans discrimination aucune tel que proclamé par le droit national et international. Afin que naisse une nouvelle conscience collective, une culture spécifique qui feront que les personnes handicapées bénéficient  de droits spéciaux pour compenser leur handicap, ce en plus de leurs droits fondamentaux reconnus à la personne humaine.

 

HANDICAP ET DÉNI DE DROITS.

 

Une lecture attentionnée du Décret exécutif 03/45 du 19 Janvier 2003 ayant pour but de fixer les modalités d’application des dispositions de l’Article 07 de la Loi n° 02/09 citée plus haut démontre un peu soit-il le peu d’importance accordée à la personne handicapée. Ce honteux Décret précise qu’une allocation financière (d’un montant dérisoire) est octroyée à toute personne handicapée ayant un taux d’invalidité de 100%, âgée de 18 ans révolus et ne disposant d’aucune ressource. Ce décret entend par « personne handicapée » toute personne présentant une invalidité congénitale ou acquise ou, une pathologie chronique grave invalidante évaluée à 100% et entrainant une incapacité totale de travail, ou alors se trouvant dans une situation totale de dépendance pour l’accomplissement des actes courants de la vie, suite à l’atteinte des fonctions mentales, motrices ou organiques sensorielles, telles les personnes ayant perdues l’usage des quatre membres, les poly-handicapés sensoriels (surdités et cécité totale), ainsi que les arriérés mentaux profonds avec troubles associés. A ce stade d’aberration, le législateur se serait-il à la limite, questionné pour savoir comment peut-on parvenir jusqu’à l’âge de 18 ans, en étant handicapé à 100% et sans emploi, et si l’allocation financière « misérable » couvrent réellement les besoins élémentaires de la personne en question. Ceci démontre clairement le peu d’importance accordé à la question des personnes qui n’ont pas choisi d’être handicapée, et dont la charge incombe juridiquement, moralement et humainement aux pouvoirs publics. Ce qui regrettablement n’est pas le cas.

 

COMMENT GARANTIR LA PRISE EN COMPTE DE L’ACCES DES PERSONNES HANDICAPEES A UN MODE EXISTENTIEL HUMAINEMENT DIGNE ?

 

Le seul et unique moyen civilisé qui permet réellement et effectivement à la personne handicapée de mener un mode existentiel conforme au Droit et à la morale humaine, est celui que trace le législateur, cependant il faut bien admettre que ce travail ne peut être concluant  qu’a une seule condition. Le législateur maitrise certes la loi, mais connait-il, ressent-il les véritables problèmes que rencontrent les personnes handicapées ? La réponse ne peut être affirmative, un vieux dicton bien de chez nous, le confirme : « Ne ressent l’effet de la braise, que celui qui subit sa brulure », donc une large consultation des personnes handicapées (toutes formes de handicaps comprises et concernées), s’impose, et aucune loi ne devra être proposée et votée, sans consultations préalables de celles et ceux qui en seront les premiers bénéficiaires : les personnes handicapées. Le cas contraire, tout ce qui se fait ou se dit, ne seront que des palliatifs dont les personnes handicapées n’en soutireront aucun profit, et continueront à traverser un désert de mépris, d’indifférence et surtout d’insensibilité.

 

*  Cellule des droits de l’homme du F.C.N


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