DzActiviste.info Publié le mar 20 Nov 2012

Entre le gaz de schiste et le nucléaire, un ancien PDG de Sonatrach choisit le solaire

Partager

 

L’ancien PDG de Sonatrach déplore le niveau trop bas des prix des carburants (Ph. N.Rondeleux)

M. Nazim Zouiouèche, ancien PDG de Sonatrach, affirme que la politique algérienne manque d’ambition en matière d’énergies renouvelables. L’Algérie doit aller vers un mix solaire-gaz, pour produire 40% de l’énergie qu’elle consomme à partir du solaire dès 2020. Le gaz de schiste, quant à lui, bien que moins polluant que le nucléaire, exige de « rester en veille », sans se précipiter.

Les prix des carburants sont trop bas en Algérie. M. Nazim Zouiouèche est formel. L’ancien PDG de Sonatrach a déclaré mardi, au cours d’un forum organisé à Alger par le Réseau algérien des médias pour l’économie verte et l’environnement (RAMEVE), qu’une gestion rationnelle des ressources du pays exige un réajustement fort des prix et un projet ambitieux, pour produire 40% de l’énergie consommée en Algérie à partir du solaire dès 2020, et non 2030 comme le préconise le ministère de l’énergie.

Du reste, pour M. Zouiouèche, ce sont les prix plus que les questions de l’environnement qui scelleront le sort des gaz de schiste et décideront du recours à cette ressource ou non. A l’heure actuelle, le prix de revient du gaz de schiste est de 7-8 dollars par million de BTU, alors que le marché spot du gaz en Amérique du nord propose 2,6 dollars le millions de BTU. Initialement, les grandes compagnies pétrolières avaient basé leurs prévisions sur un coût de cinq dollars le MBTU, au moment où le prix du gaz avait dépassé les quinze dollars.

L’exploitation du gaz de schiste se maintient aux Etats-Unis pour des raisons autres que celles liées à la rentabilité : les Etats-Unis doivent assurer leur indépendance énergétique, ils poursuivent la recherche, et les compagnies exploitent des gisements de pétrole qui n’étaient pas rentables auparavant. La production de pétrole a augmenté de 7% aux Etats-Unis entre 2010 et 2011, a rappelé M. Zouiouèche. Le faible coût de l’énergie permet aussi le retour de l’industrie, qui s’était fortement délocalisée en raison de la hausse des coûts sur le territoire américain.

Mais les prix actuels, à 2.60 dollars le MBTU, ne sont pas figés. Ils peuvent subir de vrais bouleversements, qui changeraient la donne. Au moment des premiers forages en Mer du nord, a rappelé M. Zouiouèche, le pétrole y revenait à 14 dollars le baril, trois fois plus cher que son prix sur le marché international.

Le gaz de schiste présente une autre particularité. Les puits ont un rendement faible et une durée de vie très courte. Leur déclin est en moyenne de 44% la première année. Pour assurer une continuité de la production, il faut donc multiplier les forages. Les Etats-Unis en sont à 55.000 puits. A titre de comparaison, dans toute son histoire, l’Algérie n’a foré que 5.000 puits depuis le début de l’aventure pétrolière dans les années 50.

Les prix des carburants sont trop bas

Pour l’Algérie, M. Zouiouèche prône une autre attitude : « être en veille », c’est-à-dire, évaluer les ressources en gaz de schiste avec le plus de précision possible, engager les démarches nécessaires pour être prêt le moment venu, y compris en menant des forages expérimentaux, mais aussi penser aux énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, qui aura, en matière d’intégration, de meilleures retombées que le gaz de schiste.

Bien qu’il minimise l’impact des gaz de schiste sur l’environnement, « moins polluant que le nucléaire », selon lui, M. Zouiouèche veut privilégier l’énergie solaire. Il prône la définition d’un modèle de consommation énergétique qui tiendrait compte des impératifs économiques et environnementaux. Ce modèle devrait naturellement imposer un mix solaire-gaz, avec une prépondérance du solaire, qui devrait fournir 40% de la consommation interne dès 2020. Pour lui, l’énergie solaire devrait être exploitée pour la consommation interne, avant de songer à l’exportation.

Toujours au chapitre de la consommation interne, M. Zouiouèche déplore les prix trop bas des carburants, notamment le gas-oil. Ce niveau de prix est source de dysfonctionnements, et notamment des importants trafics aux frontières, a-t-il dit.

Source


Nombre de lectures: 285 Views
Embed This