DzActiviste.info Publié le mer 9 Jan 2013

Escrocs, ignorants et beggars.

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Amar Cheballah

escrocIl y a deux jours, voulant me retirer définitivement de la presse, j’ai demandé un certificat de travail à un journal ou j’ai travaillé plus de cinq ans comme journaliste et éditorialiste. Les responsables de ce quotidien croyant que j’allais leur jouer un sal coup en leur demandant de me payer mes arriérés, ont refusé de me le délivrer. Soit ! Les deux associés de ce journal sont de vrais beggars, incapables d’aligner une phrase correctement, en français et en arabe. Ils doivent leur présence dans le monde de la presse à Bouteflika dont ils disent qu’ils sont des proches parents. D’ailleurs l’un d’eux est député et gigolo permanent chez les dédé et autres pédérastes de Paris. Il faut souligner qu’au moment ou ces deux énergumènes occupent le haut du pavé dans la presse, l’Etat algérien exerce des pressions pour interdire à des femmes et à des hommes jouissant véritablement de compétences intellectuelles d’investir l’espace médiatique. C’est le cas notamment de Salima Ghezali, Arezki Ait Larbi, Med Benchicou…La liste est longue. Sans parler des contraintes qui ont pour objectif de dissuader des gens de la trempe de Addi Lahouari, Saddek Hadjres …de s’exprimer dans la presse nationale.

Dans la situation actuelle de notre pays, un journaliste conscient de ses responsabilités historiques non seulement ne peut pas travailler pour une presse qui ferraille matin et soir pour corrompre l’imaginaire collectif, mais il refusera de travailler pour de l’argent. Un journaliste conscient ne peut pas accepter d’être l’instrument vulgaire et actif dans l’entreprise criminelle qui vise à abrutir et à aliéner la société par de faux scoops ou des histoires de chiens écrasés. D’ailleurs, la presse algérienne n’a jamais pu s’accommoder de cette race de journalistes qui militent en permanence pour la reconstruction d’une conscience politique nationale à travers la formation de citoyens ayant le sens des responsabilités morales, intellectuelles et civiques. Ils sont tout le temps renvoyés par les éditeurs et trainent derrière eux un tas de sobriquets que leur ont fabriqué les services secrets.

A la demande de Daniel Timsit revenu en Algérie pour consoler Ali Zammoum, après la mort de leur ami commun Kateb Yacine, j’ai accepté de travailler pour le compte d’un hebdomadaire qui ne voulait plus de ma présence. On me le signifiait clairement chaque jour, mais pour faire plaisir à Daniel Timsit, à Ali Zammoum, à Belounes Said et son ami Dr Med Lamine Debaghine, je faisais semblant de ne pas comprendre.

J’ai accepté l’humiliation que me faisait subir ce journal. Mais un jour, en arrivant à Ighil Imoula, j’ai dit basta ! Je ne veux plus retourner dans ce journal. Devant les reproches de Daniel qui pensait que je n’avais pas l’étoffe et l’envergure d’un journaliste, j’ai repris en intégralité un papier de Jean Daniel consacré aux évènements du 5 octobre 1988 sur les cahiers du Nouvel Observateur. Le lendemain, en présence d’Ali Zammoum et de Daniel Timsit, j’ai remis le papier au journal. Au bout de quelques minutes, le directeur de la publication m’adresse une fin de non recevoir en qualifiant le papier de torchon et de merde. C’est alors que j’avais fait part de mon coup à mes deux amis en leur faisant lire le même papier publié par le Nouvel Observateur. Je ne sais pas encore à ce jour si j’ai appris le métier de journaliste, mais en revanche je suis certain qu’on n’a pas de presse.

Et les beggars ? Dans la morale de la noblesse algérienne, il faut être un esclave pour exercer le métier de beggar, de gigolo, de revendeur d’alcool, de proxénète et de danseur sur les places publiques.


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Displaying 2 Comments
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  1. Malik dit :

    Mr Chaballah ,vous etes un excellent journaliste ,merci pour vos articles sur ce site et merci aussi pour ce coup de gueule ,effectivement nous avons pas de presse.Bonne continuation.

  2. hlimakarembeu dit :

    C’est clair qu’il n’y a qu’un seul journaliste en Algerie..et il s’appel boutef..vous pensez sérieusement qu’on a une presse en Algerie,des journalistes dignent de ce nom et respectueux de l’ethique du metier?,…certaines sont affidées au pouvoir,d’autres a l’internationale islamiste,d’autres de vrais torchons,remplis juste de bobards et de faits divers,et s’ils pondent parfois un article,il est toujours dans le sens du poil du proxo médiatique qui les soutiens,au detriment de la population..va mon ami change de metier,fais pizzaolo ou chawarmiste,ça gagne beaucoup..beaucoup plus..en plus tu ne feras avaler a tes compatriotes que des choses utiles
    amicalement…un ecrivain de talent qui ne veut pas ecrire!

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