DzActiviste.info Publié le mar 13 Mai 2014

Et si les opposants se disaient tout et sans tabou ?

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chuchoterAbdelhak SERRAB
Le 02 Mars 2012,alors que les cadres du F.F.S débattaient de l’éventualité ou pas de participer aux élections législatives du mois de Mai de la même année ,un fax en provenance de la Suisse,signé par monsieur Ait Ahmed en sa qualité de président du parti,imposa la participation pour des raisons « tactiques »du plus vieux parti de l’opposition au scrutin sus cité . Au moment où le printemps arabe a déjà renversé la dictature de Benali et celle de Moubarek et menaçait sérieusement les régimes yéménite , libyen et syrien,nombreux sont les cadres et militants du F.F.S,qui ne comprenaient pas le choix de participer aux législatives décidé par le président du parti avec le soutien de certains cadres .
 Déçus,de nombreux cadres et militants décidèrent de quitter le parti dans la mesure où ils considéraient la participation au scrutin comme une perche utilisée par le F.F.S pour retarder la chute du régime . Chemin faisant,une crise sans précédent secoua le parti malgré les slogans brandis par la nouvelle direction pour justifier l’option de participer aux législatives . En effet, la nécessité d’opter pour la primauté du politique afin de lutter contre la violence du régime mais aussi contre celle des « intégristes islamistes » est évoquée  . Par violence monsieur Ait Ahmed et la nouvelle direction de l’époque,pensaient au nombre de victimes tombées dans différents pays du printemps arabe lors d’affrontements entre manifestants et armées . Mais la crainte des dirigeants du F.F.S à l’époque,ne s’arrêtait pas aux victimes des affrontements . Les premiers scrutins démocratiques organisés aussi bien en Tunisie qu’en  Egypte post révolutions,se sont soldés par la victoire des islamistes . La triste réalité que nous devons affronter est que de nombreux démocrates , considèrent l’arrivée des islamistes au pouvoir comme une violence !
Ce malheureux constat, fait le bonheur du régime et bloque l’opposition qui sombre pour des considérations idéologiques . Je ne dis pas que les islamistes sont les victimes préférées des dictatures et d’une partie de l’opposition démocratique . Au contraire ,je m’interroge sur le degré de responsabilité des uns et des autres y compris de la responsabilité des islamistes .
 Comment a t-on pu entretenir tant de contradictions au point d’en faire l’aliment de survie des régimes dictatoriaux ?
Quelles sont ces idéologies qui nous empêchent de nous unir  tout en nous obligeant involontairement  à prolonger  la vie d’un régime agonisant ?
A t-on besoin d’une idéologie pour libérer et stabiliser un pays qui n’a pas connu une véritable vie politique depuis 500 ans (300 ans de domination turque,132 ans d’occupation français et 52 ans d’anarchie et de corruption post « indépendance ») ?
Les opposants , qu’ils soient  islamistes, nationalistes ou sociaux démocrates,doivent dégager des priorités que j’appellerais les priorités de circonstance ou de génération . Dans le cas de notre pays,la gravité de la situation nécessite un changement urgent de régime . Sans une telle entreprise , nous risquons une dislocation certaine de l’Algérie . Par ailleurs ,notre génération ne peut en aucun cas résoudre les problèmes d’un pays en hibernation depuis 500 ans . De ce fait,les priorités de circonstance ou les priorités de notre génération,se limitent à l’union des opposants en dehors de toute considération idéologique afin de provoquer pacifiquement un changement de régime tout en stabilisant le pays contre les secousses que peuvent lui imposer les luttes idéologiques . Nos enfants et petits enfants,profiteront de cette stabilité et opteront pour l’idéologie de leurs choix .
Une telle démarche , peut choquer certains de nos frères islamistes . Je leur rappelle le Hadith du prophète (saws),lors de sa tentative de trouver refuge auprès des habitants de Taif ( الطائف)bien avant son hégire à Al Madina . Alors qu’il fut agressé , un curé le secourra tout en lui demandant  de s’adresser à dieu pour qu’il châtie ses agresseurs   . Qu’elle fut la réponse du prophète (saws)qui a refusé l’idée du châtiment  :
إني أرجو من الله أن يرزقنا من أصلابهم بذرية صالحة
Ce Hadith et d’autres,prouvent qu’en terre d’islam,on peut différer un projet le temps que les circonstances soient plus propices . Comme on peut à un moment donné,investir en optant pour la stabilité et ne cueillir les frais de son investissement qu’une ou plusieurs générations après .
Ci joint le Hadith prononcé par le prophéte (saws) à Taif lors de son agression :
 » اللهم إني أشكو إليك ضعف قوتي وقلة حيلتي
وهواني على الناس أنت رب العالمين
وأنت رب المستضعفين وأنت ربي
إلي من تكلني إلى بعيد يتجهمني
أم إلى عدوٍ ملكته أمري ؟؟
إن لم يكن بك عليّ غضبٌ فلا أبالي
غير أن عافيتك هي أوسعُ لي
أعوذ بنور وجهك الذي أشرقتْ له الظلمات
وصلحَ عليه أمر الدنيا والآخرة أن يحلّ عليّ غضبك
أو أن ينزلّ بي سخطك
لك العتبى حتى ترضى
ولا حول ولا قوة إلا بك
*
*

 


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