DzActiviste.info Publié le mar 22 Juil 2014

Et si on se disait ces vérités qui nous font si peur.

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Said RADJEF in LeQuotidienAlgerie.org

fuirUn demi siècle après l’indépendance du pays, à l’heure où l’on parle de plus en plus de mondialisation et de la vulnérabilité des pays arabes face à l’hégémonie féroce de l’Occident, l’Algérie a totalement échoué sur le plan politique. Alors que le nombre de partis politique ne cesse d’augmenter au fil des années, on constate une démission collective des citoyens de la vie politique. Les Algériens ne croient plus en leurs dirigeants qu’ils soient dans le pouvoir ou dans l’opposition, les Algériens ne croient plus en une démo¬cratie dans leur pays. Pouvoir et opposition réunis ne peuvent pas mobiliser aujourd’hui un chat et demi ! La corruption régule tout à la place des institutions qui ont pour mission la construction d’un Etat Nation. La corruption, les élections truquées, les représentations illégitimes, des leaders cooptés (le plus souvent à leur insu), un chef d’Etat et une dictature des caporaux qui ne cessent d’inventer des ruses pour se maintenir au pouvoir indéfiniment, une éducation sinistrée et défaillante à outrance, les faux semblants, la complaisance et l’ignorance des medias et l’inexistence d’une véritable élite affranchie et consciente de ses responsabilités historiques, etc., sont tous à l’origine de cette situation. Comment y remédier ? Comment réinventer une démocra¬tie et une vie politique qui inspirent confiance et fierté ? Comment à nou¬veau donner confiance aux Algériens et les inciter à participer à la vie politique de leur pays ?

Jamais un pays n’aura autant peur de son passé et de son histoire comme l’Algérie. Tout le monde fuit la vérité pour se jeter les yeux fermés dans les bras de l’imposture et du mensonge. Si ailleurs la démocratie est bien encadrée par le devoir de vérité, le devoir de mémoire, le savoir, le savoir faire, la science, le génie, la solidarité, chez nous tout est populisme et sales connivences. Si bien que par moment nous avons du mal à faire une distinction, à trouver une ligne de démarcation entre ces sultans inamovibles de l’opposition pour qui tout est permis et les bachagha( caporaux) indétrônables du pouvoir qui se sont substitués à Dieu et à la providence. En Algérie, il faut parler de tout sauf de la vérité qui peut à nouveau broder la mémoire et l’imaginaire collectifs. Certains camarades imputent ce tempérament qui nous distinguent tant des autres peuples, à nos origines esclaves. Les esclaves ne savent pas construire ; le pillage, la lâcheté, la trahison, l’ignorance et la peur sont dans leur nature.

Il faut dire que les Algériens ne sont pas esclaves limités en tout, il leur arrive d’avoir de temps à autres des coups de génie dans l’intox et d’être des paysagistes décorateurs à la perfection, qui laisseraient perplexes les maîtres de Holly Wood et du Pentagone.

Pour un etranger qui ne connaît pas l’Algérie, il va croire qu’il est dans l’une des démocraties les plus avancées de l’histoire de l’humanité. Des leaders de l’opposition à la tête de fortunes qui se chiffrent à des milliards de dollars, des opposants qui investissent dans le foncier à coup de milliards, qui comptent des résidences aux quatre coins du globe, des citoyens sans le moindre revenu qui se permettent un niveau et un genre de vie qui dépassent largement le rythme de vie d’un cadre moyen européen …ont de quoi faire tourner un esprit rationnel en cheval breton !Et pourtant l’Algérie est bel et bien une dictature ; une dictature qui ne diffère en rien des autres dictatures, une dictature qui a dévoré tous ces adversaires en toute impunité. Une dictature qui a fait accomplir à l’opposition toutes les sales besognes depuis 1962 à ce jour, avec des bataillons de victimes, y compris celle de venir à bout des quelques rares militants de race. Cela, les citoyens l’apprennent chaque jour à leur insu. Et c’est à juste titre qu’ils se posent la question suivante : qui est contre le changement,Bouteflika et les caporaux ou bien l’opposition qui a rendu illisible le champ politique ?

Depuis quelques jours des voix surgissent de l’opposition pour réinventer une dé¬mo¬cratie et une politique qui inspire confiance et fierté au peuple algérien, pour restaurer l’ordre politique et citoyen sur le trône de la république. Comment des partis que rien ne distingue d’associations d’homosexuels, d’organisation criminelle, comment donc des partis qui ont refusé obstinément d’investir dans la formation, qui ont fait la chasse à tous les militants de race, qui ont tacitement accepté d’être les agents conscients et actifs de la dictature contre de substantiels privilèges, comment donc une opposition qui chasse les compétences et qui ouvre ses portes à des parias incultes peuvent-ils réhabiliter l’acte politique en Algérie ? Comment donc un leader de l’opposition qui pense que l’adjudant chef du CTRI de son village, qui outre son insolence et sa stupidité traîne derrière lui un passé des plus douloureux, est plus crédible qu’un professeur des universités, peut-il restaurer l’ordre politique et citoyen, redonner confiance et fierté au peuple algérien?

Non, il n’y a qu’une seule façon de réaliser le changement, de restaurer, de réinventer la démocratie et de permettre à la réconciliation d’ s’accomplir pleinement, c’est d’aller avec courage vers le devoir de vérité et le devoir de mémoire.


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