DzActiviste.info Publié le mar 20 Mai 2014

état du patrimoine documentaire Algérien Vestiges en péril

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Le patrimoine documentaire est en danger. Il n’existe ni liste ni inventaire, encore moins de catalogage concernant les anciens manuscrits.

En effet, l’état du patrimoine documentaire d’une manière générale et des manuscrits en particulier n’est guère reluisant. Afin d’apporter plus d’éclairage sur cette épineuse question, le chercheur et écrivain, Saïd Boutarfa, a animé, dimanche, une conférence intitulée «Le manuscrit invisible», à la bibliothèque multimédias Bachir Mentouri, à Alger. D’emblée, le chercheur indiquera qu’au cours de la célébration du Mois du patrimoine, ce sont des activités culturelles qui ont été proposées. Pour Saïd Boutarfa, le patrimoine archéologique n’est pas répertorié. Si la bibliothèque et les archives ont pour mission de sauvegarder le patrimoine documentaire, il va sans dire que la conservation ne se limite pas à entreposer des masses de documents sans se soucier de leur devenir.

«Conserver un patrimoine, explique-t-il, c’est le maintenir intact et le protéger contre les inévitables menaces des actions de l’homme et de la nature pour pouvoir le transmettre. Mais avant cela, il est impératif que ce patrimoine puisse être localisé, identifié et qu’il fasse l’objet d’un catalogage systématique, seule démarche à même de permettre l’accessibilité de ces fonds documentaires et leur identification. Le catalogage reste une action marginale et rares sont les actions menées en direction de la localisation, l’identification et pour finir du catalogage de tous ces documents. Une tâche indispensable pour mieux cerner dans son ensemble le patrimoine écrit du sud de la Méditerranée.»

La localisation des fonds et le catologage permettraient, d’une part, de connaître la teneur de ce patrimoine et, d’autre part, d’offrir une meilleure visibilité et traçabilité. Le chercheur Saïd Boutarfa rappelle qu’à l’époque médiévale, le commerce caravanier transsaharien a permis aux oasis de Maurétanie, du Mali, d’Algérie, du Maroc, du Niger et des autres pays de vivre une grande prospérité économique et culturelle et un développement intense des échanges culturels et scientifiques. De grands hommes ont emprunté ces itinéraires incertains. Ils ont légué des milliers de manuscrits dans différents domaines.

Cette masse de documents pourrait conduire à une réécriture complète de l’histoire de l’Afrique et de l’histoire du monde méditerranéen. L’état des fonds privés et bibliothèques traditionnelles en Algérie est préoccupant. C’est du moins ce que soutient le chercheur. «Au-delà des problèmes de conservation physique des manuscrits, le recensement et le catalogage demeurent la priorité absolue et devraient être systématisés et menés en parallèle aux actions de conservation.» L’orateur révèle que «nous ne possédons pas de documents écrits sur l’organisation des bibliothèques qui nous permettaient de cerner avec précision les détails de cette organisation. Mais nous supposons que celle-ci devrait être plus ou moins comparable à celle d’autres bibliothèques de l’époque.»

Le conférencier ajoute que la colonisation a poussé un grand nombre de propriétaires de manuscrits à mettre à l’abri leurs précieuses collections. Certains les ont enterrés, tandis que d’autres ont préféré les emmurer. Car plusieurs riches bibliothèques privées et celles appartenant aux mosquées et aux zaouïas ont été confisquées et pour un grand nombre d’entre elles dispersées ou cachées et occultées pendant des décennies.

En guise de conclusion, Saïd Boutarfa affirme que rares sont les bibliothèques détentrices d’un catalogue. «Tous ces manuscrits sont victimes d’invisibilité, car non catalogués. D’après une estimation sommaire, seuls 20% de ces derniers sont repertoriés. Cette situation anarchique des bibliothèques reste un véritable casse-tête pour les chercheurs qui se retrouvent, la plupart du temps, devant plusieurs armoires pleines de manuscrits poussiéreux, sans index ou catalogues pour leur faciliter la tâche. Il y a un problème de volonté politique et de formation. Ce problème est gérable, pour peu qu’on mette de l’argent pour un catalogage et la conservation.» Il est à noter que l’invité, l’architecte, chercheur et scénographe, Xavier Maestrali, a estimé que l’Etat algérien devrait être fier de son patrimoine. Il est revenu sur les constructions architecturales en Algérie de Fernand Pouillon.


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