DzActiviste.info Publié le jeu 18 Avr 2013

ÉTATS-UNIS • A Boston, un air de Kaboul et de Bagdad

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Les deux attentats contre le marathon de Boston font penser à des centaines d’attaques similaires dans deux pays ou les États-Unis combattent depuis une dizaine d’années : l’Irak, et
l’Afghanistan.

Un dessin de Horsch Un dessin de Horsch

Les explosions du marathon de Boston offrent un aperçu des pires craintes de la police américaine depuis le 11 septembre : la prochaine apparition dans notre pays des petits attentats
artisanaux et meurtriers, qui sont malheureusement monnaie courante dans des régions plus troublées de la planète.

Ces attentats, commis en public, dans des lieux bondés et à l’aide d’explosifs improvisés, font régulièrement la une de l’actualité à Kaboul et à Bagdad. Mais cela fait plus de dix ans qu’une
attaque terroriste de l’échelle de celle de Boston n’avait pas eu lieu aux Etats-Unis.

Et si elle ne semble pas encore avoir le même message clair que les attentats commis ces dernières années contre des centres d’avortement ou ceux perpétrés par la gauche dans les années 60 et
70, elle offre une désagréable ressemblance avec les techniques employées dans de lointaines régions du monde dévastées par la guerre.

Une technique universelle

Les bombes utilisées à Boston étaient des cocottes-minute pleines de clous, billes et autres fragments métalliques faisant office de shrapnel [nom d’un obus à balles inventé durant la Première
guerre mondiale] – le même genre que celles utilisées dans le métro de Bombay en 2006 et qui ont été mentionnées dès 2004 dans une note du Département de la sécurité intérieure. « Une technique
couramment enseignée dans les camps d’entraînement terroristes d’Afghanistan est l’usage de cocottes-minute comme engins explosifs improvisés (IEE) », y lit-on.

Le Département y cite d’autres pays où l’on se sert de cocottes-minute, dont le Népal et l’Algérie. Une note plus récente indique que cette méthode a été utilisée en 2010 dans un attentat
commis au Pakistan où les bombes étaient commandées à distance, et, la même année, dans la tentative d’attentat à la voiture piégée de Times Square.

Des médecins ont comparé les blessures des victimes de Boston à celles de victimes de bombardements dans des régions en guerre. « La plus grande expérience que nous ayons en la matière est celle
des engins explosifs improvisés utilisés en Afghanistan et en Irak », a confié un médecin de l’hôpital Grady d’Atlanta à la chaîne NBC News. « Cette violence déplorable n’est que trop familière à
mes concitoyens afghans », a d’ailleurs déclaré Ahmad Eklil Hakimi, l’ambassadeur d’Afghanistan aux Etats-Unis, le 16 avril.

J. M. Berger, expert en sécurité et propriétaire du célèbre compte Twitter @intelwire, a souligné dans une interview que les explosifs improvisés n’étaient pas un phénomène vraiment nouveau aux
Etats-Unis, puisqu’on en avait utilisé dès l’attentat anarchiste de Wall Street, en 1920. « On a parlé d’engins explosifs confectionnés à l’aide de billes métalliques, de clous et de vis pour
mutiler et défigurer les gens », a-t-il ajouté. « Comme c’est relativement fréquent dans les bombes artisanales, cela ne nous fournit pas de piste particulière. »

Une situation comparable à celle d’Israël

Le gouvernement ne semble pas avoir une idée précise de l’identité des auteurs de l’attentat. Un Saoudien a été interrogé le 16 avril par la police, mais selon les dernières informations,
c’était juste un témoin. Les autorités ont déclaré qu’elles se baseraient, dans leurs recherches, sur les photos et vidéos prises par les spectateurs. Le manque d’informations ne contribue
certainement pas à rassurer le public, et le climat de tension qui règne dans le pays a conduit les autorités à prendre des mesures de sécurité supplémentaires.

Le lendemain des explosions, un terminal de l’aéroport de LaGuardia a été évacué en raison de la présence d’un colis suspect, et la cafétéria du bâtiment Rayburn du Capitole, à Washington, a
connu le même sort. Ces incidents ont conduit Jeffrey Goldberg, du magazine The Atlantic, à comparer la situation à celle qui règne en Israël : « Les Etats-Unis sont incontestablement
entrés dans l’ère du colis suspect », écrit-il sur Twitter. « Demandez à un Israélien ce que cela représente dans la vie de tous les jours. »

« Contextes de guerre »

« La soif d’une explication rapide et simple égare tout le monde », note Juliette Kayyem, ancienne conseillère à la sécurité intérieure du gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, dans le
Boston Globe. « Les terroristes étrangers étant beaucoup moins organisés qu’auparavant, le manque apparent de sophistication des engins incendiaires n’implique pas forcément une piste
intérieure


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