DzActiviste.info Publié le dim 6 Oct 2013

Etre ou ne pas être, lettre aux élites algériennes.

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intellectuels1Radjef Saïd

Dans la conjoncture actuelle, que peut faire le DRS pour préserver le pouvoir qu’il détient depuis plus d’un demi-siècle ? A-t-il réellement le pouvoir de le garder et de l’exercer ? Quelle est véritablement sa marge de manœuvre face aux intrigues du sérail, alors que le pays est paralysé par l’immobilisme, l’imposture et le mensonge, alors que le pays est menacé dans son existence en tant qu’Etat et Nation ?

L’Algérie a-t-elle encore le droit aux mensonges dans les circonstances actuelles ? Que propose le DRS pour éviter le naufrage, pour remorquer le pays de sa dérive ? Que doivent faire les généraux pour ne pas hypothéquer l’avenir des futures générations, alors que la violence, la manipulation et le mensonge ne sont plus une solution, sont une menace de plus pour l’avenir du pays ?

Je pense, à mon humble avis, pour le bien de toutes et de tous, qu’il faut décrisper le débat et poser ces questions qui font mal au pays et à ses élites.
Au lieu de camper sur des postures révolutionnaires utopiques ; au lieu de faire primer le lyrisme de la persécution sur l’évolution et le courage des propositions; au lieu de ranimer la rhétorique antifasciste face à toute personne qui ne partage pas nos urgences personnelles et individuelles, soyons efficaces : exorcisons le mal qui est en nous. Au lieu de focaliser sur les gens du passé, posons-nous la question suivante : que doit-on faire pour sauver l’avenir du pays ?

On dirait que certains, tellement enfermés dans la volonté d’être les seuls sauveurs de la nation comme seul marqueur de leur identité, n’arrivent guère à vivre sans ennemis et peinent à assumer leur émancipation démocratique. Ils cultivent une vision humiliante, hautement schizophrène mais aussi erronée sur ce que devrait être dans les faits leur rôle, sur ce que devrait être un Etat, une Nation. En haïssant Bouteflika, en jetant l’opprobre et l’anathème sur toutes les propositions qui ne viennent de nous, nous ne sauvons en rien l’avenir des futures générations. L’Algérie est partie du mauvais pied depuis 1953. Aujourd’hui, le résultat est sans appel : le pays est menacé de disparition. Oui, nous connaissons l’illégitimité de Bouteflika et la lâcheté de ses armées de courtisans et de flagorneurs es qualité, oui nous connaissons les limites intellectuelles et culturelles de nos pauvres caporaux, mais nous savons aussi qu’il n’y a pas d’alternative parce que l’opposition a toujours refusé d’assumer ses responsabilités historiques. Va-t-on pour autant nous contenter d’être des témoins désabusés, des spectateurs anodins, indifférents alors que le pays sombre de plus en plus dans les profondeurs de l’abîme. Que faire ? Nous devons passer le témoin, sans compromettre l’avenir des futures générations. Tel a été le serment de l’Emir Abdelkader, de Messali et de Abane. Va t on faillir à nos engagements et à ce serment par la faute d’un Bouteflika ou d’un petit caporal ignorant et cupide ? Cet entêtement vaut-il réellement la chandelle ?


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