DzActiviste.info Publié le sam 12 Juil 2014

EVOCATION Abdelkader Alloula

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alloulaRamadhan 1994—Ramadhan 2014
20 ans Depuis l’Assassinat d’Un des Lions d’Oran
Par : Abdelkader Ben Brik

Un pays qui ne respectait pas ses génies dans tous les domaines et qui sombre dans l’oubli de ses capacités culturelles et ne différenciait entre l’art authentique du patrimoine culturel, et celui bâtard introduis comme le raï, mérite t-il, la vie ?

Abdelkader Alloula, le militant des pauvres, défendeur des droits des enfants cancéreux, l’artiste modeste qui n’a jamais fait partie des magouilleurs, des attentistes et des opportunistes de la culture et des arts dans le pouvoir.

Alloula Abdelkader, n’a pas milité au sein du FLN après l’indépendance, il a constaté l’opportunisme dans cette formation qui juste après le recouvrement de la souveraineté, le FLN a changé le fusil d’épaule, plutôt l’a troqué contre la course derrière les avantages… Alloula a choisis de militer au sein d’un parti semi-clandestin, le PAGS, le parti d’avant-garde socialiste, le parti des intellectuels algériens des anciens vrais combattants de la liberté sans contre partie. Alloula devient un membre important dans cette structure, en compagnie d’anciens militants, tels, Djellid, Fard’heb,Said Zahraoui, Mediène, Djamal Eddine Zaitar, et d’autres importantes personnalités combattantes qui faisaient la fierté de la ville des Lions Wahran . Abdelkader Alloula, devrait intervenir devant la plénière du 1er congrès du Parti de l’avant-garde Socialisme d’Algérie. Il n’avait préparé ni une grande allocution opportuniste, ni un baratin politique pour attirer les militants incultes comme il est le cas dans certains partis. Alloula avait choisi de raconter une histoire amusante, une blague à l’Algérienne. Rien de mieux qu’une blague pour détendre une assemblée des plus sérieuses. Sans perdre sa part de légèreté et dérision l’intervention d’Alloula résumait bien l’esprit de ces assises qui devaient prendre la mesure du danger islamiste et contribuer à ancrer la digue républicaine de résistance à l’islamisme et à son bras armé.

Alloula sur scène devant le micro il annonce aux congressistes :

« Le même jour, Chikha Rimitti et Abassi Madani décèdent. Ils se retrouvent devant Azraël, qui oriente la bonne dame vers le paradis, et l’autre bougre vers les géhennes de l’enfer. On s’imagine bien les protestations, les cris, les lamentations de celui qui se croyait victime d’une erreur. Tellement il en était convaincu, il demeura, des jours et des jours, juste derrière la porte de l’enfer, attendant que l’on vienne lui faire justice. Jusqu’au jour où perdant presque espoir, il vit Rimitti se pointer sous bonne Escorte. Dieu soit loué s’écria-t-il, enfin chacun reprendra sa place.

Ô, non, non, pauvre âme, lui répondit le chef d’escorte, nous venons juste chauffer le bendir »..

Aujourd’hui que s’impose une malsaine pudeur à taire l’engagement des justes, à occulter leur inscription dans des cadres de luttes pour le progrès et la démocratie, qu’il me soit malgré cela permis de rendre hommage, au-delà de l’homme de théâtre, au militant progressiste Abdelkader Alloula.
Alloula n’est plus de ce monde, (Allah Yerhmou) ses assassins les exécutants aussi, mais les commanditaires des assassinats sont toujours de ce monde, et à travers eux l’Algérie demeure handicapé. Une grande partie des piliers ont étaient assassinés par cette horde sauvage à la solde du sionisme et croyant qu’elle trime pour l’Islam !!

En assassinant Alloula, Djillali Liabes, Fardheb, Djamal Eddine Zaiter, général Khelil, général Saidi, Belkaid, Boucebssi, Flissi, Boukhobza, et d’autres brillants militants, les commanditaires avaient décidés d’éliminer le savoir de ce pays, d’éliminer le progrès, d’éliminer l’indépendance en général et soumettre ce peuple algérien de nouveau sous colonisation.

Se souvenir de ces militants assassinés, c’est rendre leur dignité aux victimes, c’est marquer le temps du recueillement en appelant la mémoire d’un être cher, en saluant le courage de ceux qui ont été blessés souvent très grièvement. C’est aussi rendre hommage, à ceux qui ont porté secours aux victimes, parfois au péril de leur vie, à ceux qui apportent leur soutien quotidien aux victimes, à leur famille et leurs proches.

Que soit saluée aujourd’hui la mémoire de toutes les victimes d’actes de terrorisme, durant la décennie rouge.


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