DzActiviste.info Publié le sam 12 Jan 2013

Gaz de schiste, A Djelloul Djoudi: “Dites seulement que vous avez vendu le PT au régime et aux puissances occidentales”

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Quelle est cette puce sanguine qui a piqué Djelloul Djoudi, le chef du groupe parlementaire du Parti des Travailleurs (PT). Le député de cette formation qui se dit trotskyste (plus pour l’effet que pour du vrai) a déclaré mercredi 9 janvier 2013, en session plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors du débat de l’amendement de la loi sur les hydrocarbures, que « ceux qui s’opposent à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie sont manipulés par les puissances impérialistes ». Et d’ajouter : « Pourquoi l’Algérie se priverait d’une telle manne ».

Par Ali Ben Mehdi

Nous essayerons de démontrer l’incohérence de ce politicien dépassé par l’actualité, et que le PT lance des offres de service aux puissances « impérialistes », puisque ce terme est si à cher au parti de Louisa Hanoune.

Il est tout a fait clair que Djelloul Djoudi, ne sait pas vraiment pas de quel sujet il s’agit et de quelle source d’énergie veut-on exploiter.

Premièrement, petite définition du gaz de schiste.

C’est un gaz semblable au gaz exploité d’une manière conventionnelle. Le problème se pose quant à la méthode d’extraction, et d’une manière générale, de son exploitation.

Le gaz de schiste est renfermé dans la roche mère appelée schiste. Cette couche se trouve, selon les pays ou les région, à plus de 1500 mètres de profondeur. A la différence de l’exploitation de gaz conventionnel, le gaz de schiste est retiré des profondeurs d’une manière complexe. Il faut en effet forer verticalement, puis horizontalement, pour atteindre ces mêmes poches de gaz de schiste. Emprisonnées dans la roche, ces proches doivent être libérées par le biais d’une fracturation, appelée fracturation hydraulique. Cela nécessite entre 15 et 20 000 mètres cubes d’eau douce, mélangée à des produits chimiques, dont une partie est radioactive et toxique.

Mais forer à plus de 1500 mètres, traverse inéluctablement les nappes phréatiques. Le puit de forage est dit-on bitumé, mais la fracturation peut également provoquer les fissures du puits, et de ce fait, c’est un grand danger pour les milliards de mètres cubes renfermées dans les nappes phréatiques, voire albiennes.

En Algérie, le gouvernement qui se veut lancer l’exploitation de gaz de schiste, s’est vu obligé de concocter un amendement de la loi sur les hydrocarbures, votée en 2005, permettant l’extraction de cette énergie, texte également valable pour le pétrole de schiste.

Sauf que, comme une partie de la société civile ne dort pas sur ces deux oreilles, l’opposition à ce projet s’est déclenchée, et exige l’instauration d’un débat nationale élargi à tout le collège des experts et des spécialistes, en plus de la réactivation du Conseil de l’Energie, en hibernation depuis 10 ans.

Le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, défend bien entendu ce projet. Rien d’étonnant d’un rentier et d’un apparatchik, d’un élément du système et d’un enfant du régime. Mais constater l’approbation du PT, réputé soit disant être un défenseur des intérêts de la nation, et en sus, des gisements du sous-sol algérien, est plus qu’étonnant. Cela rassemble à la soumission de Louisa Hanoune au régime et aux puissances occidentales. Il faut se mettre à l’esprit que Djoudi ne peut s’exprimer sans le quitus de la Sg du PT.

Ce que veut cacher le PT, en accusant faussement les contestataires à l’exploitation de gaz de schiste de « manipulés par l’étranger », c’est que lui-même a vendu la mèche au régime, et veut être sur l’offensive. Impossible, car ceux qui s’opposent à l’exploitation de gaz de schiste présentent des arguments fiables et crédibles, et s’inscrivent pour la défense des intérêts suprêmes de la nation et de la souveraineté du pays.

Ainsi, ce que Djoudi feint d’ignorer, c’est que, primo, l’exploitation de gaz de schiste n’est pas rentable pour l’Algérie, et elle conduirait Sonatrach à la faillite. Ce n’est pas parce que les Etats-Unis se sont lancés dans l’exploitation de cette énergie, que l’Algérie est obligée de suivre. Et ce n’est pas parce que des organisations s’y opposent, cela veut dire que cette opposition travaille pour l’intérêt des USA.

Expliquons. Djoudi doit savoir que les entreprises qui exploitent le gaz de schiste aux Etats-Unis sont en majorité de moindre taille qu’Haliburton et Exxon. Elles sont surtout subventionnées par l’Etat fédéral américain.

Pourquoi Washington le ferait-t-elle, sachant que, et au vu de la devise « impérialiste », l’Etat ne doit pas soutenir les entreprises. Tout simplement, le gouvernement US s’inscrit dans une stratégie globale. Produire le gaz de schiste permettrait de réduire de moitié, voie de trois fois, le prix sur le marché mondial.

En prenant en compte la production russe et iranienne, les Etats-Unis veulent inonder le marché en gaz, ce qui bouleverserait tout l’échiquier. Rappelons dans ce sillage qu’en 1986, le prix du brut est descendu de 43 à 10 dollars, car sous commande des Etats-Unis, et afin de pousser l’Irak à envahir le Koweït, l’Arabie Saoudite à inondé le marché en pétrole. L’Algérie qui avait lancé des grands projets socioéconomiques, s’est retrouvé sans fiances, et le désastre social s’en est suivi.

Revenons. Donc, en lançant à grande échelle l’exploitation de gaz de schiste, il ne faut pas oublier qu’actuellement c’est le marché spot (vente libre) qui prédomine les transactions.  Une grande quantité de gaz disponible sur le marché mondial, sonnerait le glas pour les contrats à long terme, sur lesquels l’Algérie se base pour garantir une aisance financière. Mais là aussi, il ne fait pas oublier que le régime se base sur la rente pour se pérenniser.

Aujourd’hui, une cruciale question se pose. L’Algérie parviendra-t-elle à vendre du gaz dans le cadre de contrats à long terme. Non, si c’est le cas, c’est difficile. Le prolongement du contrat avec les Turcs, la semaine passée, à l’an 2020, est un miracle. Les Anatoliens n’avaient pas le choix, vu leur économie en pleine expansion, donc leurs besoins en énergie vont accroître.

Revenons encore une fois à la problématique de gaz de schiste algérien. Son exploitation n’est pas rentable, car, comme il est quasi impossible de signer des contrats à long terme, l’Algérie perdrait sur toute la longueur une fois le projet lancé. Et même si c’est le cas, il faudrait produire, selon l’analyste financier Ferhat Ait Ali, plus de 55 milliards de mètres cubes de gaz, issue de plus de 4000 puits forés. Additionnant le forage de puits (un seul coûterait entre 8 et 10 millions de dollars) en plus des besoins logistiques, cela nécessite un investissement de près de 90 milliards de dollars. Et une fois vendu, ce gaz ne rapporte que 20 milliards. Nous avons affaire à un gaspillage de 70 milliards de dollars nets. Et une question se pose là aussi : Au profit de qui ?

Tout simplement, aux multinationales américaines qui vendraient le matériel de forage comme révélé par le New York Times. Ça profiterait aussi aux sbires algériens, qui agissent comme de véritables maffieux en lançant un tel projet, véritable danger pour la souveraineté nationale.

Il faut savoir qu’une fois les eaux souterraines polluées, les populations du sud ne vont pas rester inactives. Qui admet qu’on pollue sa demeure ? Nous aurons à faire à des conflits, des troubles et des tensions dans le grand Sud. Avec les pratiques de l’axe franco-américain dans la zone du Sahel, et la manipulation des groupes intégristes par ce même duo, l’Algérie sera entourée de partout, et bonjour l’invasion.

Dernier paramètre. Que Djoudi comprenne qu’en vendant sa cravate au régime, il ne fait que défendre les thèses « impérialistes » comme il aime répéter. Donc, qui est manipulé, monsieur le député. Vous faites semblant de défendre la loi 51/49%, alors qu’en réalité, il défend une loi 100% USA-France.

Tout comme le parlement croupion de Richard III, l’usurpateur anglais rendu célèbre par William Shakespeare, le parlementa actuel semble avoir fait le consensus parmi sa composante sur la transformation des étiquettes politiques en emballages pour le même produit, la Trahison sous toutes ses formes.

De ce fait, Trotskyste ou pas, tout le monde est d’accord pour vendre son âme au diable en criant l’inverse, et tout le monde semble oublier que Richard III a essayé en fin de règne d’échanger son royaume usurpé pour un cheval, Un seul cheval, il n’a pas pensé au reste de la troupe et surtout pas aux « parle-menteurs » qui l’ont suivi dans sa folle aventure.

Avant d’accuser les gens de Trahison alors qu’on baigne dedans, Messieurs Djoudi et consorts, il vous est vivement recommandé de lire Richard III.

A. B. M.

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