DzActiviste.info Publié le dim 3 Août 2014

France-Algérie-Mali : Un accord tripartite pour suivre l’enquête sur le crash

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SPAIN-ALGERIA-TRANSPORT-ALGERIE-SWIFTAIREl Watan, 2 août 2014

Les autorités algériennes ont arraché une participation à l’enquête sur le crash de l’avion d’Air Algérie après que leurs homologues françaises semblaient vouloir garder une quasi-exclusivité sur le dossier. Le chef de la diplomatie algérienne est arrivé, jeudi dernier, à finaliser un accord avec ses homologues français et malien sur l’analyse des enregistreurs (boîtes noires) du vol AH 5017 et des débris de l’avion de la compagnie espagnole SwiftAir affrété par Air Algérie.

Cet accord permet aussi aux enquêteurs des trois parties signataires d’accéder et de participer aux modalités d’identification des dépouilles des victimes. «Cet accord se fonde sur les prérogatives reconnues par le droit international au pays sur le territoire duquel l’accident a eu lieu (la République du Mali) ainsi qu’au pays dont la compagnie aérienne nationale assurait l’exploitation de l’aéronef (l’Algérie) et intègre la responsabilité et les capacités scientifiques et technologiques de la France qui compte le plus grand nombre de ressortissants parmi les victimes de l’accident», indique un communiqué des Affaires étrangères.

Alger, agacé, avait demandé auparavant des éclaircissements sur la déclaration du président français sur la décision unilatérale de rapatriement de toutes les dépouilles des passagers en France. Les trois parties sont arrivées à cet accord conciliant chacune des parties et qui, finalement, fera acheminer les dépouilles effectivement en France mais en permettant à chaque pays de participer à l’identification des victimes.

Le communiqué des AE précise que c’est à la demande des autorités maliennes que les services français compétents vont procéder à l’analyse des enregistrements de vol, des débris de l’aéronef et à l’identification des restes humains des passagers du vol AH 5017. «Tous les échantillons prélevés en collaboration avec les équipes d’experts des différents pays feront l’objet d’analyse dans des infrastructures médico-légales françaises, avec une participation effective et substantielle d’experts de police scientifique algériens et d’autres pays concernés», note le même communiqué du ministère. Une fois identifiées, les dépouilles des victimes seront rapatriées dans leurs pays.

Le MAE a assuré en outre que les familles des victimes ainsi que l’opinion publique ne manqueront pas d’informations sur l’évolution du travail de la police scientifique algérienne. Une équipe scientifique de l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) relevant de la Gendarmerie nationale s’est rendu jeudi à Gossi, au Mali, afin de participer à l’enquête. Une autre équipe d’experts algériens et maliens s’est rendue hier en France, au Bureau d’instruction et d’analyse de l’aviation civile française.

A noter que le crash de l’avion d’Air Algérie n’a pas encore révélé tout son mystère. Même si la piste des mauvaises conditions météo se précise de plus en plus, il faut attendre l’analyse finale des deux boîtes noires acheminées vers les laboratoires français. La perte totale du contrôle de l’appareil du fait de sa prise en tenaille entre deux orages semble le scénario auquel sont arrivés les enquêteurs en se basant sur la première boîte noire.

La première analyse fait état d’une altération du système permettant de stabiliser l’avion (appelé dérive de profondeur), ce qui a provoqué une chute brutale et rapide de l’avion à une vitesse de 1000 km/h et un écrasement au sol en à peine trois minutes. Suite à ce crash, une famille française a déposé plainte contre X pour homicide involontaire. La famille d’une des victimes, Véronique Gineste, décédée avec son mari et ses trois enfants, s’est constituée partie civile pour avoir accès au dossier.

Une plainte qui fait suite à l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Paris pour «homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement». L’enquête, une fois achevée, déterminera s’il y a eu erreur humaine ou si les conditions météo ont été plus fortes que toute tentative de stabiliser l’avion.

R. N.

Gendarmerie nationale : Quinze experts sur le lieu du crash

A la demande du gouvernement algérien, l’Institut national de criminologie et de criminalistique (INCC) de Bouchaoui, qui relève de la Gendarmerie nationale, a envoyé avant-hier, en urgence, 15 experts où a eu lieu le crash, il y a une semaine, du vol AH 5017, à Gossi au nord du Mali, tandis que 20 autres experts de l’INCC se trouvent à Alger, prêts à se rendre au Mali en cas de nécessité d’un renfort.

L’équipe d’experts algériens est chapeautée par un colonel, spécialiste en activations criminelles. Dès son arrivée hier à Bamako, un hélicoptère a été mis à sa disposition par l’ONU pour se rendre sur le lieu du sinistre, à Gossi, où les 15 gendarmes ont installé leur QG pour entamer les investigations.

L’équipe est scindée en deux groupes : le premier est spécialisé en identification des cadavres, tandis que le deuxième groupe est spécialisé en investigation dans les crashs appelés post-mortem. Cette équipe peut reconstituer les conditions ayant causé le crash de l’avion, mais aussi la scène de l’écrasement sur terre, tout comme ils peuvent reconnaître l’altitude de l’avion avant le drame.

Ce groupe de gendarmes spécialistes est composé de techniciens en identification, de biologistes et de d’éléments spécialisés en empreintes digitales, d’autres spécialisés dans la reconstitution de scènes d’accident. C’est du moins ce que nous a expliqué une source proche de la Gendarmerie nationale, qui nous a confié des détails de la mission «délicate» des gendarmes experts mobilisés sur le lieu de l’accident.

«Les quinze experts algériens vont travailler selon les normes du protocole d’Interpol d’identification de victimes de catastrophes et de crash», d’autant que l’expertise algérienne est reconnue mondialement suite aux affaires diligentées auparavant, entre autres l’identification des cadavres déchiquetés lors de la prise d’otages de Tiguentourine par un groupe terroriste, mais aussi suite à l’expertise faite au lendemain du crash de l’avion militaire à Oum El Bouaghi.

La décision du gouvernement de solliciter l’apport capital des gendarmes de l’INCC a été faite suite à une rencontre de haut niveau ayant réuni, mercredi dernier à Paris, les ministres français et algérien des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Ramtane Lamamra, qui ont décidé de faire appel à l’expertise de la Gendarmerie nationale de l’INCC.

Sofiane Abi


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