DzActiviste.info Publié le lun 18 Juin 2012

France : le flirt avec l’extrême-droite n’a pas porté chance à Morano et Guéant

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La gauche française a donc tout raflé ou presque. Ces cinq dernières années, dans un contexte de droitisation d’une partie du discours politique et de montée du Front national, le Parti socialiste et ses alliés ont gagné tous les scrutins et viennent de réaliser une performance impressionnante pour les législatives des 10 et 17 juin. Aujourd’hui, Assemblée nationale et Sénat, sont sous leur contrôle, ce que même François Mitterrand n’avait pas réussi à obtenir. François Hollande et son gouvernement n’ont donc plus aucune excuse. Toutes les cartes sont entre leurs mains même si, il ne faut jamais l’oublier, ce n’est pas uniquement en France que se joue le sort de ce pays. On pense notamment à l’Europe et à la grave crise que traversent ses institutions.

 

Il y a beaucoup de choses que l’on peut retenir de ce scrutin législatif. Il y a d’abord la déroute de l’UMP, car c’en est une (ce parti perd plus de 100 sièges !) et la guerre de ses chefs qui a d’ores et déjà commencé. Alors qui ? Copé ? Fillon ? Juppé ? Ou bien alors Sarkozy, le retour ? Il ne fait nul doute que cette affaire va alimenter la chronique médiatique avec pour ligne de mire l’élection présidentielle de 2017 et, avant elle, les élections municipales de 2014 (notamment à Paris où la droite se déchire déjà pour désigner son candidat).

 

Il y a ensuite ce phénomène, quelque part très rassurant, de punition à l’encontre de celles et ceux qui se sont plus ou moins alliés au Front National. En cela, l’exemple de Nadine Morano est emblématique. Ce pilier de la « Sarkozie », jamais en reste pour dénoncer avec vigueur les adversaires politiques de l’ancien président, a tout tenté pour se faire élire, allant jusqu’à accorder un entretien au journal d’Extrême-droite Minute et multipliant les appels du pied aux électeurs de Marine Le Pen (laquelle n’a pas été élu ce qui est tout de même un événement majeur dans la vie politique française !). Tout cela pour rien si ce n’est pour le goût amer de la défaite et des rires satisfaits d’une bonne partie de la classe politique (y compris à droite).

 

La même mésaventure est arrivée à Guéant, l’homme qui a symbolisé par nombre de propos controversés, la tentation lepéniste du camp Sarkozy. Battu par un dissident de l’UMP, qui a certainement bénéficié des voix de la gauche, Claude Guéant va peut-être réfléchir à ce qui rend les hommes grand et à ce qui, au contraire, les rabaisse et leur fait perdre leur honneur et leur intégrité. En clair, draguer l’extrême-droite, multiplier les outrances – on se souvient notamment de la circulaire à propos des Roms -, s’en prendre de manière régulière aux populations d’origine étrangère, tout cela n’a finalement servi à rien : Sarkozy a été battu, Guéant a été battu, Morano a été battue. Il reste à savoir si la leçon sera retenue ou pas…

 


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