DzActiviste.info Publié le lun 11 Fév 2013

Gaada maa lahbab

Partager
Dessin de Ahmed Mesli

     

La politique  et l’exercice de la politique, si on devait les comparer aux autres activités humaines, sont, je crois, ce qui devrait être rangé tout à fait en dessous de toutes les catégories sociales En tout cas, très loin en bas de celle des éboueurs, des déboucheurs d’égouts, voire même des égorgeurs. Autant de catégories qui peuvent sembler dégradantes,  qui n’ont en pas moins d’utilité, même si elles ne sont pas toujours très valorisantes, à priori.

En réalité, ces élites autoproclamées, de politiciens à la lippe dédaigneuse, même s’ils elles se réclament d’une utilité sociale autoproclamée, largement usurpée, bien sûr, et si nous pouvions les évaluer à leur degré de présence, dans le vrai, font bien plus de mal que de bien. D’une façon un tant soit peu objective.
Mais en plus, comme elles ne peuvent se suffire à elles-mêmes, en termes de nuisance et de domination négative, puisqu’elle on besoin de gogos, pour prospérer, elles auront réussi, tout en étant les pires ennemies de nos sociétés, à s’y élever à des sommets reconnus, et même désespérément recherchés. 
Aucun doute ne subsiste dans mon esprit, pour ce qui concerne ma petite personne, que je ne pourrais jamais faire de la politique. De me commettre dans une telle fange. Non pas que je considère que je suis trop propre pour barboter ainsi dans le gai caniveau,  mais c’est juste parce que je ne suis pas doté des organes naturels qui sont indispensables à un tel exercice.  Où plutôt, devrais-je dire,parce que je souffre d’un excédent d’organes, dans un milieu où il ne faut pas avoir de nez, dans le sens maghrébin du terme, d’être aveugle à toutes les monstruosités, et insensible à l’horreur. 
La politique! Ce monde mouvant, qui ne tient jamais en place, et qui occupe tout l’espace  grisâtre, interlope et inquiétant, peuplé de gens douteux, où les ombres des grands hommes ne sont que les prolongations menteuses, et trompeuses, de nains qui s’agitent, entre la lumière et ceux qui l’espèrent, est une scène d’acteurs de foire, de figurants, de tricheurs, de menteurs, de hâbleurs, de harangueurs, de charlatans, de grossiers larrons, d’arracheurs de dents, et d’autres menteurs du genre. Des succédanés de spectres, livrés en kit, en marques déposées, qui miaulent, en voulant faire croire qu’ils rugissent. Ils y en a tellement des comme ça. Encore qu’il est très honorable de miauler. A la condition de s’assumer en tant que chat.  
La politique n’est donc pas donnée à tout le monde. Trop dure pour moi, et pour tous les Zeroual de circonstance. Parce qu’à hauteur de la bassesse où nous acceptons d’évoluer, en la créditant des lettres de noblesse qu’elle n’a jamais eues, on peut prétendre s’élever à une noblesse imaginaire, à la seule condition de ne pas se commettre dans l’arrivisme, et de tremper soi-même dans le propre mensonge qu’on a embrassé.

La politique est un bas-quartier de la vie.
Les politiciens vous en mettent forcément plein la vue, parce que ce sont eux qui détiennent les médias et l’argent, et donc presque tout le reste, mais en vérité, c’est une engeance détestable, comme un microbe qui prend possession des muscles, de la respiration, de la circulation sanguine, de la vie. Et qui devient donc maître des lieux qu’il infecte.

Si j’avais vraiment le choix, et que je doive donner mon avis sur l’orientation professionnelle de mon enfant, je  préférerais qu’il ait celle de tout ce qu’on voudra, plombier, vendeur ambulant, paysan, médecin, ou n’importe laquelle, qui soit utile à la société, et à lui-même d’abord, qui puisse faire fleurir sa personnalité, et prospérer ses alentours, plutôt que d’être politicien du pire.  Parce que être politicien, c’est faire un métier ambivalent de pompier pyromane. Etre politicien, en vérité, c’est une tare. Toujours une tare. 
Etre politicien est une honte ! Toujours une honte. 
C’est accepter de se prêter à n’importe quelle extrémité , pourvu qu’elle ne doit pas noble. 
Etre un homme d’Etat, dans l’acception que nous nous en faisons aujourd’hui, ce n’est plus diriger le monde, mais c’est se mettre au service des maîtres, c’est se livrer, pieds et poings liés, à l’ignominie. C’est accepter, en échange de piètres privilèges, de devenir un chien dans l’âme. Parce que sinon, en dehors de l’injure qu’est devenue le mot, être chien, est souvent plus honorable que d’être politicien.

Lorsque, par un curieux concours de circonstances, l’on en  arrive, comme la majorité des politiciens algériens, à choisir cette voie, plutôt qu’une autre, c’est à dire devenir politicien, ou aspirer à le devenir, c’est qu’on a délibérément choisi le chemin du déshonneur. Sauf si on est inconscient. Parce qu’il n’est pas impossible que l’on soit, soi-même, victime de ses propres lubies, qu’on puisse en arriver à rêver de devenir comme celui qu’on prétend combattre, qu’on prétend dénoncer. Ah! ce maudit Club des Pins ! Qui sait ? Je l’aurais peut-être moins haï, si on m’y avait offert une petite résidence, la plus modeste résidence.

Mais n’enfonçons pas le coin  plus qu’il ne l’est déjà ! ! Les politiciens ne sont des menteurs, que parce que les peuples aiment qu’on leur mente. Les peuples sont mouvants, irréels, shootés au mensonge. Que nous le voulions ou non, c’est comme ça. Les politiciens sont l’émanation de leurs propres victimes. Ça va de soi ! On n’aurait pas idée d’imaginer que des peuples épris de vérité et de justice puissent accepter d’ être dirigés par des menteurs.

Nous en sommes là, malheureusement, les peuples font mine de croire en ceux qui leur mentent, qui les flattent, qui leur construisent des mythes emplis de vent, et même qui font semblant de les défendre, au moment où ils les vampirisent, en leur jurant que la solution réside dans l’exploitation des uns par les autres.  A la seule condition de se mettre du coté des suceurs. Bien sûr ! Quelle saine émulation, n’est-ce pas ?

C’est pour cela, tout simplement, que des caricatures d’humains ont réussi à embraser des peuples entiers, à les enthousiasmer jusqu’à l’impudeur. Jusqu’au sadisme, et même jusqu’au masochisme. Y a qu’à se mirer dans le rétroviseur de l’histoire, pour comprendre pourquoi il faut être un salopard pour réussir en politique.
 Et donc, pour en revenir à ce que je voulais dire, j’ai été définitivement vacciné contre la pratique de la politique. Ce n’est pas que je me tienne en haute estime. C’est juste que j’ai du respect pour moi-même.
Je ferais dans tout ce qu’on voudra, sauf dans la politique. Encore moins dans celle qui prétend déloger les autres, pour s’installer à leur place.

Je tiens les politiciens dans une telle défiance, pour rester poli, que je ne pourrais jamais me prêter à une quelconque activité qui pourrait, un tant soit peu, m’identifier à eux. Ya llatif! Hacha! 
Ces gens, ces malheureux, j’allais dire, sont les seuls, avec leurs victimes, qui en arrivent à croire en une honrabilité qu’ils se prêtent avec tant d’indulgence, jusqu’à s’n gargariser, jusqu’à donner envie aux autres de faire comme eux
Les politiciens ne sont que des particules épars, d’un vide qui prétend emplir le vide, et qui s’enfle de sa propre prétention, des morceaux de puzzle, qui occupent des endroits où ils n’ont pas d’autre choix que de se positionner, dans des espaces qui leur ont été définis, avant même qu’ils ne s’expriment. Mets-toi là, dans ce côté de la mangeoire, tu bouffes, tu fais comme on te dit, et pour te venger de la vie, tu peux t’enfler du goitre de la prétention, de faire ton important, de parler avec une lenteur rageante, et même de te faire applaudir par des cons.
Les politiciens sont des menteurs qui cherchent à occuper un espace, quitte à en déloger celui qui s’y était incrusté. Ca fait partie du jeu. C’est juste, en attendant le petit hasard de la vie qui change le pathétique destin en lumineuse réussite, qu’il faut agiter les pauvres gens, leur débusquer des mots, les rouler dans la farine, occuper la place du menteur d’avant, en changeant des virgules.  
Les politiciens sont les interprètes de sempiternelles ritournelles. Bla, bla, bla à l’infini. Sous des musiques différentes, ou parfois, encore mieux, dans les musiques d’antan, pour exploiter la nostalgie. Ce passé qui semble plus beau parce qu’il n’est plus.

Leur seul truc, à ces politicards, est qu’ils trouvent la technique de nous la jouer mieux que les autres, et de préférence, contre les autres. Juste en usant de mots. De mots creux et vides. tellem,nt vides qu’ils résonnent. Au moment où eux, prospèrent sur l’étroitesse des autres. D’une façon ou d’une autre.
C’est pour ça que les politiciens donnent l’impression qu’ils sont originaux. Parce qu’ils sont découpés de façon à entrer dans un vide fait pour eux. Ils sont la réponse du mensonge, par le mensonge. Mais d’un mensonge typique, conjoncturel, qui colle à une réalité, et qui prétend y répondre.

Pour ceux qui souhaitent comprendre, démasquer, débusquer, ces politiciens, j’allais dire ces menteurs professionnels, on peut toujours examiner leur situation matérielle, comment ils vivent, quels sont leurs revenus, qui sont leurs amis, ce qui se cache derrière leurs convictions affichées.
Il suffirait de se focaliser sur un politicien, pour découvrir que sous le vernis menteur, il y a des couches de gros mensonge. 
Sinon, personnellement, je leur cède le terrain. Grand bien leur fasse ! Qu’ils continuent donc de faire de la politique.
Pour ma part, je continue d’apprécier le chaabi, le malouf, le chi3r melhoun, une gaada avec des amis sincères, autour d’un verre, dans une ambiance où la sincérité règne sans partage.
Je continue de rêver du jour où je retournerais dans mon pays, pour retrouver mes amis, rigoler, vivre et rendre hommage à la vie.
Ou lahdith kiass.

DB


Nombre de lectures: 305 Views
Embed This