DzActiviste.info Publié le dim 22 Sep 2013

Gaz de schiste : «40 ans», que c’est court !

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Sans surprise, le ministre de l’Énergie et des Mines, Youcef Yousfi, a annoncé que son secteur va lancer des projets d’exploration de «shales gas». La révision de la loi sur les hydrocarbures n’avait de raison d’être que cette perspective : une échéance rapprochée d’exploitation de ces hydrocarbures «non-conventionnels». Les promoteurs du «nouveau» texte de loi l’ont soigneusement caché à l’opinion nationale. «L’exploitation interviendra à l’horizon 2050», nous disait-on ! Aujourd’hui, il est clair que c’était, là, des manœuvres pour tromper les Algériens. Maintenant que l’annonce est faite, il est établi que le choix d’exploiter cette ressource décriée s’impose à la Nation par le mensonge, la duperie et aussi par une forme de chantage.

Un choix illégitime et antinational


Nous avons été quelques-uns à dénoncer la démarche gouvernementale. À souligner la dangerosité de l’arbitrage en défaveur de la valorisation des gigantesques ressources hydriques du Système aquifère du Sahara septentrional dans des projets de développement des zones sahariennes et des Hauts-Plateaux. A dire que l’affectation de cette ressource à l’exploitation des gaz de schiste n’est pas une fatalité et qu’elle serait mieux utilisée dans d’autres emplois. De plus, cet arbitrage opéré, dans des cadres et des formes occultes, ne jouit d’aucune légitimité. C’est un fait du prince, une décision autoritaire. Et pourtant, l’importance de cet arbitrage devrait faire qu’il soit, au minimum, opéré dans le cadre du Conseil national de l’énergie ; ou, encore mieux, dans le cadre d’assises nationales impliquant toutes les compétences nationales qualifiées pour ces choix.

Le Conseil national de l’énergie reste aux abonnés absents et le potentiel d’intelligence dans ce secteur, comme dans tant d’autres, marginalisé.

De plus, en l’état où s’opère ce choix, personne ne peut anticiper l’impact de la fracturation hydrochimique des schistes sur ces mers souterraines. Ailleurs, elle a été source de pollution, de détérioration de l’environnement, d’apparition d’activités sismiques d’intensité considérable là où elles n’existaient pas.

Khelil pour cacher la forêt ?

Les révélations sur la gestion Khelil marquent depuis des semaines l’actualité nationale. Une actualité centrée sur des malversations présumées ; mais, en aucun cas ces révélations ne pointent la gestion dont ces malversations découleraient. Le secteur des hydrocarbures est marqué par une gestion prédatrice, inféodée aux intérêts des majors et contraire à nos intérêts nationaux. Les révélations sont à ce point personnifiées qu’elles finissent par paraître comme une diversion sur des problèmes encore plus graves : ceux de la stratégie de gestion du secteur en lui-même, de façon particulière, et de la définition d’une stratégie nationale de développement de façon générale.

Il serait intéressant d’examiner de façon comparative les politiques suivies par le «ministère Khelil» et le «ministère Yousfi» et de déterminer si elles sont à ce point différentes. Cette comparaison pourrait faire apparaître qu’en fin de compte, les quelques milliards de dollars de possibles détournements et commissions reprochés à l’un peuvent très bien finir par s’estomper devant la démesure de la dilapidation des ressources stratégiques du pays et de ses chances de développement qui impliquent tous les autres.

Tant de mépris pour les Algériens

C’est à la panse des Algériens que le gouvernement s’est adressé pour réviser la LHC. Attitude méprisante qui découle naturellement de sa stratégie de corruption de la société dans son entièreté. Selon le postulat de cette stratégie prédatrice, l’Algérie peut être menée par le bout de son climatiseur, par le carburateur de son «4


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