DzActiviste.info Publié le ven 6 Juin 2014

Gaz de schiste: Exploitation et hold up

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Problématique de l’exploitation de gaz de schiste Le sujet est primordial et il faudrait le cerner sur plusieurs aspects : politique, économique et écologique.

Par Mehdi Bsikri
 Vous avez le choix, et de toute manière, l’option d’exploiter le gaz de schiste est dangereuse pour le pays à plus d’un égard, notamment lorsque nous soulignons le bradage de la souveraineté nationale affirmée dans les articles 36 t 37 de la loi sur les hydrocarbures amendée en janvier 2013.
Je préfère aborder en premier lieu le volet économique et financer, car les arguments ne manquent pas et mettrait à nu n’importe quel défenseur de l’exploitation de cette énergie non conventionnelle, même si nous sommes tenus de respecter l’avis contraire.
Ce que je vais dire n’est pas exhaustif et je tiens à préciser que je suis ni spécialiste ni un expert du domaine pétrolier. J’ai tout simplement choisi de ne pas me taire et d’user de mon droit à l’expression, qu’importent les conséquences.
Bref : il faut revenir au contexte de l’exploitation de gaz de schiste, qui a commencé d’une manière effrénée aux Etats-Unis à partir des années 2000. Les USA ont opté pour cette exploitation dans une option géostratégique et non pas pour des raisons économiques. Leur but est contrecarrer les productions des pays du Golfe, notamment celle du Qatar, mais surtout de l’Iran et de la Russie. En surexploitant d’une manière vertigineuse le gaz de schiste, les Américains ont trouvé là le moyen de casser les prix du gaz. Ce qui inciterait russes et iraniens à faire des concessions. Le cas n’est pas vraiment valable pour le Qatar, pays qui renferme tant de gisements, et qui pourrait même vendre à des prix misérables ses quantités. Cependant, l’émirat cherche tout de même à acquérir des parts de marchés en Europe occidentale, ce qui explique là aussi le déploiement des méthaniers qataris, à travers les océans également. Donc, surexploitant le gaz de schiste, pour casser les prix, il s’avère que le million de British termal unit (BTU-unité de mesure du gaz), a baissé d’au moins 80% aux USA. Pour encourager les compagnies à continuer l’exploitation de gaz de schiste, le gouvernement fédéral américain à décidé de subventionner. Ce qui peut paraitre étonnant de la part du 1er défenseur de l’ultralibéralisme, mais rappelons que c’est toujours dans une option stratégique que ce gaz est exploité. Donc, le prix qui a baissé jusqu’à 3 dollars le million de BTU, avec la subvention, se vend entre 10 et 11 dollars. Ce dernier prix est le seuil de rentabilité. Ainsi, les compagnies continuent à exploiter même si des sociétés comme Mclendon ont fait faillite, car à l’origine d’une bulle spéculative. Aujourd’hui, les USA ont décidé, dans une logique purement commerciale, d’explorer l’excédent de production.
Bref, pour revenir à l’actualité algérienne, il n’est pas dans l’intérêt d’exploiter le gaz de schiste, car le pays participerait à réduire le prix du gaz sur le marché mondial, notamment avec la prédominance déclarée et future du marché spot (marché libre). Notons que le cheval bataille de Sonatrach est de continuer à vendre dans le cadre des contrats à long terme et non en spot. Ainsi, pour les investissements, il faut savoir qu’un seul puits pour exploiter le gaz de schiste, coûterait entre 13 et 15 millions de dollars, et même plus, car cela dépend de la géologie des sols. Mais, un seul puits ne peut donner que 35 à 40% de ses capacités la première année, et de moins au moins dans les 4 années successives. C’est pour cette raison qu’il faut forer davantage de puits pour, tout simplement, extraire plus de gaz. Mais à quel prix ?!!! Imaginer 5 minutes tous ces investissements colossaux. Pourquoi extraire ce gaz, alors qu’il n’y aura pas de rentabilité économique.
La technique de fracutration hydrauchimique, seul processus actuel pour extraire le gaz de schiste, procédé centenaire et qui a peu évolué, nécessite l’utilisation, pour un seul, de 20 000 litres d’eau douce. Et il faut répéter la même opération 5 à 6 fois, pour le même puits !! Aussi, le gaz de schiste, qui est un gaz emprisonné dans des roches, ne peut être libéré qu’en forant verticalement et horizontalement de 1500 à 3000 mètre de profondeurs. Les eaux (20 000 litres) sont mélangées à plus de 500 produits chimiques, en plus de la silice. Mais là om le bat blesse, c’est que les nappes phréatiques et albiennes se situent entre 500 et 700 mètres de profondeur, les eaux usées de la fracturation qui remontent à la surface, se dispersent dans les nappes. C’EST LE BIG PROBLEME NUMERO 2. Ceux qui indiquent que les nappes seront protégées et que la technologie est matûre, n’ont qu’à voir la révolte de simples citoyens américains et polonais. Les USA, les pionniers de cette technologie ne peuvent pas arrêter la pollution, ceci en rappellent que les eaux utilisées aux USA pour la fracutration proviennent plus des ressources de surfaces et non des profondeurs.
Donc, et pour ma part je suis certain, le projet d’exploitation de gaz de schiste n’est que la volonté d’un système finissant pour continuer à dilapider les richesses du peuple algérien. Les mafiosos du pouvoir se mettront en intermédiaires entre les lobbys pétroliers occidentaux et Sontarach. Les premiers veulent vendre la technologie du matériel du forage et les seconds continueront à surfacture et envoyer l’argent volé dans les paradis fiscaux. Ils sont certains qu’à ce rythme, le pays va à la banqueroute. Donc, ils sont dans une logique de tout dilapider et partir. C’est ainsi que le 4eme mandat n’est que le symbole d’un système machiavélique anti-national, et ce qui explique la bénédiction de l’Elysée à Boutef, puisque que Totl sera l’un des plus grands bénéficiaires de l’exploitation, notamment dans la région de Timimoun.
Enfin, je préfère laisser dans ce com ne serait-ce une proposition, que j’aurai tant voulu dans un Etat de droit, car c’est de cela qu’il s’agit. Une dictature et un régime autoritaire ne laisse place aux bonnes idées, les idées des compétences nationales intègres et patriotes. Je parle des compétences, pas de moi. Tout cet argent, il est à investir dans des projets agricoles et dérivés. Les hauts plateaux et les plaines steppiques peuvent être le nouveau grenier. L’eau des nappes servirait à irriguer toutes ces surfaces. Aussi, cela permettrait de bloquer l’avancée du désert. Des emplois seront crées, des petites villes émergeront, et surtout, c’est à partir de ce moment qu’on pourra parler de sécurité alimentaire. La coopération Sud-Sud sera renforcée
En parlant d’énergie, il faut d’abord commencer par l’arrêt du gaspillage énergétique et la révision des subventions, car les prix du carburant actuels ne profitent qu’aux barons du système et leurs larbins des frontières.
Bref, dans un pays qui se respecte, le projet d’exploitation de gaz de schiste aurait été soumis à un large débat national, en toute transparence, en confrontant les différents versions, et en œuvrant la porte à l’ensemble des compétences. Mais les pratiques du système ne relèvent que d’un énième hold up et d’un nouveau coup de force contre la souveraineté populaire. L’Algérie est libre mais pas souveraine.
Vivement la fin de ses assassins et des ses corrompus qui tiennent le pays en tenaille et qui ont vidé les institutions de toute leur sève. Aux citoyens de reprendre la parole. L’avenir de nos enfants est compromis, et personne n’a le droit de les priver des richesses qui leur sont réservés.
M. B.


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