DzActiviste.info Publié le dim 29 Déc 2013

Gaz de schiste : un choix catastrophique.

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«Le gaz de schiste représente des risques pour l’environnement et des marges faibles»

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Thomas Porcher. Economiste*

Outre la question des dégâts écologiques, que le film documentaire américain Gazland avait, spectaculairement, traitée, le gaz de schiste est-il un vecteur économique pertinent ? Thomas Porcher, docteur en économie, chargé de cours à Paris-Descartes, défriche les données d’un domaine crucial.

– On met en avant l’intérêt économique pour vendre le gaz de schiste, c’est le cas en Algérie où un appel d’offres pour exploiter les gisements a été lancé. Vous, vous remettez en cause cette justification économique.Pourquoi ?
En fait, l’intérêt économique du gaz de schiste est beaucoup moins important que celui du gaz conventionnel, car ces gisements ont une durée de vie plus longue, jusqu’à 25 ans. Pour le gaz de schiste, au cours des deux premières années, le taux de récupération est assez fort puis, au bout de deux ans, il chute. Pour maintenir un flux important, il faut forer sans cesse. Donc, en Algérie, il faudra s’attendre à cela. Il y aura des dizaines de milliers de forages. Pour ce qui est des entrées financières, le gaz de schiste est plus cher à extraire que le gaz conventionnel, et la marge bénéficiaire sera plus faible. Ce qu’il faut voir aussi, ce sont les conditions dans lesquelles il est exploité. L’Algérie est un pays producteur de pétrole et de gaz depuis très longtemps, et une part énorme du PIB vient des hydrocarbures. C’est vrai que les réserves s’épuisent. Il faut en trouver d’autres, pour maintenir une situation budgétaire à peu près équilibrée, mais  tout dépend dans quelles conditions le gaz de schiste sera exploité. Si l’Algérie fait des appels d’offres extrêmement avantageux pour attirer les compagnies étrangères et partager la rente,  cela ne profitera en rien au pays. Si par contre, c’est une compagnie publique qui s’en charge, comme pour le pétrole et le gaz conventionnel, avec des normes restrictives qui sont celles de l’Opep, dans ce cas, cela peut générer une richesse, mais jamais à la hauteur du conventionnel, c’est sûr. Sans parler des conditions d’exploitation qui peuvent être extrêmement gênantes pour les populations avoisinantes.


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