DzActiviste.info Publié le lun 3 Fév 2014

Généraux algériens, mais quel beau gâchis !

Partager

Saïd RADJEF

peuple-degage (1)C’est dans ces réalisations trompe l’œil par lesquelles vous autres dirigeants militaires et Bouteflika vous voulez justifier le pouvoir que vous détenez depuis 1958 que la défaite de l’Algérie se précise au fil des jours.

Sur quels chemins doit aller le pays pour sortir de la crise qui le menace dans sa survie depuis 1958 ? Ou faudrait-il aller chercher la solution pour éviter au pays l’effondrement si craint par toutes et par tous ?

Du coté des élites ? Il y a bien longtemps que le mémento de notre intelligentsia et de notre classe politique est indéchiffrable, illisible dans une Algérie qui en dépit de toutes les violences et mensonges refuse tous les mimétismes, qui refuse de porter les habiles de la laïcité et de la théocratie, mais qui ne sait plus sur quels sentiers s’engouffrer pour dépasser les dangers qui la guettent depuis plus d’un demi siècle. Cette Algérie si nourrie aux valeurs universelles et si fière de ses valeurs propres est à la croisée des chemins. Corrompues et aphasiques, nos élites politiques, intellectuelles, administratives et militaires n’arrivent plus à s’insérer dans la continuité historique, à se reconnaître dans leur passé commun, à se considérer comme les héritiers d’une culture qui compte plus de quatorze siècles d’existence et à lire avec intelligence les enjeux du moment et les défis de l’avenir présent. Leur paralysie, leur hypnose collective est de nature à nous interroger comment notre pays a été capable du sursaut insurrectionnel du 1er novembre 1954.

A la vérité la dictature aveugle des militaires algériens, qui a succédé à la colonisation en se justifiant par la légitimité révolutionnaire, a dévié les élites de leur mission historique. Votre dictature qui se distinguait beaucoup plus par son ignorance, a arraché les élites de leur véritable passé. Ne sachant plus quelle est leur mission historique et sans identité propre, nos élites n’osent plus renouer avec leur passé et les traditions intellectuelles de notre pays. Elles refusent même de se réapproprier leur propre destin. Envahies par une cascade d’incertitudes, elles sont devenues presbytes, incapables d’interpréter correctement la réalité des faits.

Qu’avons-nous aujourd’hui messieurs les généraux? Il ne s’agit pas ici d’accabler ou de ternir le peu qui reste de la classe politique algérienne. Mais force est de reconnaître que neuf cadres supérieurs sur dix d’une association politique ignorent jusqu’à la doctrine du parti auquel ils adhèrent, alors que le spectacle ubuesque qui nous vient des deux chambres donne des sueurs dans le dos. Plus de 85% des députés et sénateurs ne savent ni lire ni écrire.

Hiatus ! On veut vous renvoyer dans vos casernes, mais on n’a pas d’élites pour prendre votre place !
Peut-on dans ce cas remettre les destinées de la nation entre les mains d’élites vacillantes et corrompues par tant d’années de mensonges, de narcissisme, d’auto sublimation, de complaisances et de faux semblants ? L’Algérie est exhortée quotidiennement par les instances internationales, notamment la haute finance et la grosse industrie militaire à adopter les pratiques mondialisées de gouvernance alors qu’elle continue à subir les injustices de la mondialisation, alors qu’elle est totalement dépourvue de véritables élites pour aller sur ce chemin. N’est ce pas là une aventure aux lendemains incertains ? De l’autre côté si on vous abandonne le terrain de la lutte, si on subordonne la République à vos caprices barbares, nous nous rendons complices de cette condamnation des libertés politiques et de la liberté de penser, de la libre pensée. C’est faire une fois de plus injure aux résolutions de la Soummam que vous avez piétiné férocement avec vos rangers, avec votre ignorance des vertus du savoir, de la science et de la politique. Si on vous laisse au pouvoir, on laisse la république allait ou l’emportent vos intrigues, vos complots meurtriers et criminels, parce que votre défaillance morale est d’ordre politique. Telle est malheureusement la situation de notre pays aujourd’hui, coincé entre des élites qui veulent se désengager de leurs responsabilités historiques et qui ignorent tout du rôle qu’elle doivent accomplir pour affranchir la société de ses angoisses en lui permettant de reconstruire son imaginaire collectif, et une armée oligarchique qui s’impatiente et se révolte contre la vérité, le savoir, la science, la liberté et la citoyenneté en brandissant la menace de la mitraillette et de la guerre à chaque virage de la république.


Nombre de lectures: 2742 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Displaying 3 Comments
Participer à la discussion
  1. amine dit :

    Vous ne faites que papoter sans jamais proposer quoique se soit. Même un enfant saurait parler de l’algérie. Il faut agir sur le terrain et non pas critiquer comme les 02 vieux du mupet show. Les algriens ont en marre de ce genre « activisme ». Il est temps de choisir une position: Agir ou se taire.

  2. radjef said dit :

    Nous passerons outre ces vieux réflexes du terrorisme politique qui ont surgi soudainement, brusquement, ici et là, portés par des vagabonds politiques, depuis que Saadani a dit fort ce que tout le monde pense tout bas ! Nous retiendrons ces remarques ou certains peinent a voiler leur ignorance, la petitesse de l’âme qui les distinguent tant des esprits éclairés et accomplis par les nobles causes de l’humanité, la haine qu’ils portent dans leurs cœurs…alors que si l’histoire du pays avait suivi son cours naturel, ils n’auraient pas été plus qu’un éboueur dans leurs villages perdus…Saadani est-il coupable parce qu’il n’est pas un prophète ou parce qu’il veut rétablir l’ordre de la hiérarchie sociale démoli et déstructuré par l’ignorance des zouaves de l’armée ? Qui a peur de la séparation des pouvoirs consacrée par le Congrès de la Soummam et sadiquement violée par le Congrès de Tripoli et la révolte des Pougatchëv du 19 juin 1965 ? Outre la révolte des journaleux incultes qui n’ont jamais lu le moindre ouvrage dans leur vie, nous assistons à des sautes d’humeur, à des interprétations qui trahissent l’étroitesse de l’esprit de leurs auteurs, à un discours violent et scolastique dans lequel, avec l’ardeur d’un abruti, d’un idiot, qui invoque (les errements, la jeunesse,le lieu de naissance du SG du fln), la force contre des hommes coupables uniquement d’avoir pensé d’une certaine manière, d’avoir eu une opinion contraire à celle qui oblige tout le monde a baisser la culotte devant un conglomérat de mercenaires, de repris de justice de droit commun que faisait chanter le colonel Boukhaouba …C’est ça la vraie histoire du MALG, de la SM et du DRS. Le DRS, c’est toute la pègre créée par Krim et qui a prospéré sous le régne d’un autre ignorant Boukharouba. Avec des menaces à peine voilées, ils condamnent les propos de Saadani, ils avertissent qu’en soutenant, qu’en tolérant la démarche du SG fln, on devient complices du désordre, coupables de trahison et en conséquences on s’expose à de sévères représailles. Rien que cela ! L’armée dans les casernes ! Place à la politique, à la science, au savoir, à la compétence, à l’aptitude, à la rigueur intellectuelle, au travail…Fini le béni aâmisme, « allô, je suis du DRS, il faut chasser x et le remplacer par y », finie la rumeur, finie l’intox, finis ces rires de maquereaux et ces regards d’intimidation, finie la paranoïa, finie la schizophrénie et ce climat délétère, cette atmosphère de suspicion qui durent depuis 1958 en dressant les algériens les uns contre les autres. La politique est une chose importante pour qu’elle soit confiée à de petits « moujiks sans éducation », à des militaires ! Je me saisis de la perche que nous tend gracieusement le drabki Saadani, et je salue une fois de plus son courage ! Il est temps que les choses retrouvent leur cours naturel.

  3. SAMY IRIS dit :

    Si medienne tombe ,la police politique mise en branle par said,zerhouni,hamel anéantira l’algérie et ses peuples et fera pire que le drs!
    Juste ceci:ne dit on pas que les « mauvais secrets » de famille ne sont divilgués que par des rustres effrontés!
    saadani,la serpiliere de said,a au moins un mérité,malgré son manque d’élégance,de culture,de savoir vivre et malgré son « côté voyou barbouze »dont se sert said et leurs clans mafieux de tlemcen,IL A DIT HAUT DU DRS CE QUE TOUT LE MONDE PENSE TOUT BAS!Une chose est certaine , la compétition électorale pour le prochain scrutin des présidentielles n’est pas saine , il y a comme un jeu de cache-cache ou chacun y met sa salade pour se donner de l’influence. C’est la veillée des charognards ou chacun pointe son museau pour sauvegarder sa position ou pour décrocher sa part du beurre et de l’argent du beurre.On est encore loin d’une alternance au pouvoir offrant une égalité de chances aux générations d’avenir comme dans une République digne de ce nom.

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>