DzActiviste.info Publié le dim 13 Avr 2014

Ghardaïa : la colère des mozabites après le double assassinat

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Publié le 13.04.2014, 12h09

Le double assassinat qui a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, à Berriane et Ghardaïa, de deux jeunes Mozabites âgés de 22 et 24 ans, a provoqué la colère de la communauté ibadite qui a tenu hier, un impressionnant rassemblement à Alger. 

«Stop l’extermination». C’est ce qu’on peut lire sur une pancarte portée hier par un jeune Mozabite devant la Maison de la presse Tahar Djaout, au 1er Mai, à Alger. Il n’était pas le seul.

Ils étaient plus d’un millier à tenir un rassemblement en début d’après-midi, pour dire : «Des vies humaines ont été massacrées, des maisons ont été brûlées, des biens ont été volés et les criminels demeurent en liberté… Où est l’Etat ?»

C’est que le conflit intercommunautaire à Ghardaïa a pris des proportions plus qu’alarmantes et l’exécution ce vendredi, vers 19h, à Berriane, du jeune Benaceur Nacer, âgé à peine de 23 ans, avec un fusil de chasse, en est la parfaite illustration.

Les Mozabites n’ont pas eu le temps d’essuyer leurs larmes, puisque à peine quelque temps après l’arrestation du présumé coupable, un jeune Chaâmbi, par la police, la ville de Ghardaïa s’est réveillée ce samedi sur un autre crime.

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El Hadj Chaâbane Rostom, un autre jeune Mozabite de 24 ans, a succombé à ses blessures causées par des coups de couteau dans le quartier Ba-Aïssa Oualmane.

La sinistre nouvelle a vite fait le tour du pays, et les Mozabites de la région d’Alger ont réagi pour dire sur des pancartes haut portées hier : «C’est la politique de l’impunité qui a laissé libre cours à la fitna pendant quatre mois… Est-ce que l’Etat est incapable d’éteindre le feu de la fitna où c’est lui qui l’entretient…

Les criminels s’adonnent à des crimes au vu de la police et de la gendarmerie… Est-ce que les élections sont plus importantes que la protection des vies humaines et des biens des citoyens.»

«Des Algériens Imazighen… et y en a marre du terrorisme»

C’est sur les couplets de l’hymne national que les Mozabites ont entamé leur sit-in, avant d’enchaîner des slogans pour réaffirmer leur appartenance à la terre d’Algérie et revendiquer fièrement leur identité amazigh.

«Béni M’zab sont des Algériens», ont-ils scandé, avant d’enchaîner «Imazighen». Ce sont des chants qu’ils n’ont pas cessé de répéter tout au long du rassemblement qui a duré une heure,  dans le calme, l’organisation et la discipline, pour ainsi dire : «y en a marre du terrorisme, y en a marre de Belmokhtar (chef terroriste d’une tribu chaâmbie de Ghardaïa ndlr)».

En effet, certaines communautés arabes dans la région de Ghardaïa, adeptes de courants religieux extrémistes ont tendance à qualifier les Mozabites ibadites de mécréants, et cet état de fait, selon plusieurs témoignages, est pour beaucoup dans le conflit qui oppose les deux communautés.

L’angoisse monte à mesure que le jour du vote approche !

Contacté hier, Khoudir Babaz, membre de la cellule de suivi et de coordination des Mozabites a exprimé ses pires craintes : «A Ghardaïa, l’angoisse monte à mesure que le jour du vote approche car nous avons l’ultime conviction que ce qui se passe chez nous a un rapport direct avec les élections présidentielles.

Nous avons peur d’une escalade de la violence d’ici le 17 avril et que la situation ne dégénère complètement. Ce vendredi on en est arrivé aux armes à feu, et Dieu seul sait ce qu’il en adviendra dans les prochains jours».

La peur anime, ainsi, le quotidien des Ghardaouis et si la situation reste ainsi, les Mozabites qui se sont rassemblés hier au 1er Mai, à Alger, ont menacé de «tenir un autre rassemblement devant la présidence de la République».


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