DzActiviste.info Publié le dim 9 Sep 2012

Ghardaia: La gendarmerie nationale déclare la chasse ouverte aux migrants subsahariens.

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Communiqué SNAPAP 09 09 2012

Ghardaia: La gendarmerie nationale déclare la chasse ouverte aux  migrants subsahariens.

L’information sort de la bouche même du colonel de la gendarmerie nationale de la Wilaya de Ghardaïa,  lors d’une conférence de presse dans le contenu a été livré sur les pages du Quotidien d’Oran dans sa livraison du 2 septembre écoulé.

Dans l’article portant le titre «Les immigrés clandestins dans le collimateur», le Colonel de la gendarmerie national n’a pas lésiné sur les termes employés à l’encontre des migrants subsahariens. Des mots d’un gravissime sans précédent, à la limite de la xénophobie et du racisme. Mieux vaut qu’elle reste dans son silence légendaire la Muette. Qu’il soit clandestin ou en situation régulière, le  migrant est protégé par des instruments onusiens que l’Algérie a ratifié.

Toutefois, la conférence de presse a eu le mérite de faire dévoiler à l’opinion publique par la voie d’un haut gradé de la sécurité algérienne, des graves violations et atteintes dont peuvent être victimes les noirs subsahariens en Algérie, notamment dans les villes sud du pays.  Si la teneur des mots employés par le Chef de la gendarmerie devant un parterre de journalistes sont blessants à entendre, on peut d’ores et déjà imaginer comment se déroule sur le terrain proprement dit, les parties de «chasse» menées contre les migrants illégaux, comme il aime bien le souligner l’officier en question.

Lorsqu’un Colonel d’une institution aussi importante et respectable que celle du Darak-el-Watani (Gendarmerie Nationale Algérienne), qui de surcroit  est censé avoir suivi des cours basiques  sur les droits de l’homme,  estime  que le problème de l’immigration est une «bombe pour les fondements de la société algérienne», que la reconduction aux frontières des migrants clandestins est «un besoin de survie nationale», que l’immigration est une «invasion», qu’il «faut arrêter cette situation chaotique et inacceptable» qui est l’immigration clandestine, que les migrants habitent dans des conditions «honteuses», et que la lutte contre l’immigration clandestine est considérée comme «opération de ratissage», quel crédit peut-on alors donner aux représentants de l’état qui n’arrêtent pas d’embellir faussement la situation des droits de l’homme qui règne dans le pays, à leurs partenaires occidentaux.

 

 

Par contre, les déclarations du  Colonel ont bien donné raison au contenu du rapport du Département US publié en juin 2011 sur la traite des personnes, et  dans lequel les Américains classe l’Algérie sur la liste noire des pays qui ne déploient aucun effort pour lutter contre la traite des êtres humains. Effectivement, lorsqu’un officier de la gendarmerie et pas des moindres, pense ainsi des migrants subsahariens, comment ses hommes pourront-ils agir positivement et humainement pour réprimer  la traite que subisse cette population migrante. Et de même, comment une victime de la traite pourra-t-elle dénoncer et solliciter une  protection  de la part d’une autorité comme celle-là, contre ce crime humain.

Le communiqué de la gendarmerie, montre aussi que les arrestations des migrants subsahariens, qui sont le fruit des «opérations de ratissages», se déroulent avec des concepts opposés aux principes  des droits de l’homme. Il s’agit évidemment ;  d’interpellation aux faciès qui n’est qu’un acte humiliant et raciste ; d’opérations sans mandat judiciaire;  de détention dans des conditions inhumaines sans une réelle prise en charge. En absence de centre de rétention pour migrants, ces derniers sont traités comme des détenus  de droit commun et jetés en prison. De même, ils sont refoulés des conditions de transport et d’hébergement animaliers, après un  procès expéditif sans assistance d’une défense et sans la présence d’interprète et sans possibilité de recours judiciaire, contrairement même à la loi algérienne la 08/11, elle-même  obsolète et répressive.

Aussi,  contrairement aux déclarations du Ministre des AE M. Medelci en mars 2012, qui a affirmé que l’Algérie ne refoulera plus les réfugiés maliens  à cause de l’existence du  conflit armé dans le nord du Mali, la gendarmerie comme la Police d’ailleurs  procèdent régulièrement et sans relâche aux arrestations et les refoulements des migrants en situation irrégulière vers les frontières sud zone de tous les dangers, sans chercher à savoir si parmi les refoulés, des personnes ont besoin  de protection en matière d’asile ou pas.

Le Snapap, réitère sa demande pour la mise en œuvre d’un moratoire contre les refoulements des migrants aux frontières hostiles du Sud, notamment en cette période de conflits que connait le Sahel.

P/ Le Président du SNAPAP

Le chargé  du Dossier Migration.

Fouad HASSAM


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